25 septembre 2022 | 4204 vues | Anti-intox, Hoaxes sous d'autres horizons

Les accords de Minsk I et II, points cruciaux de la propagande russe

Revue des accords russo ukrainiens trahis par la Russie et ses relais de propagande

Temps de lecture : 33 minutes
Comment les accords de Minsk sont-ils devenus un instrument de propagande de la part des Russes et de leurs soutiens ?
C’est un article assez étonnant qui s’offre à vous. Nous avions remarqué la propension de la fachosphère à utiliser d’un argument simple: « l’Ukraine n’aurait pas respecté les accord de Minsk » signés en 2014/2015.
Or à notre grande surprise, au fur et à mesure qu’ont été effectué nos recherches, nous avons déniché plusieurs lièvres. Tout d’abord un contexte politico historique de trahisons perpétuelles des accords signés auparavant par la Russie dont nous n’avions pas idée.
Ensuite de l’ampleur des manipulations militaires/diplomatiques sur le terrain de la Russie.
Et surtout le terrible cheval de Troie caché sous ces accords et en conséquence les réticences de l’Ukraine à en appliquer tel quel UN POINT de ces accords, considéré comme essentiel par la Russie (et la fachosphère) et pour cause!
Au point que l’on peut légitimement se demander si il y a autre chose sous ces accords qu’une volonté délibérée de la Russie de transformer l’Ukraine en proxy fidèle, à l’instar de la Tchétchénie et de la Biélorussie.
Et pour conclure de s’interroger sur les motivations de la France et de l’Allemagne à soutenir un tel marché de dupes.
Croyez nous vous allez tomber des nues à la lecture de notre article!

 

Comme vous avez pu vous en apercevoir, nous tentons régulièrement de contrer la propagande Poutinienne relayée par la fachosphère française concernant la guerre impérialiste Russe sur l’Ukraine. C’est une continuité de notre longue série sur Poutine, et son régime commencée en 2013 (déjà).

Nous faisons donc le tour des plus gros infoxs actuels sur ce sujet:

Cette fois nous allons nous intéresser à un gros morceau: les « accords de Minsk I et II ».
Vous l’avez surement  vu c’est une antienne lancinante des collabos pro-Poutine: l’Ukraine en la personne de Zelensky n’aurait pas respecté ces accords ouvrant la voie à l’invasion d’annexion Russe.

Tous nazis!

Sous-entendu évident: l’Ukraine portait une jupe trop courte ce qui a excité Poutine et motivé son agression. C’est une classique inversion accusatoire, typique des extrêmes droites pour justifier l’inacceptable:

  • la montée des extrêmes droites, c’est la faute du « wokisme » (de la gauche donc);
  • le racisme, c’est la faute des antiracistes;
  • le fascisme, c’est la faute des antifascistes;
  • l’homophobie, c’est la faute des homos qui s’affichent;
  • l’antisémitisme, c’est la faute des juifs;
  • les viols, c’est la faute des femmes qui s’habillent trop légèrement;

Et ainsi de suite ad nauseam

Alors, nous allons voir ce qu’il en est. De Minsk bien sûr. Mais aussi de GROS détails qui ne collent pas DU TOUT avec cette propagande éhontée et aveugle. Et puisque comme le dit Nietzsche:

“ Der Teufel steckt im Detail” (ce qui se traduit par « le diable se cache dans les détails »)

attaquons nous d’abord aux autres éléments « oubliés » de ce qui devrait concerner cette discussion.

Une armée de pillards

I) Les autres traités/constitutions et autres traités ONUsiens

1) Contexte historique des relations russo-ukrainiennes

Les relations entre la Russie et l’Ukraine sont complexes depuis la dislocation de l’URSS. Elles sont émaillées de plusieurs différends économiques (conflits gaziers). Elles se sont amplement tendues depuis 2014, jusqu’à atteindre un conflit indirect à l’occasion de la Guerre du Donbass, dans le cadre du conflit russo-ukrainien, en raison de la crise de Crimée, qui voit la Crimée et Sébastopol (territoires ukrainiens depuis 1954) être annexés unilatéralement par la fédération de Russie à la suite du référendum de 2014, non reconnu par la majorité de la communauté internationale. Elles se sont aussi tendues en raison de la guerre du Donbass, dans laquelle la Russie est impliquée en y menant une guerre hybride. Le 24 février 2022, date du début de l’invasion russe après une crise diplomatique débutée en mars 2021, l’Ukraine rompt ses relations diplomatiques avec la Russie.

À la suite de la dislocation de l’URSS en 1991, l’Ukraine possédait le troisième plus gros arsenal nucléaire au monde. De 1994 à 1996 elle retourne ses 1 900 armes nucléaires stratégiques à la Russie pour qu’elles soient démantelées en application du Mémorandum de Budapest dans lequel la Fédération de Russie, avec d’autres pays affirment «leur obligation de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de l’Ukraine».

Les relations russo-ukrainiennes sont tendues (notamment à propos de la Crimée abritant la Flotte de la mer Noire de la marine russe mais aussi en raison de la mer d’Azov partagée entre les deux États) et se détériorent grandement à la suite de la Révolution orange en 2004 et des crises gazières de 2006 et de 2008.

D’un point de vue géopolitique, la Révolution orange marque un rapprochement de l’Ukraine avec l’OTAN et avec l’Union européenne.

Le phare du cap Sarytch, en Crimée, est occupé par l’armée russe depuis le , situation à l’origine d’un différend entre la Russie et l’Ukraine, cette dernière souhaitant le récupérer. L’île de Touzla, dans le détroit de Kertch, constitue un autre point de désaccord récurrent.

Le débarquement de matériel militaire américain dans le port de Théodosie, en Crimée, en 2006 en prévision de l’exercice Sea Breeze 2006 a détérioré davantage les relations bilatérales. Il en est résulté un clivage à l’intérieur-même de l’Ukraine entre les pro-Russes, les pro-Occidentaux et les « neutralistes ».

Un premier conflit gazier, soulignant la dépendance énergétique de l’Ukraine vis-à-vis de la Russie, débute en  pour culminer le , Gazprom refusant d’alimenter les gazoducs ukrainiens à la suite d’un désaccord sur le prix de transit par les gazoducs ukrainiens.

Conflits gaziers

Une autre crise gazière majeure avec l’Ukraine éclate le , à la suite d’un différend entre l’Ukraine et Gazprom sur le prix à payer en 2009 et faute de paiements d’une partie des livraisons de 2008, Gazprom a réduit, puis stoppé les livraisons du gaz naturel à l’Ukraine.

L’élection le  de Viktor Ianoukovytch à la tête de l’État ukrainien, considéré comme pro-russe, a contribué au réchauffement des relations bilatérales.

Le , le nouveau président ukrainien Viktor Ianoukovytch a signé avec son homologue russe, Dmitri Medvedev, un traité portant d’une part sur le prolongement pour vingt-cinq ans du bail de la Flotte russe de la mer Noire basée à Sébastopol en Crimée, et d’autre part sur la diminution du prix du gaz russe livré à l’Ukraine de 30 %. Sur le plan militaire, la Russie dispose d’une garnison de 13 000 hommes à Sébastopol.

