18 mars 2020 | Temps de lecture : 14 minutes

Hoax : Covid et laboratoire P4, la vidéo mensongère qui fait le buzz

Hoax en santé (6)

Et si le Covid s’était échappé du laboratoire P4 de Wuhan, aujourd’hui, on décortique un hoax avec une forme très classique sur un thème d’actualité.

On nous adresse depuis hier une vidéo qui fait le buzz sur internet, 2 millions de vues à cette heure…
plusieurs sites spécialisés ont déjà commencé à faire le boulot voici notre petite contribution.

La vidéo pas complotiste qui fait pas le buzz…Tu parles

Il est fort probable vu la viralité (sic mundi transit) que vous l’ayez déjà vue.

Dès l’introduction, le hoaxeur complotiste nous annonce la couleur. Le message dit :

« nous on est pas complotistes et c’est pas des mensonges…On cherche pas à faire le buzz ».

Nous en concluons donc immédiatement que ce sont des complotistes qui mentent ET qui cherchent à faire le buzz.
Au passage, on aime beaucoup la phrase:

« on est pas là pour parler des illuminatis, on est pas là pour parler d’un complot…on est pas des complotistes, on est pas des franc maçons… »

Si ce ne sont pas des francs maçons OUF, nous sommes rassurés…Car c’est connu les francs maçons complotent…BREF.
Le virus n’a pas été crée: c’est une zoonose.
Et en première conclusion de cette introduction, on nous parle de « corrélations »….encore des gens qui confondent causes et corrélations. Un très grand classiques des complotistes.
Le décor étant planté, voyons l’acteur principal de cette mauvaise pièce.

Le profil de « John Labite », un vrai nom, surement…

Disons le: un inconnu de nos radars. Un inconnu total qui retournera probablement à l’anonymat total une fois son quart d’heure de gloire complotiste passé. Ou malheureusement rejoindra la déjà très nombreuse galaxie de cette engeance…
Son profil éclaire le personnage: un gilet jaune abonné à au moins deux pages complotistes de GJs « carte des rassemblements » qui est connue pour partager du contenu proche des chouardiens/soralosphère et « opérations spéciales GJ », inconnue au bataillon. On trouve aussi quelques sites, complotistes, du très classique RT et des sites d’extrême droite.
Rien d’étonnant donc.

La trame de la vidéo semble simple (1:15):

  1. Comment a été crée le virus
  2. Pourquoi a été crée le virus
  3. « Et toutes les corrélations qu’il y a » (dixit)
  4. Qui a créé le virus

1) Le laboratoire P4 de Wuhan

On comprend très vite à écouter ce gonze qu’il a en fait compilé toute une somme de rumeurs qui circulaient déjà depuis quelques temps sur internet. Qu’en est il de ce fameux labo « P4 »?

Dès fin janvier, plusieurs organismes de debunkage faisaient état de cette rumeur, comme le montre cet article de « 20minutes ». Comme très souvent, les complotistes oublient l’histoire et mélangent causes/conséquences et corrélations. En fait ils réfléchissent avec une conclusion déjà en tête. Ils arrangent donc à leur sauce les événements pour pouvoir accréditer (à défaut de prouver) leur thèse.
Voici l’article in extenso:

Le coronavirus, originaire d’un laboratoire de Wuhan lié à la France ? Retour sur une rumeur virale
FAKE OFF Une théorie relayée sur les réseaux sociaux affirme que le coronavirus émanerait d’un laboratoire épidémiologique de haute sécurité siuté à Wuhan, conçu avec l’aide de la France

Alexis Orsini

 — 

  • Depuis son apparition à Wuhan (Chine) en décembre 2019, l’épidémie de coronavirus a fait plus de 200 morts et contaminé près de 10.000 personnes.
  • Alors que son origine n’a pas été encore établie officiellement, une rumeur virale sur les réseaux sociaux affirme qu’il émanerait d’un laboratoire de haute sécurité de conception française situé dans la ville de 11 millions d’habitants.
  • 20 Minutes revient sur l’origine de ce laboratoire et les mesures de sécurité qui y sont appliquées, avec deux spécialistes du sujet.

Mise à jour du 31 janvier 2020 : ajout de la réponse de la DGS, reçue peu après publication.