Viktor Ianoukovytch s’est également rallié à la position russe concernant le Holodomor, la grande famine ukrainienne des années 1930. Contrairement à son prédécesseur Viktor Iouchtchenko, le nouveau président refuse de considérer le Holodomor comme un génocide.

Rappelons que ce génocide de l’Holodomor est une des rancunes tenaces (et on les comprend) du peuple Ukrainien envers la Russie. D’autant que cette même Russie refuse de reconnaître sa responsabilité:

Les Ukrainiens aussi, qui entretiennent le souvenir toujours vif de l’Holodomor, cet épisode de famines qu’il considèrent comme un génocide. Au vu du présent dramatique, c’est ainsi une histoire méconnue qui remonte à la surface, avec Moscou en dénominateur commun.

[…]

L’Holodomor a activement contribué à l’élaboration d’une pensée nationaliste Ukrainienne. Et malheureusement à de terribles errements dont la collaboration avec l’Allemagne nazie. La terreur stalinienne (et donc l’Holodomor) ont poussé certains ukrainiens dans les bras du reich.

Mémorial aux victimes de l’Holodomor par Jarosław Góralczyk

Fin 2013, alors qu’un accord d’association doit être signé entre l’UE et l’Ukraine, la Russie essaie de faire pression sur Kiev pour le faire changer d’avis, notamment en restreignant certains produits, en revoyant les prix du gaz et en envisageant d’imposer aux citoyens ukrainiens un passeport étranger. Moscou craint en effet que cette union se fasse à son désintérêt, alors que Vladimir Poutine ambitionne en même temps un rapprochement avec les pays anciennement soviétiques. En , l’Ukraine décide finalement, en raison de pressions russes, de refuser l’accord avec l’Union européenne et de « relance[r] un dialogue actif avec Moscou ». Ce revirement entraîne d’importantes manifestations pro-européennes à Kiev rassemblant au moins 100 000 personnes et plusieurs centaines de milliers au total, l’occupation de la « Maïdan Nezalejnosti » (« place de l’indépendance ») et de la mairie, avec comme mot d’ordre la démission du président Viktor Ianoukovytch.

Le , Ianoukovytch fuit en Russie et l’opposition prend le pouvoir, la Russie ne reconnaissant pas la légitimité du nouveau gouvernement ukrainien, qualifiant son accession au pouvoir de coup d’État. Débute alors une crise entre les deux pays, des troubles en Crimée et dans le sud-est de l’Ukraine avec la crise de Crimée et la guerre du Donbass.

Le , l’Ukraine signe le volet politique du Partenariat oriental avec l’Union européenne, dont le rejet par Viktor Ianoukovytch avait déclenché les manifestations d’Euromaïdan.

En février et mars 2014, la Russie a envahi puis annexé la péninsule de Crimée depuis l’Ukraine en utilisant des forces russes infiltrées . Ceci a été reconnu par Vladimir Poutine lui-même. Ces forces ont même prises d’assaut le parlement Criméen.
Dans le Donbass c’est également la Russie qui a débuté le conflit.
Déjà avant la révolution ukrainienne de 2014 , le Berkut (sorte de police autonome) avait des antécédents d’activités illégales contre les citoyens ukrainiens, telles que le racket , le terrorisme , la violence physique , la torture , le sentiment anti-ukrainien , l’intimidation des électeurs .et d’autres tactiques de la police secrète contre ceux qui éliraient des candidats non Ianoukovitch , et la violence contre les manifestants pendant l’ Euromaïdan et la Révolution orange. Repérés dans le Donbass pour leurs opinions antisémites et néo nazies, elles ont été soutenues par la Russie. Ils ont ensuite largement été incorporé dans les forces séparatistes.
Idem en Crimée.
Divers groupes de militants séparatistes comme la « Milice populaire du Donbass », dirigé par Pavel Gubarev (aux sympathies néo nazies) ont été téléguidées, armées et organisées par la Russie.

Alors que les protestations initiales étaient en grande partie des expressions indigènes de mécontentement à l’égard du nouveau gouvernement ukrainien, la Russie en a profité pour lancer une campagne politique et militaire coordonnée contre l’Ukraine. Les citoyens russes ont dirigé le mouvement séparatiste à Donetsk d’avril à août 2014 et ont été soutenus par des volontaires et du matériel russes. Alors que le conflit s’intensifiait en mai 2014, la Russie a employé une « approche hybride », déployant une combinaison de désinformation, de combattants irréguliers, de troupes russes régulières et de soutien militaire conventionnel pour déstabiliser le Donbass.

A la lecture de ceci, on le voit bien, le conflit est bien antérieur à 2014 et précède Maïdan.
En fait la société Russe n’a jamais acceptée l’indépendance ukrainienne. Cet événement a stupéfié la population russe et les dirigeants de la Russie. Ils ne voient pas l’Ukraine comme une nation mais plus comme une composante régionale de la nation russe. Pour nombre d’entre eux l’ukrainien est moins une langue à part entière qu’un dialecte du russe. Par ailleurs l’Ukraine a les mêmes origines historiques que la Russie et pour eux, elle fait partie de cette dernière depuis plusieurs siècles. La Russie reconnait néanmoins officiellement l’Ukraine en décembre 1991. Mais intellectuels (notamment Soljenitsyne) comme hommes politiques considèrent qu’il s’agit d’une situation provisoire et que l’Ukraine va réintégrer la Russie à court terme. Aussi bien chez les hommes politiques que dans la population russe, ce jugement reste encore majoritaire dans les années 2010 (Emmanuelle Armandon, Géopolitique de l’Ukraine, Paris : PUF – Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », , 125 p.).

Géopolitique de l’Ukraine

Et pourtant, ce faisant, la Russie s’est rendue coupable d’un certains nombres de graves non-respect de traités internationaux dont elle fut signataires. Et pas que. Car si on n’écoute que la fachosphère, on dirait que la Russie et l’Ukraine n’ont jamais signé d’autres traités que ceux de Minsk I et II. Or rien n’est moins faux.

2)La parole de la Russie ne vaut rien.

L’ensemble des règles relatives au droit des traités a été codifié dans une convention, conclue à Vienne le 23 mai 1969, entrée en vigueur le 27 janvier 1980 (NDLR).

La Russie a signé divers accords censés garantir son existence et sa sécurité à l’Ukraine. PAS UN n’a été respecté. Passons les en revue.

A)L’accord de Minsk (1991)

Chose amusante, la fachosphère parle de longue des « accords de Minsk » ce qui est impropre. On devrait parler des « protocoles de Minsk ». « L’accord de Minsk »  ou « traité de Minsk », aussi appelé accord de Belovej, de Bialovèse ou de Belaveja (russe : Беловежские соглашения, Belovejskié soglachenia), est un traité signé le  dans la forêt de Belovej, en Biélorussie. Ce document entérine la dislocation de l’Union soviétique et donne naissance à la Communauté des États indépendants (CEI).

Accord de Minsk 1991

Il fût signé par :

Curieusement, le texte original a disparu, mais des copies subsistent. En voici les points principaux. Et parmi eux, un point qui nous intéresse tout particulièrement donc: garantie est donnée aux nouveaux Etats, le respect de leurs frontières, la Russie renonçant à les contester. D’ailleurs l’Ukraine, contrairement à d’autres en Europe, avait gardé toujours l’apparence de son indépendance et disposait d’un siège au sein de l’ONU, même si elle n’avait le choix que de voter comme l’URSS.

La parole de la Russie ne vaut rien!

B)Les accords d’Alma Ata

Les accords d’Alma-Ata sont un ensemble de déclarations et de textes signés le  par onze des quinze anciennes républiques socialistes soviétiques, relatifs à la cessation d’existence de l’Union soviétique et à la fondation de la Communauté des États indépendants (CEI).

Accords d’Alma-Ata

Ils étendent à huit autres États l’accord de Minsk du  portant création de la CEI par la Biélorussie, la Russie et l’Ukraine. À peine adopté le texte de l’accord est modifié à la demande de l’Ukraine où le oui à l’indépendance l’emporte avec plus de 90% des voix lors du référendum du  ce qui incite le Parlement ukrainien à le faire modifier dans le sens d’une plus grande garantie d’autonomie et du rejet de dispositions qui pourraient ouvrir la porte à une forme de confédération. Mais les accords restent valables. La reconnaissance par la Russie des frontières de l’Ukraine est explicitée dans les accords d’Alma-Ata et dans l’accord établissant la Communauté des Etats indépendants (accord de Minsk) du 8 décembre 1991.

La parole de la Russie ne vaut rien!

C) Les Mémorandums de Budapest (1994 et 2009)

Les mémorandums de Budapest sont trois documents signés en termes identiques le , respectivement par la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Ukraine ainsi que par les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie qui accordent des garanties d’intégrité territoriale et de sécurité à chacune de ces trois anciennes Républiques socialistes soviétiques en échange de leur ratification du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Le mémorandum de Budapest

En 2009, les États-Unis et la Russie confirment la validité de ces trois mémorandums. A cette période, Poutine est chef du gouvernement de Medvedev…Il est donc au pouvoir au moment de cette confirmation.

La déclaration indique:

« Le respect par ces États de leurs obligations au titre du protocole au traité START du 23 mai 1992 (Protocole de Lisbonne) et leur adhésion au TNP en tant qu’États non dotés d’armes nucléaires ont renforcé leur sécurité, ce qui s’est traduit, entre autres, dans les mémorandums de Budapest du 5 décembre 1994. À cet égard, les États-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie confirment que les assurances consignées dans les mémorandums de Budapest resteront en vigueur après le 4 décembre 2009. »

La parole de la Russie ne vaut rien!

D) Traité d’amitié russo-ukrainien (1997)

Le traité d’amitié, de coopération et de partenariat entre l’Ukraine et la Fédération de Russie est un accord entre l’Ukraine et la Russie, signé le  (en vigueur du jusqu’au  fixe le principe de partenariat stratégique, la reconnaissance de l’inviolabilité des frontières et le respect de l’intégrité territoriale et l’engagement mutuel de ne pas utiliser son territoire pour atteinte à la sécurité de l’autre.

Le traité interdit à l’Ukraine et la Russie de s’envahir l’un l’autre et de se déclarer la guerre, décliné en ces termes:

Article 2
The High Contracting Parties, in accordance with the provisions of the Charter of the United Nations and their obligations under the Final Act of the Conference on Security and Cooperation in Europe, shall respect each other’s territorial integrity and confirm the inviolability of their common borders.

Article 3
The High Contracting Parties shall base their relations with each other on the principles of mutual respect, sovereign equality, territorial integrity, the inviolability of borders, the peaceful settlement of disputes, the non-use of force or threat of force, including economic and other means of pressure, the right of peoples to control their own destiny, non-interference in internal affairs, observance of human rights and fundamental freedoms, cooperation among States, and conscientious fulfilment of international obligations and other universally recognized norms of international law.

Comme nous l’avons vu les événements précédents 2014, puis l’annexion de la Crimée et la guerre hybride au Donbass constituent au moins 3 points de violation totale de ce traité.

Le , le président ukrainien Petro Porochenko signe un décret afin de ne pas proroger le traité. Le , le président Porochenko rédige un projet de loi au Parlement pour mettre fin au Traité d’amitié immédiatement avec le soutien des alliés occidentaux au conseil de sécurité des Nations unies. Selon Porochenko, le non-renouvellement « ne nécessite pas un vote » au parlement ukrainien. L’Ukraine a annoncé que, le , elle devrait informer les Nations unies et d’autres organisations pertinentes sur la fin du traité. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré qu’elle a été notifiée le  de la résiliation du traité par l’Ukraine, exprimant son regret… Un comble du cynisme.

La parole de la Russie ne vaut rien!

E) Traité entre la Fédération de Russie et l’Ukraine sur la coopération dans l’utilisation de la mer d’Azov et du détroit de Kertch (24 décembre 2003)

Suite à la crise du détroit de Kertch, la Russie et l’Ukraine signerons cet accord:

Les Parties, partant de la nécessité de conserver la zone d’eau définie par Azov-Kertch en tant que complexe économique et naturel intégral, à utiliser dans l’intérêt de la Fédération de Russie et de l’Ukraine, sont convenues de ce qui suit :

  1. La mer d’Azov et le détroit de Kertch sont historiquement des eaux intérieures de la Fédération de Russie et de l’Ukraine.
  2. La mer d’Azov doit être délimitée par la frontière d’État conformément à l’accord signé par les Parties.
  3. Le règlement des différends concernant les questions relatives à la zone d’eau définie de Kertch doit être réglé par accord entre les Parties.
  4. Les navires de commerce et autres navires d’État non commerciaux battant pavillon de la Fédération de Russie et de l’Ukraine jouissent de la libre navigation dans la mer d’Azov et le détroit de Kertch.
  5. La coopération russo-ukrainienne dans les domaines de la navigation, de la pêche, de la protection de l’environnement marin, de la sécurité écologique et du sauvetage dans la mer d’Azov et le détroit de Kertch doit être mise en œuvre sur la base des accords internationaux existants et par conclusion, dans les cas respectifs, des nouveaux.
Détroit de Kertch

L’accord ne sera pas respecté par la Russie. Et déchiré en morceau, par l’annexion de la Crimée en 2004.

La parole de la Russie ne vaut rien!

3) Non décidément, la parole de la Russie ne vaut rien.

Mais ce n’est pas tout…

A) Non respect des engagements contractés par l’adhésion au Conseil de l’Europe

La Russie a adhéré le 28 février 1996 au Conseil de l’Europe dont les statuts sont définis par le traité de Londres. A deux reprises, et tout récemment le 26 janvier 2015, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a estimé nécessaire de suspendre les pouvoirs de la délégation russe et sa participation aux différentes instances de l’Assemblée:

« Les pouvoirs non encore ratifiés de la délégation russe ont été contestés sur la base des articles 8.1 et 8.2 du Règlement de l’Assemblée parlementaire au motif que le rôle et la participation de la Fédération de Russie dans le conflit qui touche l’est de l’Ukraine, ainsi que le maintien de son annexion illégale de la Crimée, sont contraires au Statut du Conseil de l’Europe (STE n°1) ainsi qu’aux engagements qu’elle a contractés lors de son adhésion au Conseil de l’Europe, ce qui, d’une manière générale, remet en cause le respect par la délégation russe des principes de l’Organisation et des obligations imposées à ses Etats membres ».