Comment le coronavirus, qui a fait à ce jour plus de 200 morts et près de 10.000 contaminations en Chine, est-il apparu à Wuhan ? Si les premières études autour de l’épidémie penchent pour plusieurs hypothèses – d’une maladie transmise par une chauve-souris ou un serpent, à l’absence totale de lien avec le marché aux poissons de Wuhan, jusqu’ici considéré comme le point de départ le plus probable –, une théorie bien différente circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux.

Nombre d’internautes partagent en effet des articles ou communiqués officiels de février 2017 annonçant « l’accréditation », à Wuhan, en présence du Premier ministre français de l’époque, Bernard Cazeneuve, du premier laboratoire épidémiologique de haute sécurité P4 (pour « pathogène de classe 4 »), consacré à l’étude de certains virus particulièrement dangereux, pour pointer du doigt un hasard surprenant.

« C’est sans aucun doute une pure coïncidence que l’épicentre du coronavirus [2019-nCoV] et le laboratoire P4 vendu à la Chine par la France se trouvent tous deux dans la même ville de Wuhan… », soutient par exemple un internaute sur Twitter, quand un post Facebook se demande si le coronavirus est un « petit joueur issu d’un labo ? », avant d’indiquer : « Un labo P4 qui a ouvert près de Wuhan en 2017, ce n’est sans doute qu’une coïncidence avec le nouveau « coronavirus ». »

C’est sans aucun doute une pure coïncidence que l’épicentre du et le laboratoire vendu à la Chine par la France se trouvent tous deux dans la même ville de …*https://www.challenges.fr/entreprise/sante-et-pharmacie/coronavirus-en-chine-apres-le-sras-la-sulfureuse-cooperation-franco-chinoise-a-wuhan_695165 …

Coronavirus en Chine: après le SRAS, la sulfureuse coopération franco-chinoise à Wuhan

Après la crise du SRAS en 2003, la Chine a noué une coopération étroite mais chaotique avec la France dans la sécurité biologique.

challenges.fr

Outre cette proximité physique jugée suspicieuse par certains, les déclarations du journaliste italien Paolo Liguori, soutenant que ce virus a été créé en laboratoire, ou encore celle de Dany Shoham, un ancien agent des services de renseignement israéliens, sur le « probable » développement d’armes chimiques chinoises au sein de certains laboratoires nationaux, n’ont fait que renforcer ces soupçons sur le Web.

FAKE OFF

En 2003, au lendemain de l’épidémie de Sras – l’une des souches de la famille assez vaste du coronavirus, qui avait provoqué plus de 700 décès dans le monde –, la Chine décide de mieux lutter contre ces épidémies en construisant un laboratoire P4, consacré à l’étude des virus les plus redoutables (comme Ebola). Elle sollicite donc l’aide de la France, particulièrement en pointe dans ce domaine, notamment grâce à son propre laboratoire P4 Jean Mérieux-Inserm, installé à Lyon, pour l’aider à donner vie à ce projet.

Mais comme l’explique le journaliste de Challenges, Antoine Izambard, dans son ouvrage « France-Chine : Les liaisons dangereuses » (éditions Stock), le projet mettra de longues années à se concrétiser. Sa « cérémonie de réception » par l’Institut de virologie de Wuhan n’a en effet eu lieu qu’en juin 2016, ce dont se félicitait à l’époque l’ambassade de France en Chine, en rappelant que ce projet devait permettre « à la Chine, en partenariat pionnier avec la France, de mieux comprendre et prévenir les épidémies et les pandémies y compris les plus dangereuses comme la grippe aviaire, pour protéger la population chinoise et la santé mondiale. »

« Pas d’éléments concrets à ce stade » en faveur d’une telle théorie

Comment expliquer ce délai ? Notamment en raison des informations remontées par les services de renseignement hexagonaux (et américains) qui soupçonnent la Chine, au début des années 2000, de ne pas être totalement transparente dans sa démarche. « Ils avaient des craintes légitimes sur le fait que la Chine se serve de ce laboratoire P4 pour créer des armes biologiques », précise Antoine Izambard à 20 Minutes. « La Chine avait promis qu’elle construirait cet unique laboratoire mais, depuis, il a été établi qu’elle avait caché la construction d’autres laboratoires P4 sur son territoire, notamment l’un dédié aux animaux à Harbin. Son faible niveau de sécurité avait été pointé du doigt par plusieurs visiteurs français, mais c’était il y a une quinzaine d’années, les choses ont évolué depuis », souligne l’auteur, qui souligne toutefois la persistance d’inquiétudes chez certains diplomates français.