L’Assemblée réaffirmera à cette occasion que l’annexion illégale de la Crimée par la Fédération de Russie constitue une violation grave du droit international, dont la Charte des Nations Unies, l’Acte final d’Helsinki de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ainsi que le Statut du Conseil de l’Europe et les engagements contractés par la Russie lors de son adhésion à cette Organisation.
Le Conseil de l’Europe, qui incarne depuis son origine, l’Europe du Droit et des Droits de l’Homme, s’est préoccupé à de très nombreuses reprises de l’évolution inquiétante de l’Etat de droit en Russie, de ses atteintes répétées aux droits des minorités et des méthodes employées par elle tant en Géorgie en 2008, qu’en Crimée et en Ukraine en 2014. L’Assemblée a émis pas moins de 17 vœux les condamnant et appelant la Fédération à remplir les obligations qu’elle a volontairement souscrites par son adhésion.

7 traités rompus, 17 recommandations ignorées. Une paille.

La parole de la Russie ne vaut rien!

B) Acte final d’Helsinki (OSCE)

La Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, ouverte le  à Helsinki et poursuivie à Genève du  au , est menée à son terme à Helsinki le . Elle s’achève les  et  par un sommet des chefs d’État et de gouvernement des 35 États participants. Les USA et la Russie sont signataires.

Acte final d’Helsinki

Document d’une soixantaine de pages, l’Acte final d’Helsinki reprend le découpage des travaux en commissions et sous-commissions. Il est avant tout une énumération de principes et d’intentions et ne comporte que peu de mesures concrètes. Les États participants déclarent leur résolution, dans la période suivant la Conférence, de tenir dûment compte des dispositions de l’Acte final de la Conférence et de les appliquer. Toutefois, l’Acte final n’a pas la force d’un traité obligeant ses signataires.

Placé en tête du document, le « décalogue » des principes régissant les relations mutuelles des Etats participants en est la partie la plus emblématique par laquelle les travaux de la CSCE sont souvent résumés:

  1. Égalité souveraine, respect des droits inhérents à la souveraineté
  2. Non-recours à la menace ou à l’emploi de la force
  3. Inviolabilité des frontières
  4. Intégrité territoriale des États
  5. Règlement pacifique des différends
  6. Non-intervention dans les affaires intérieures
  7. Respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, y compris la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction
  8. Égalité des droits des peuples et droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
  9. Coopération entre les États
  10. Exécution de bonne foi des obligations assumées conformément au droit international

PAS UN de ces points n’a été respecté par la Russie, non seulement dans sa guerre contre l’Ukraine, mais également dans son fonctionnement régulier. Rappelons qu’à cette période l’Ukraine est une république autonome: la République socialiste soviétique d’Ukraine. Elle dispose d’un siège à l’ONU. Mais elle est inclue dans cette signature de l’URSS. Lorsque la Fédération de Russie lui succède en 1991, la plupart des Conventions internationales ont en effet été ratifiées par l’URSS et, dans la déclaration signée à Minsk le 8 décembre 1991 par trois des républiques fondatrices de l’Union soviétique en 1922 (la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie), affirmant que l’URSS a définitivement cessé d’exister, il est spécifié que la Russie lui succède sur le plan international et reprend à son compte l’ensemble des traités et conventions approuvés par l’URSS.
CQFD

La parole de la Russie ne vaut rien!

C) La Charte des Nations Unies (1945)

La Charte des Nations unies, parfois appelée Charte de San Francisco, est le traité qui définit les buts et les principes de l’Organisation des Nations unies ainsi que la composition, la mission et les pouvoirs de ses organes exécutifs (le Conseil de sécurité), délibératifs (l’Assemblée générale), judiciaires (la Cour internationale de justice) et administratifs (le Conseil économique et social, le Conseil de tutelle et le Secrétariat). Elle a été adoptée à la fin de la conférence de San Francisco, le .

Charte des Nations Unies

L’article 2 de cette charte est ainsi rédigé:

Article 2

L’Organisation des Nations Unies et ses Membres, dans la poursuite des buts énoncés à l’Article 1, doivent agir conformément aux principes suivants :

1. L’Organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres.

2. Les Membres de l’Organisation, afin d’assurer à tous la jouissance des droits et avantages résultant de leur qualité de Membre, doivent remplir de bonne foi les obligations qu’ils ont assumées aux termes de la présente Charte.

3. Les Membres de l’Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger.

4. Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

5. Les Membres de l’Organisation donnent à celle-ci pleine assistance dans toute action entreprise par elle conformément aux dispositions de la présente Charte et s’abstiennent de prêter assistance à un État contre lequel l’Organisation entreprend une action préventive ou coercitive.

6. L’Organisation fait en sorte que les États qui ne sont pas Membres des Nations Unies agissent conformément à ces principes dans la mesure nécessaire au maintien de la paix et de la sécurité internationales.

7. Aucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État ni n’oblige les Membres à soumettre des affaires de ce genre à une procédure de règlement aux termes de la présente Charte ; toutefois, ce principe ne porte en rien atteinte à l’application des mesures de coercition prévues au Chapitre VII.

(…)

 

On le voit ce sont les points 3 et 4 que la Russie viole délibérément et ceux bien avant 2014. Il n’est donc guère étonnant qu’une motion ait été votée contre elle à cet effet.

La parole de la Russie ne vaut rien!

D) Et les constitutions alors?

En outre, tant la constitution ukrainienne dans ses articles 73 et 132, que la constitution de la République autonome de Crimée dans ses articles 2 et 6, prévoient le respect des règles juridiques du texte fondamental ukrainien et notamment l’hypothèse d’une modification des frontières qui ne peut être décidée que par l’ensemble des Ukrainiens.

La parole de la Russie ne vaut rien!

Ce sont ainsi au moins deux textes fondamentaux de l’ONU, SEPT traités importants et deux constitutions qui sont violés par l’annexion impérialiste russe!!!

On comprend donc désormais très bien pourquoi la propagande russe s’attarde longuement sur les protocoles de Minsk. En ignorant tout le reste. 

II) Les protocoles de Minsk

Attaquons le cœur du sujet, maintenant que nous avons largement débroussaillé  celui ci.

1) « Le protocole de Minsk I » (2014)

A) Contexte géopolitique

Dès 1991 à l’indépendance de l’Ukraine, les problèmes de souveraineté de celle-ci ont éclaté en Russie. Beaucoup de politiques russes niant dès le début cette indépendance, on peut se poser la question d’un début de guerre larvée avec la Fédération de Russie dès le début. En particulier sur le sujet de la Crimée, mais pas que sur celui-ci.
Le Donbass est lui peuplé d’une forte minorité russe (à ne pas confondre avec les ukrainiens russophones), héritage de la conquête par l’empire tsariste, et surtout de l’attraction qu’offrait cette région riche en industries et emplois du temps de l’URSS (environ 1/3 de Russes, 2/3 d’Ukrainiens dont russophones), minorité encore plus forte dans certaines villes (Donestk, environ 48 % de Russes et 47 % d’Ukrainiens).

Protocole de Minsk

Le 2 septembre 2014, commencent des discussions trilatérales Ukraine/Russie/OSCE.