Toutefois, « aujourd’hui, au vu des éléments dont on dispose, les théories qui circulent sur l’émergence du coronavirus dans le laboratoire P4 à Wuhan sont complotistes. Je ne dis pas que c’est impossible, mais il n’y a pas d’éléments concrets à ce stade qui iraient en ce sens », poursuit le journaliste, qui a pu visiter le laboratoire à l’époque de son enquête. Et d’ajouter : « Le P4 ne tourne pas à plein régime : il a été accrédité en 2017 pour étudier Ebola, la fièvre hémorragique du Congo et le Nipah. Le Sras fait partie de ses projets d’étude à terme, mais ce n’est pas encore le cas. Pour devenir un centre de haut niveau, il faut qu’il obtienne l’accréditation de l’OMS, qui lui permettrait de rejoindre son réseau de laboratoires. »

Contactés par 20 Minutes, ni l’institut virologique de Wuhan ni les différentes entreprises ayant participé à la construction du laboratoire P4 n’ont donné suite. Le seul responsable français travaillant sur le site, le microbiologiste René Courcol, nous a pour sa part indiqué être dans l’impossibilité de répondre à nos questions en raison de son devoir de réserve. L’OMS explique pour sa part ne pas « pouvoir commenter de telles théories » mais la Direction générale de la Santé (DGS) nous indique qu’« aucun élément ne permet d’accréditer les allégations liant la crise sanitaire en cours à l’existence à Wuhan d’un laboratoire P4. »

● la France avait un laboratoire de recherche bactériologique à WUHAN en Chine, ou apparait le nom d’Yves Lévy mari d Agnés BUZYN https://twitter.com/lagrossefouine1/status/1222144056513482752 …

lagrossefouine@lagrossefouine1

Je ne veux pas faire mon complotiste mais qui a vu passé dans les infos que la France avait un laboratoire de recherche bactériologique à Wuhan en Chine, ou apparait le nom d’Yves Lévy mari de notre ministre de la santé Agnés Buzyn?

Voir l'image sur Twitter

Une protection de l’environnement et des équipes du laboratoire

Hervé Raoul, directeur du laboratoire P4 Jean Mérieux-Inserm de Lyon, celui qui a servi de modèle au laboratoire P4 de Wuhan, nous rappelle toutefois les nombreuses mesures de sécurité en vigueur dans ce type d’établissement partout à travers le monde : « Les P4 dédiés à la santé humaine font l’objet de mesures pour protéger l’environnement – c’est-à-dire pour éviter que le pathogène manipulé puisse se retrouver à l’extérieur – et les personnes qui y travaillent. Les laboratoires sont complètement étanches, avec un système de filtration absolue de l’air, des sas, des douches de décontamination chimiques utilisées sur les scaphandres des équipes… Ces scaphandres sont eux-mêmes maintenus en surpression pour les alimenter en air et permettre, en cas de défaillance, que l’air de la combinaison aille vers celui du laboratoire – plutôt que l’air du laboratoire n’aille vers les chercheurs. »

« En plus de mesures de sûreté pour éviter toute intrusion, les installations sont conçues sur le principe général des systèmes redondants : le système en première ligne est efficace à 100 %, mais, en cas de dysfonctionnement, il existe un deuxième système efficace à 100 % derrière », poursuit le spécialiste. Et d’ajouter : « Il est à peu près impossible qu’un technicien infecté sorte du laboratoire, car on n’y est jamais tout seul et on ne peut pas décider de sortir par soi-même après un incident sans se signaler. Il existe toute une procédure en cas de défaillance, qui prévoit notamment des échanges avec les services de santé dédiés pour savoir s’il faut l’isoler et la prendre en charge. »

« Aucune raison de penser » que le laboratoire travaillait sur le coronavirus

Hervé Raoul rappelle par ailleurs que tout travail de recherche scientifique, dans ce type de laboratoire, nécessite l’existence et la connaissance préalable d’un virus : « Quand il y a un début d’épidémie, il y a tout un ensemble d’éléments à recueillir avant de pouvoir se lancer dans la manipulation du pathogène : le taux de mortalité, le mode de transmission, l’existence ou non de traitements thérapeutiques… Il n’y a aucune raison de penser que les scientifiques du laboratoire de Wuhan travaillent sur le coronavirus. »

Voilà. Fin de la ligne tout le monde descend. Le fameux labo a été projeté suite à l’épidémie du SRAS (une autre zoonose), et dans ce labo, on ne travaillait pas encore sur les coronavirus. #EndGame

Bien entendu, tout ça notre hoaxeur s’en fiche, c’est pourquoi il peut affirmer SANS AUCUN DÉBUT DE COMMENCEMENT de preuve que ce labo travaille sur « des armes militaires », et il précise, le cuistre, « on va être clair »…
Conclusion (et on ne rigole pas):
« une chauve souris a du s’échapper… »
On ne peut s’empêcher de penser à un sketch où un certain humoriste nous faisait rire sur la « chauve souris enragée » . A l’époque, il était moins à l’extrême droite, moins complotiste  et disait moins de conneries.

Vous nous direz que peut être que c’est sa caution scientifique?
A partir de 4:10, nous entrons dans le gloubi boulga scientifique qui montre en deux phrases qu’il ne sait pas de quoi il parle.

gloubiboulga
gloubiboulga

Pêle mêle, le coronavirus aurait deux souches et ce serait impossible et celui ci serait associé au « SRAS ».
On reprend.
Qu’est ce que le SRAS?
Le SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) est un syndrome. C’est à dire un ensemble de symptômes constituant une entité, et caractérisant un état pathologique, une maladie. Les symptômes composant ce syndrome du SRAS sont:

  • fièvre peut être associée à des frissons (souvent supérieure à 38°)
  • myalgies,
  • malaise général,
  • céphalées
  • signes d’atteinte respiratoire basse (toux, dyspnée, gêne respiratoire, etc.)

D’autres symptômes plus atypiques comme des diarrhées existent également.
Qu’est ce qui provoque ce SRAS?
Une infection par coronavirus. C’est pourquoi on parle désormais de « SRAS-Cov » ou « SARS-Cov ». Nous disons bien PAR coronavirus, car ces charmantes bestioles sont une grande famille qui infecte, mammifères et oiseaux (les animaux à sang chaud).
L’humain est affecté couramment par 7 variétés de ce coronavirus, dont 4 par exemple sont elles non répertoriées chez la fameuse chauve souris.
Prenons le fameux « rhume » par exemple. Le rhume est aussi un syndrome (que tout le monde connait). Sauf que la cause du rhume n’est pas toujours le même microbe (bactérie ou virus). On estime que 15% à 30% des rhumes sont provoqués par des coronavirus.
Le problème des coronavirus c’est qu’ils peuvent dans certaines conditions passer d’une espèce à l’autre. Et donc de l’animal vers l’homme. Et c’est précisément dans ce cas de « zoonose » que le coronavirus « muté » fait des ravages.
Il y a des précédents:

  • la première en 2003 qui déclencha une alerte mondiale par l’OMS. Le nom de la maladie est le syndrome respiratoire aigu sévère lié au coronavirus. Cette épidémie débuta en Chine. Le début de cette épidémie est la consommation d’un animal sauvage dans un restaurant chinois : la civette palmiste masquée. Cette maladie qui tua environ 10 % des personnes atteintes, soit 774, est considérée comme éradiquée.

  • la deuxième en 2012. Celle-ci débuta en Arabie Saoudite et fut nommée syndrome respiratoire du Moyen-Orient. Cette maladie a été déclenchée par la consommation de lait de chameau et par la proximité avec les chameaux. Son taux de mortalité était de 35 %. Seules 449 personnes moururent des suites de l’infection du fait du faible nombre d’individus atteints. Cette maladie existe toujours car pour pouvoir l’éradiquer, il faudrait que les populations qui utilisent traditionnellement des chameaux puissent s’en passer.

  • la dernière en 2019. c’est la maladie qu’on nomme maladie à coronavirus 2019 ou Covid-19 en abrégé. L’origine de la maladie n’est pas sûre bien que l’on pense que la consommation de viande de pangolin pourrait en être l’origine (virus dont l’origine initiale la plus sérieuse serait celle de chauve-souris, porteuses du virus, enfermées et vendues pour la consommation en Chine).