Le groupe a été créé en  comme un moyen de faciliter le dialogue et la résolution des conflits dans l’Est et le Sud-Est de l’Ukraine. Les réunions de ce groupe avec des représentants informels des République populaire de Donetsk et République populaire de Lougansk, entités sécessionnistes de l’Ukraine, ont eu lieu les  et . L’accord est signé le 5 septembre.

B) L’accord proprement dit

Comme on le verra un peu plus loin, la désinformation sur ce sujet est d’autant plus dommageable, que pas un des propagandistes sur ce sujet n’a lu ces fameux accords. On peut donc leur faire dire n’importe quoi.
Alors que disent ces fameux accords?

Relevé de conclusions des consultations du Groupe de contact tripartite relatives aux mesures conjointes destinées à mettre en œuvre le Plan de paix du Président de l’Ukraine P. Porochenko et les initiatives du Président russe V. Poutine 

À  la  suite  de  l’examen  et  de  la  discussion  des  propositions  soumises  par  les participants  aux  consultations  du  1er septembre  2014  à  Minsk,  le  Groupe  de  contact  tripartite  composé  de  représentants  de  l’Ukraine,  de  la  Fédération  de  Russie  et  de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe est parvenu à une entente quant à la nécessité de mettre en œuvre les mesures ci-après :

1.Assurer immédiatement la cessation bilatérale du recours aux armes.

2.Assurer la surveillance et la vérification par l’OSCE du régime de non-recours aux armes.

3.Procéder  à  une  décentralisation  des  pouvoirs,  notamment  grâce  à l’adoption d’une Loi de l’Ukraine relative aux modalités temporaires de l’exercice  de  l’autonomie  locale  dans  certains  arrondissements  des régions de Donetsk et de Lougansk (Loi portant statut particulier).

4.Assurer  une  surveillance  de  la  frontière  d’État  entre  l’Ukraine  et  la Russie  et  une  vérification  permanentes  exercées  par  l’OSCE,  avec création  d’une  zone  de  sécurité  dans  les  arrondissements  frontaliers  de l’Ukraine et de la Fédération de Russie.

5.Procéder  sans  retard  à  la  libération  de  tous  les  otages  et  de  toutes  les personnes illicitement retenues.

6.Adopter  une  loi  interdisant  toutes  poursuites  et  toutes  sanctions  à l’encontre  de  personnes  en  rapport  avec  les  événements  qui  se  sont produits  dans  certains  arrondissements  des  régions  ukrainiennes  de Donetsk et de Lougansk.

7.Poursuivre un dialogue national inclusif.

8.Adopter  des  mesures  afin  d’améliorer  la  situation  humanitaire  dans  le Donbass.

9.Assurer la tenue d’élections locales anticipées conformément à la Loi de l’Ukraine  relative  aux  modalités  temporaires  de  l’exercice  de l’autonomie locale dans certains

arrondissements des régions de Donetsk et de Lougansk (Loi portant statut particulier).

10.Procéder  au  retrait  du  territoire  ukrainien  des  formations  armées  et  du matériel  militaire  illicites,  ainsi  que  des  combattants  irréguliers  et  des mercenaires.

11.Adopter  un  programme  de  relèvement  économique  du  Donbass  et  de rétablissement des activités vitales de la région.

12.Accorder  des  garanties  de  sécurité  personnelle  aux  participants  aux consultations.

Les participants au Groupe de contact tripartite :

Heidi Tagliavini, ambassadrice

L. D. Koutchma, deuxième Président de l’Ukraine

M. Iou. Zourabov, ambassadeur de la Fédération de Russie en Ukraine

A. V. Zakhartchenko

I. V. Plotnitski

[Alexandre Zakhartchenko est le dirigeant de la République populaire de Donetsk (RPD) et Igor Plotnitski, celui de de la République populaire de Lougansk (RPL)-NDLR]

Bonne, pas bonne

C) Résultats

Le problème est que dans les semaines suivantes, comme nous l’avons vu plus haut, la Russie ne respecte pas les accords. Elle continue à envoyer des soldats grimés en soldats séparatistes et des mercenaires. Les armes lourdes ne sont pas retirées, et un convoi « humanitaire » russe arrive dans le Donbass sans en avertir le gouvernement ukrainien.

Deuxième problème, des mercenaires américains sont identifiés du coté de l’Ukraine. Mais avec une grosse nuance: ceux ci ne sont pas identifiés sur le terrain (ce qui serait une violation des accords). Mais la Russie utilise abondamment l’argument. Et coté russe, question violation, il n’y a pas photo.

Un nombre important de militaires russes participent au conflit. En aout 2014, au moins 1000 militaires russes sont repérés par l’OTAN sur le territoire ukrainien grâce à des images satellite. Environ 20.000 soldats russes sont massés à la frontière ukrainienne. Le chef du centre de crise de l’OTAN, déclare : « De grandes quantités d’armes de pointe, notamment des systèmes de défense anti-aérienne, de l’artillerie, des tanks et des blindés (sont) transférées vers les forces séparatistes ».

Comble du cynisme, les autorités russes admettent que des troupes de l’armée russe sont entrées, selon elles, « par accident ».

En novembre, l’OTAN confirme à nouveau l’entrée de convois militaires russes, y compris d’armement lourd, ce qui est démenti par la Russie.

Les premiers mercenaires de la milice privée russe Wagner, à l’idéologie néo-nazie, sont présents pendant ce conflit aux côtés des séparatistes pro-russes. Un comble au vu de la propagande russe sur les « nazis ».

En décembre 2021 la presse occidentale fait état d’un jugement rendu par un tribunal de Rostov-sur-le-Don dans une affaire de corruption qui décrit en détail comment tous les quinze jours sont organisés des convois de vivres destinés aux forces armées de la Fédération de Russie stationnées sur le territoire de la RPD et de la RPL en 2014. Le fait que les convois en question soient composés de soixante-dix camions permet de se faire une idée de l’importance des forces russes stationnées dans cette région. La page faisant état de ce jugement disparaît rapidement d’Internet mais reste accessible dans les archives. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov nie toute présence russe en Ukraine et explique qu’il y a eu « une erreur de la part de ceux qui ont rédigé le texte »… Risible…

Au cours des deux semaines qui suivent la signature du protocole de Minsk, des violations du cessez-le-feu sont fréquentes. Les discussions se poursuivent à Minsk. Un suivi du protocole de Minsk est convenu le . Le mémo résultant clarifie l’application du protocole. Parmi les mesures convenues à la paix, figurent notamment :

  • suppression de toutes les armes lourdes dans une zone de quinze kilomètres derrière la ligne de contact, par chaque partie du conflit, afin de créer une zone démilitarisée de trente kilomètres de large en tout ;
  • interdiction d’opérations offensives ;
  • interdiction des vols d’avions de combat au-dessus de la zone de sécurité ;
  • retrait de tous les mercenaires étrangers de la zone de conflit ;
  • mise en place d’une mission de l’OSCE (Mission Spéciale d’Observation-MSO) pour surveiller la mise en œuvre du protocole de Minsk.

Ce cessez-le-feu n’a jamais été pleinement mis en œuvre, les séparatistes de l’est de l’Ukraine refusant par exemple de céder le contrôle de la frontière à la Russie. En conséquence, le cessez-le-feu n’a tenu que pendant une période limitée et, début 2015, la guerre a connu une nouvelle escalade jusqu’à ce que le paquet de mesures pour la mise en œuvre du protocole de Minsk soit signé le  par le « format Normandie » et a réaffirmé le rôle de surveillance de la MSO, à la suite de quoi l’effectif maximal mandaté de la mission a été étendu à 1 000 personnes le .

2) « Minsk II » (2015)

A) L’accord de Minsk II

À la suite de l’échec manifeste du protocole de Minsk après des regains de tensions avec une guerre qui repart dès décembre 2014, de nouveaux accords sont prévus. Les accords de Minsk II, du , sont signés selon le format Normandie : François Hollande, Angela Merkel, Petro Porochenko, Vladimir Poutine, et des représentants des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk (sécessionnistes de l’Ukraine) et mettent en place un nouveau cessez-le-feu.

Minsk II

Cet accord se compose de treize décisions :

  1. Cessez-le-feu à minuit le  ;
  2. Retrait des armes lourdes de chaque côté de la ligne de cessez-le-feu ;
  3. Vérification du cessez-le-feu ;
  4. Dialogues ;
  5. Pardon et amnistie ;
  6. Échange de prisonniers ;
  7. Convois humanitaires ;
  8. Restauration des relations économiques ;
  9. Restauration des frontières de l’Ukraine ;
  10. Retrait des troupes étrangères ;
  11. Réforme constitutionnelle de l’Ukraine ;
  12. Gouvernement provisoire à l’Est ;
  13. Travail trilatéral.

En outre, l’Allemagne, la France, la Russie et l’Ukraine envisagent d’installer un comité de surveillance des diplomates pour vérifier la mise en œuvre du cessez-le-feu, comité qui se réunira régulièrement. On le voit Minsk II est quasi identique au premier protocole.

B) Résultats

Dès le début du cessez le feu, les séparatistes continuent les combats.

Deux mois après le début du cessez-le-feu, les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, français et allemand se réunissent à Berlin pour faire un point sur l’application de Minsk II. Sur les treize engagements de l’accord, trois ou quatre seulement ont été réellement respectés. Globalement, le cessez-le-feu a eu lieu et les armes lourdes ont été retirées du front. Et les deux camps procèdent à de modestes échanges de prisonniers. Mais des combats à l’arme légère continuent. Et rien n’avance pour ce qui concerne les amnisties, la reprise des relations économiques, les réformes institutionnelles, etc.
Dès ce moment là, Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères impute la responsabilité exclusive de cet échec aux Ukrainiens. Un peu facile.

La mise en œuvre de l’accord de Minsk II qui était en sommeil durant la présidence ukrainienne de Petro Porochenko est relancée en , lors d’une rencontre dite au format Normandie entre Volodymyr Zelensky, élu président de l’Ukraine en avril 2019, et les chefs d’État et de gouvernement allemand, français et russe. La dernière rencontre au format Normandie avait eu lieu en 2016, et, après trois années de paralysie du processus de paix, les quatre dirigeants sont au moins d’accord que le fait de se retrouver tous réunis est un point positif.

Format Normandie 2019

Mais Zelensky regrette que les rebelles ne soient pas désarmés et qu’il ne puisse pas reprendre le contrôle des zones séparatistes : il craint que des élections s’y déroulant ne soient pas libres. La Russie veut que les accords de Minsk soient respectés, c’est-à-dire que la reprise de contrôle par l’Ukraine des territoires rebelles n’ait lieu qu’après les élections. Occidentaux et Ukrainiens continuent d’accuser la Russie de financer et armer les rebelles, ce que la Russie dément. Même si les combats ont nettement diminué, 80 000 combattants continuent de se faire face de part et d’autre de la ligne de front, longue de 500 km. Des morts sont à déplorer lors d’accrochages ou d’explosion de mines. Mais depuis l’arrivée de Zelensky, au pouvoir le 20 mai 2019, la tendance est à la détente.

Le , la Douma russe vote une demande au président Poutine de reconnaître les républiques autoproclamées de l’Est de l’Ukraine. Le lendemain, un porte-parole du gouvernement russe confirme qu’une reconnaissance des républiques du Donbass ne serait pas conforme aux accords, ce que le chef de la diplomatie américaine confirme : cela « représenterait un rejet global par le gouvernement russe de ses engagements conformes aux accords de Minsk ». Cependant, le gouvernement russe déclare que la priorité du président Poutine dans la régulation de la situation dans le Donbass demeure la mise en œuvre des mécanismes d’autonomisation prévus dans le cadre de ces accords. Une augmentation très importante des bombardements et explosions au Donbass est notée à partir du 17 février.

La Russie reconnait officiellement les républiques populaires autoproclamées de Louhansk et de Donetsk le , ce qui met fin au protocole élaboré avec le concours de la France et de l’Allemagne.

Le , Vladimir Poutine ordonne l’invasion de l’Ukraine, alléguant, parmi d’autres griefs, le non-respect de ces accords par l’Ukraine.

Notons un point très important à ce moment de notre exposé qu’en janvier 2022, l’OTAN (et les USA) rejettent formellement l’idée d’une adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine à l’OTAN, et rechignent fortement à armer l’Ukraine.

3) Alors, l’échec des protocoles de Minsk: à qui la faute?

France info indique, le 22 février 2022, que les accords de Minsk ont échoué concernant la mise en place d’une réforme constitutionnelle en Ukraine reconnaissant un statut spécial aux régions tenues par les séparatistes : l’échec est dû à une opinion ukrainienne défavorable à cette mesure. Une autre décision non appliquée est celle des élections dans ces régions séparatistes, qui auraient envoyé des députés au Parlement ukrainien.

Et nous l’avons vu plus haut, la Russie a martelé que pour elle, le point essentiel de ces accords étaient l’autonomisation des régions du Donbass, au mépris des autres points des protocoles.

Propagande officielle de Lavrov

Alors qu’en est il réellement?

Moscou a fait pression pour l’autonomie des territoires du Donbass actuellement contrôlés par des séparatistes qu’il a soutenus militairement et politiquement. Kyiv a accepté mais a insisté sur ses propres conditions, car céder au scénario russe pourrait être désastreux pour l’Ukraine à long terme, même si cela empêche une nouvelle invasion.

Les accords de Minsk de 2015 étaient intrinsèquement désavantageux pour l’Ukraine qui, au moment de la signature, tentait d’arrêter les combats à l’est alors que son armée subissait de lourdes pertes. Les autorités ukrainiennes ont promis leur engagement envers le protocole de Minsk, qu’elles ont admis être le seul cadre disponible pour un règlement de paix, bien qu’il ait besoin d’être mis à jour. La Russie, bien sûr, est contre l’idée de le revoir.

Au fil des ans, deux parties belligérantes se sont mises d’accord sur le retrait des armes lourdes, les échanges de prisonniers et des cessez-le-feu de courte durée, mais pas plus.

Le plan envisage d’accorder un statut autonome au territoire que l’Ukraine considère occupé par la Russie après la tenue d’élections locales et la reconnaissance de leurs résultats par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). La pierre d’achoppement est le désaccord entre l’Ukraine et la Russie sur ce qui devrait venir en premier : les élections locales ou le contrôle des frontières.