Comme vous le voyez, c’est pas très clair dans sa tête…
Puis on passe au graal de cette histoire, le « fameux » brevet…
Il a l’air de découvrir le monde alors que celui-ci est très facilement consultable ICI.
Deuxio il va falloir expliquer quelque chose clairement exposé ici:

Breveter n’est pas créer

S’il existe bel et bien des brevets sur des virus qui ont été détectés, cela ne veut pas dire qu’ils ont été créés, contrairement à ce que laissent entendre les publications ci-dessus.

Même si le terme de brevet évoque le concept d’invention et porte le nom de « l’inventeur » de ce pour quoi on sollicite un brevet, il faut souligner que le mot « inventeur » à deux sens.

Ainsi, selon le Larousse, un « inventeur » est la « personne qui par son ingéniosité invente, imagine, créé quelque chose d’original : L’inventeur du téléphone » mais aussi celle « qui découvre un trésor, un objet, etc ».

Ainsi, quand on parle des « inventeurs » de la grotte de Lascaux, on parle bien des quatre jeunes gens qui l’ont découverte en 1940 et non pas des hommes préhistoriques qui en ont orné les parois.

D’autre part, les dépôts de brevets liés à des virus sont courants, ce sont souvent « juste des déclarations d’invention », explique à l’AFP Vincent Enouf, directeur adjoint du Centre national de référence (CNR) des virus des infections respiratoires de l’Institut Pasteur à Paris.

« Il peut y en avoir un brevet sur une technologie, sur un diagnostic, sur plein de choses », poursuit-il, ajoutant qu’il s’agit d’abord de « protéger sa découverte », le temps de publier un article dans une revue scientifique par exemple.

Quand on dépose une demande de brevet, « on décrit sa technique »  comme par exemple le fait de choisir tel ou tel zone du génome du virus pour conduire des tests.

CQFD comme dirait l’autre. Notre « labite » insiste lourdement sur un sens du dictionnaire et oublie d’aller en vérifier les autres. Surtout que lorsque l’on connait un peu le droit, les termes juridiques empruntent souvent à un sens second. Ou sont eux même un sens second.

A 6:19, nouvelle confusion, notre hoaxeur découvre que le covid du SRAS décrit dans le brevet a été découvert en 2003. Super. Il faudrait savoir que ce n’est PAS LE MÊME coronavirus !!! Les premiers ont été découverts dans les années 60
10:50 notre hoaxeur ne sait plus ce qu’il dit. IL explique bien (tout en lisant le brevet) que l’on « détecte » le virus… Donc pourquoi le détecter si il est « créé »??? C’est un indice qui lui échappe…
Puis on part dans un nouveau gloubi boulga, ou notre vidéaste explique que des tests ET antidotes ont été testés sur des animaux. Oui msieur. Sur cette souche là. Pas celle de cette année…
Car un vaccin avait bien été développé lors de la première épidémie de SRAS. Et les chercheurs se servent de similitudes possibles entre les deux souches pour réaliser un vaccin aujourd’hui.
12:31 gros délire sur la rougeole. Disons le; ca sent l’antivax patenté. Car notre youtubeur nous parle de la rougeole comme si on découvrait le monde, alors que c’est une technique connue de l’institut Pasteur:

En France, l’Institut Pasteur espère, lui, démarrer des essais cliniques sur l’Homme au début de l’été 2020. Les chercheurs français travaille sur un « candidat vaccin ». Leur méthode consiste à utiliser le vaccin contre la rougeole, puis à modifier son patrimoine génétique afin de lui faire adopter à sa surface les même protéines que celles du coronavirus. L’Institut Pasteur devra d’abord tester cette molécule sur un modèle animal comme la souris pendant quatre ou cinq mois avant de voir ses effets sur les humains.

13:33 Nouvelle confusion majeure entre SRAS, coronavirus, Covid etc…
16:49 Nouveau développement comme quoi l’épidémie de SRAS Cov a été « maîtrisée ». Super. Oui. Celle de 2003. La 1ère souche…

2) A QUI PROFITE LE CRIME???

Ça y est victoire à 17:29, on a ENFIN la conclusion… A laquelle tout le monde s’attend. Bien entendu.
C’est l’institut Pasteur… Logique. Puisque notre bonhomme s’est appuyé sur un brevet de l’institut Pasteur qui décrit le premiers SRAS Covid de 2003 et que toujours notre GJ a DÉCIDÉ que ce brevet:

  • Décrivait un virus fabriqué par génie génétique
  • Et que ce virus de 2003 est le même que le Covid19

La conclusion est évidente, inéluctable.