En 2019, le président ukrainien nouvellement élu Volodymyr Zelensky a accepté de signer la soi-disant formule Steinmeier, un plan de paix nommé d’après l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères qui l’a proposé pour la première fois comme voie vers la mise en œuvre des accords de Minsk. Son administration a fait face à un énorme contrecoup chez lui, accusé de se rendre au Kremlin. L’impopularité de l’idée d’un statut spécial pour le Donbass en Ukraine – plus de 60% des Ukrainiens y sont opposés – toute concession à la Russie peut conduire à un bouleversement, similaire à EuroMaidan.

L’Ukraine insiste sur le fait que les élections locales ne peuvent avoir lieu qu’après un cessez-le-feu complet et le retrait de toutes les troupes et armes russes.  Ce que la Russie ne fera jamais. Il exige de reprendre le contrôle total de sa frontière orientale avant que les élections ne se tiennent conformément à la loi ukrainienne, avec la participation des partis politiques ukrainiens et en présence d’observateurs de l’OSCE et des médias ukrainiens.

La Russie dit d’abord les élections et l’autonomie, puis tout le reste.

En acceptant les conditions de la Russie, l’Ukraine risque de devenir susceptible de reconstruire et de soutenir l’économie d’une région autonome dotée de vastes pouvoirs politiques et d’un leadership pro-russe légitimé. L’Ukraine devra accorder une amnistie complète aux personnes qui ont participé au mouvement sécessionniste à Donetsk et Louhansk. Les détails de l’amnistie font toujours l’objet de controverses, mais l’Ukraine a déclaré qu’elle ne couvrirait pas ceux qui ont commis des crimes de guerre ou qui ont été impliqués dans la destruction du MH17 de Malaysian Airlines en 2014. De plus, l’Ukraine pourrait bien finir par être légalement tenue d’assumer la responsabilité de la restauration économique et sociale de la région après la guerre.

Moscou, à son tour, insiste sur le fait qu’il n’est pas une partie au conflit mais seulement un médiateur… Sic Transit Mundi

Hypothétiquement, cette région peut bloquer le parcours de l’Ukraine vers l’OTAN et l’Union européenne, attiser un conflit interne ou aider la Russie à maintenir son influence sur les affaires intérieures de l’Ukraine par d’autres moyens. Et au vu des ruptures de contrat déjà opérées par la Russie (Crimée, mercenaires, troupes, armement des séparatistes,…); mais aussi des déclarations incendiaires du Kremlin sur une potentielle adhésion de l’Ukraine à l’OTAN; on comprend très bien les réticences ukrainiennes.
C’est sans aucun doute, très exactement ce que manigance la Russie.
Faire de l’Ukraine un état vassal, comme la Tchétchénie ou la Biélorussie, en tirant les manettes d’une région (le Donbass) aux ordres du Kremlin. Le problème de cette autonomie et de ces élections « sous contrôle » russe sont donc un point essentiel du conflit. L’Ukraine n’a pas refusé de faire ces élections, elle a refusé que ces élections soient aux ordres du Kremlin.
Un point que ne soulèvent JAMAIS les propagandistes pro Poutine. Bien évidemment.
Sans compter les entorses majeures sur les autres points des protocoles commis par la Russie.  L’UE et les USA, gangrenés par les propagandes du soft power russes ont eu beau jeu de faire pression sur la petite Ukraine, sans jamais rien dire sur la Russie qui abusait de son pouvoir militaire et diplomatique.

La France Russe

Et enfin, revenons à la partie une de notre article et souvenons nous de ce que nous y avons conclu:

Ce sont ainsi au moins deux textes fondamentaux de l’ONU, sept traités importants et deux constitutions qui sont violés par l’annexion impérialiste russe!!!

Comment dans ces conditions et ce passif avec la Russie pouvait il en être autrement?

La parole de la Russie ne vaut rien!

III) La propagande autour de « Minsk », un sujet récurrent et « rentable »

1) Les protocoles de Minsk, arme majeure de la propagande russe, relayée par la fachosphère

A)Analyse des résultats

Comme souvent désormais que nous nous attaquons à un mot clé de la propagande fachosphérique, nous sommes allé le passer dans la machine d’analyse internet « TalkWalker« . Les résultats sont assez intéressants disons le.

Et tout d’abord sur un point étonnant. C’est la France qui est la plus touchée par cette propagande sur Minsk! Près de 80% des mentions de « Minsk » se font dans l’Hexagone:

Portée en France

C’est tout à fait remarquable. A ce jour, la seule explication que nous ayons est que la France étant signataire de Minsk II, l’intérêt s’en trouve décuplé. Mais cela n’explique pas, la différence avec l’Allemagne, aussi signataire. On peut supposer que la propagande du Kremlin s’est concentrée sur ce sujet en raison de spécificités de l’audience française déterminée par leurs services de renseignements. Complotiste? Guère probable au vu de la puissance du softpower russe sur notre pays.

Quand aux autres informations apportées, les voici en vrac. Quels sont les comptes adeptes de celle-ci, les recherches associées

Alors qui là dedans en France parle de cesse de « Minsk »? A peu près toute la fachosphère, en passant par:

B) Les politiques

Pour certains de ces politiques, ils vont carrément étaler la propagande du Kremlin jusque dans les parlements, on parle de Thierry Mariani (RN):

Thierry Mariani

Véritable proxy de la Russie de Poutine, le député RN se livre à une véritable entreprise de désinformation issue directement du pouvoir Russe:

 

C) Les relais de la propagande russes

Qu’ils soient carrément des relais du Kremlin, des toutologues auto affirmés omniprésents des plateaux, ou simplement des troisièmes couteaux de la fachosphère:

Tiens voilà tes 30 deniers, pardon 800 roubles

Avec tout de même une mention spéciale pour les trois proxys de Poutine, nous avons nommé:

a) Christelle Néant du « Donbass Insider »

Bien sûr, elle ne précise pas qui est Yevhen Vitaliiovych Balytskyi…C’est dommage. Elle aurait pu nous expliquer que cet homme « politique » est un collabo des russes, passé entièrement à leur service.

Elle n’est certainement pas inconnue de notre groupe, nous en avons régulièrement parlé:

Et nous en avons encore récemment parlé très récemment suite à publication d’une vidéo absolument hilarante et grotesque de sa part:

Direction: le goulag autogéré!
b) Anne-Laure Bonnel

journaliste aux peaux de saucissons sur les yeux quand il s’agit de la Russie de son état.

Elle aussi n’est pas une inconnue de notre association.

c)Et l’inénarrable Xavier Moreau de « Stratpol »
Xavier Moreau « Stratpol »

Lui aussi à eu l’honneur d’un post Facebook de notre part, en raison d’une affaire immédiate assez croquignolesque.
Dans la vidéo suivante on peut voir X. Moreau réaliser des prouesses pour échapper à la conscription. 😉

 

D)Les péquins moyens de la fachosphère

L’opinion du faf moyen

Et comme vous avez lu notre article, en regardant ces captures, vous avez certainement pu remarquer des éléments de propagande qui ne collent pas à la réalité. Nous allons y revenir dessus grâce à d’autres captures d’écran, prises chez des posteurs « ordinaires ».

stand with russia

2) Les « OUPS! » de la propagande

A) OTAN, USA go home! 

Commise aussi par Zemmour (voir plus haut), cette erreur consiste à mêler OTAN et USA dans cette histoire. Or on l’a pourtant vu, ni l’un ni l’autre ne sont réellement ou pas du tout impliqués.
Rappelons deux points: l’OTAN a refusé catégoriquement l’adhésion de celle-ci à l’Ukraine. Ainsi que de les armer. Et ni l’un ni l’autre ne sont signataires de Minsk. A la limité, on peut critiquer l’influence des USA qui a payé des groupes pro démocratiques en Ukraine. De là à dire que cela a torpillé Minsk… Il y a un monde. Quand à l’intervention des mercenaires de « BlackWater » rien ne dit que les USA soient directement derrière. L’Ukraine a parfaitement pu les payer elle-même.
Une autre piste plus crédible existe.

Blackwater a été rebaptisé Academi en 2011 après son acquisition par un groupe d’investisseurs privés. En 2014, elle a fusionné avec la société de sécurité rivale Triple Canopy pour former Constellis Group. Constellis a été acheté pour 1 milliard de dollars (environ 750 millions de livres sterling) par la société d’investissement Apollo Group en 2016. En septembre 2020, Apollo Group a conclu un partenariat d’investissement immobilier de 5,5 milliards de dollars avec la Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc), l’une des plus grandes sociétés pétrolières au monde et un important exportateur de gaz naturel liquéfié.

En décembre 2021, Adnoc a été invité à entrer dans une joint-venture pour créer un terminal pétrolier et gazier dans le port ukrainien d’Odessa pour le transport vers les pays occidentaux. L’annonce est intervenue un mois après que le directeur général de la société énergétique publique ukrainienne Naftogaz Yuriy Vitrenko a déclaré lors d’une conférence sur l’énergie à Abu Dhabi qu’il espérait que le gazoduc russe Nord Stream 2 vers l’Europe, qui contourne l’Ukraine, ne serait pas approuvé.

Il a déclaré que l’Ukraine risquait de perdre 2 milliards de dollars par an – environ 1,5% de son PIB – si le gazoduc russe était opérationnel, affirmant que Nord Stream 2 « mettait en fait tout le continent et la sécurité mondiale en danger »…

Mais soyons réalistes, il est possible qu’Academi ait bien été payé par les USA.
Mais dans ce cas attention, entre 2016 et 2021, c’est le gouvernement Trump qui les aurait payé. Ce qui va être difficile à avaler pour la fachosphère pro-russe qui sera incapable de concilier ceci avec leur vénération de Trump.

B) Zelensky

Nulle part, on ne trouve mention d’une quelconque volonté de Zelensky de faire pareille chose. Par contre on trouve des déclarations de celui-ci pour continuer la diplomatie. Et ce en janvier 2022. Et on se rappellera que celui-ci n’a pas cru à une possible invasion russe, malgré les mouvements massifs de troupes russes aux frontières et les dénégations grotesques de la Russie:

Le 1er avril 2021, Ukrainiens et Américains font état de mouvements de troupes russes en Crimée et à la frontière russo-ukrainienne, près des territoires contrôlés par les séparatistes prorusses. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, accuse la Russie de masser ses troupes à la frontière et dénonce un risque de « provocations », Washington met en garde les autorités russes contre toute tentative d’« intimidation ».

Moscou réagit en affirmant mener des exercices militaires destinés à repousser une attaque de drones. « La Russie déplace ses forces armées sur son territoire comme elle l’entend », déclare le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, ajoutant que « cela ne représente une menace pour personne et ne doit inquiéter personne ».

C) Un peu de tout

On est cette fois dans le n’importe quoi. Confusion entre « Minsk II » et le « format Normandie; dénégation des responsabilités russes; dénégation quand à la responsabilité totale de la Russie dans l’invasion.

Mais cela reste des détails.

Silence russian bot!

CONCLUSION

Le principal blocage est venu de l’insistance de la Russie sur le fait qu’elle n’était pas partie prenante du conflit et n’était donc pas liée par la totalité de ses termes… Accord tellement mal rédigé que pas une fois le mot « Russie » n’est stipulé!!!  L’un des deux blocs concerné par le contrat n’y est pas mentionnée une seule fois. C’est ce qui a permis au Kremlin de déclarer qu’il n’est pas partie prenante au contrat, qu’il n’est qu’un observateur parmi d’autres, et a laissé l’Ukraine face à des rebelles que la Russie a déclaré ne pas connaître, forcée d’appliquer sa part de l’accord sans que personne en face n’ait à faire quoi que ce soit.

  • D’un côté, les régions (Donetsk et Luhansk) ont fait valoir qu’il n’y avait pas eu d’élections, malgré ce que disait l’accord de Minsk. C’était vrai.
  • De l’autre, l’Ukraine justifia l’absence d’élections par le fait que les armes lourdes n’avaient toujours pas été retirées d’Ukraine par la Russie. C’était vrai. Mais la Russie déclara que les armes, ce n’était pas à elle de les retirer.

La raison invoquée par la Russie, qui ne niait pas que les armes lourdes étaient toujours présentes a pu ainsi déclarer qu’elle n’a jamais accepté de soutenir les forces rebelles présentes en Ukraine, qu’elle ne leur a jamais fourni des armes, et que par conséquent, elle n’était pas liée par leur engagement de supprimer ces armes, et n’était pas concernée par le non-retrait de l’armement lourd des régions de l’Est. De plus, n’étant pas mentionnée dans l’accord, elle n’avait rien à respecter.

Un modèle de manipulation en règle.

Ce qui ressort massivement de l’observation des réseaux sociaux, c’est que globalement le posteur lambda reprend intégralement sur ce sujet la doxa russe. C’est à dire: « les accords de Minsk concernant l’autonomie n’ont pas été appliqué par l’Ukraine « . Nous ne pouvons que vous conseiller de faire vous même la recherche sur ces mêmes réseaux sociaux. C’est ce qui a amené à la rédaction de cet article.

Or c’est faux à plusieurs titres. Tout d’abord, parce que le contexte historique concernant la pression militaire, diplomatique, économique et de la propagande russe sont totalement ignorées dans cette assertion. Deuxio, parce que les antécédents de rupture unilatérale de traités avec les russes est également ignorée. Troisio parce que les textes des protocoles de Minsk I et II ne concernent pas que l’histoire de l’autonomie du Donbass, mais tout un train de recommandations que la Russie n’a jamais respecté. Et pour cause comme nous venons de l’expliquer!
Enfin, parce que l’on comprend mieux après cette revue des faits que cette autonomisation du Donbass est un véritable cheval de Troie des forces russes pour transformer l’Ukraine en état vassal.
Dès lors on comprend pourquoi ce sujet est si important pour la Russie de Poutine et pourquoi la propagande russe en France est aussi prégnante. Sur un sujet qui ne parait pas tant d’importance au premier abord pour un non-averti, on ne peut que constater au fur et à mesure qu’au contraire cette propagande sert un objectif PRIMORDIAL pour la Russie.
Et c’est un objectif primordial de la Russie, appliquons nous à la contrer où qu’elle se trouve.

Poutine, criminel de guerre

 

POUR EN SAVOIR PLUS:

Auteur de l’article : Sutter Cane

2 commentaires sur “Les accords de Minsk I et II, points cruciaux de la propagande russe

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