« Much ado about nothing »…

Et quelle est cette conclusion? Et bien que l’institut Pasteur a déjà développé le vaccin, que celui ci a répandu le Covid 19 et que la commercialisation à nouveau de ce vaccin lui assurera la fortune
Le sempiternel mantra faussé des complotistes: « cherche à qui le crime profite ». Ce qui en soit n’est pas faux.

Encore faudrait il qu’il y ait crime…
Mais ce n’est pas grave et vers 18:30 notre « Cat Antonio » nous fait une lourde allusion sur les menaces qu’il y aurait à sa vie désormais puisque celui ci devient le lanceur d’alerte du siècle…

Et on se rapproche (enfin) de la conclusion, parce que tant de répétition, de redondance inutile ca devient pénible. A 20:09, « Antonio nous demande pourquoi les enfants ne sont pas affectés. Bien. Bonne question. Mais réponse stupide. Et surtout guère compréhensible. En résumé, d’après ce que nous comprenons parce que c’est sibyllin. Et surtout bien abstrus. D’après le monsieur, comme ce virus aurait été crée à partir du virus de la rougeole, les enfants seraient immunisés…
Oui ca ne veut rien dire. Parce que dans ce cas, on ne comprend pas pourquoi un adulte ayant eu la rougeole enfant serait lui affecté????
S’ensuit un monologue inutile répété déjà dix fois.
ET C’EST FINI! Ouf!

Finalement, un bon vieux hoax!

Nous sommes toujours surpris de voir que tel ou tel hoax réussit à surgir ou pourquoi il reste caché.

Le Covid échappé du laboratoire P4 de Wuhan est donc un hoax, il n’y a pas de grand complot.
Celui là est un modèle du genre car comme nous l’avons dit, il traîne depuis janvier avec les mêmes « preuves », et les mêmes raisonnements : un laboratoire secret (le laboratoire p4), un virus (la covid), un complot (l’institut Pasteur), félicitations vous avez un hoax. Mais celui ci était resté relativement confidentiel. Beaucoup d’équipes de fact-checker s’étaient déjà emparés de l’affaire et avaient produit leur propre démontage:

Etc…
Cette vidéo entraîne à nouveau toute une série de fact-checking:

Et ainsi de suite.

Sur la forme. On remarque le ton d’autosatisfaction du youtubeur comme si il avait découvert une « bombe ». Alors que celui ci affirme que « toute une équipe » était derrière lui et « avait travaillé comme des malades ». Pas assez bien apparemment car ces gens n’ont ils pas vus que le sujet avait déjà été abordé il y a à peine deux mois??? Le même Antonio dit à un moment que « l’histoire explique tout » mais n’est pas capable de remonter de deux mois dans l’histoire???
Ils « ont voulus appeler les médias » dit il, mais quelle farce!!! Toute cette vidéo n’est qu’un long monologue de choses répétées, ressassées, et surtout fausses de A à Z. Ou plus certainement (soyons charitables) incomprises.

Et nous en conclurons sur une question.

Puisque pour ce monsieur et sa super mega giga péta de chercheurs LOL, le virus serait créé, et par l’institut Pasteur, il faudrait donc que la conspiration soit mondiale??? Puisque pour cette équipe de bras cassés du lançage d’alerte, c’est un complot, mais que le fameux « brevet de création du virus » était disponible sur internet, ne se sont ils pas posés la question que aucun autre pays, aucun autre scientifique, aucun média ne l’avait vu??? Et ne s’était posé la question depuis 17 années (date d’apparition du SRAS)???

Parce que c’est simple, où ces gens sont tous stupides et ne consultent jamais les brevets…Ou ils sont tous complices dans une giga conspiration planétaire…
Se rend il seulement compte de la gigantesque contradiction qu’il y a dans ses propos?
Au point quand même que l’institut Pasteur a du publier un démenti.
Conclusion ? => Poubelle directe

Mise à jour février 2023 :

Cat Antonio a été condamné pour ses propos et hoax sur le covid et autre histoire farfelue de laboratoire.

 

 

 

To top