01 juillet 2019 | 683 vues | "Les musulmans nous envahissent", Anti-intox, Inclassable

Du burkini à Grenoble au commissariat de l’Eure, en passant par la fusillade de Brest.

Propagande en rafale de l’extrême droite pour ce début d’été !!!

 

Depuis quelques jours, une succession d’affaires concernant l’Islam se succèdent, ainsi que les récupérations de l’extrême droite les concernant. La dernière en date qui met en fureur la fachosphère semble complètement hors de propos au vu du problème. C’est pourquoi nous avons voulu remettre dans son contexte ces trois affaires afin d’en tirer une analyse, un « storytelling » qui nous semble vraisemblable.

1) 1er acte

Le 1er acte est une histoire qui se déroule en deux temps.  Nous reviendrons sur la deuxième partie dans l’acte 4. C’est l’affaire dite des « Burkinis de Grenoble » qui a démarré le 23 juin. Comme depuis plusieurs années, le début de l’été connait son marronnier de l’extrême droite…
2015: agression à Reims
2016: le burkini
2017: la mosquée gonflable
2018: polémique Médine

Cette affaire est lancée par une association Grenobloise qui sera vite taxée d’islamiste, de communautariste, et autres doux noms.

Une affaire confortable et rodée pour l’extrême droite qui sait faire d’une souris une montagne. Sauf que patatras, le feu roulant de l’actualité va mettre un terme à cette affaire bien huilée qui permettait à la fachosphère d’écrire tout et n’importe quoi à peu de frais.

2) 2ème acte
Car le jeudi 27 juin, un homme probablement déséquilibré, selon les premiers éléments de l’enquête, tente de tuer l’imam de la mosquée de Pontanézen de Brest Rachid el-Jay. Il réussit à le blesser, ainsi qu’un fidèle de la mosquée, avant de s’enfuir. Il se suicide et son corps est retrouvé peu après.
Malgré la gravité de l’acte, celui ci connait un quasi black out. Le ministre de l’intérieur ne se déplace pas, la fusillade ne fait pas les gros titres. Aucun homme politique ne fait de déclarations condamnant l’acte que l’on peut pourtant assimiler à du terrorisme.
Car même si le tireur semble avoir des problèmes psychiatriques, la lettre qu’il a envoyé ne fait guère de doute.

Le problème, c’est que l’imam de Brest est un personnage « controversé », selon l’expression consacrée. Et que probablement aucun responsable ne veut voir son nom associé à la défense de cet homme… Décrit autrefois comme un imam salafiste, mais « quiétiste » celui ci a plusieurs fois défrayé la chronique, avant de connaitre une inflexion majeure de ses croyances et de passer à une pratique croyante modérée (le Malikisme). L’homme fut plusieurs fois menacé de mort par l’extrême droite…

Cependant deux réflexions s’imposent. Même si cet imam est controversé, le traitement de cette fusillade qui n’a heureusement fait aucun mort, semble traité de façon particulièrement bénigne. Médias et politiques ne semblent guère pressés de traiter l’affaire comme elle le mériterait, notamment par sa gravité, mais aussi par une remise dans le contexte.
Car comme nous l’avons déjà dit plus haut, le tireur a laissé une confession posthume. Or si cette lettre est complètement délirante (et montre les problèmes psychiatriques de l’homme), elle a un autre intérêt: elle reprend plus ou moins des thèses balancées régulièrement sur les réseaux de la fachosphère complotiste.
D’ailleurs le fameux tireur a adressé une copie de cette lettre au très complotiste et très antisémite site « Panamza » qui remet bien entendu une deuxième couche dans les théories du complot:

Panamza: lettre du tireur de Brest
Panamza: lettre du tireur de Brest

Quant à l’extrême droite islamophobe, elle n’est pas en reste comme le témoigne l’article de C. Tasin consacré à cette affaire.

Article de C. Tasin sur le tireur de Brest
Article de C. Tasin sur le tireur de Brest

Article qui n’est pas moins délirant que la lettre du tireur lui-même, qu’on en juge:

C’est une histoire rocambolesque  qui est racontée ci-dessous. Le tireur de Brest aurait laissé une lettre dans laquelle il affirme qu’il aurait été contraint de tirer sur l’imam de Brest, soumis à un chantage, ses proches étant en danger.

Jusque-là, cela peut s’entendre. Mais des barbouzes ont-ils vraiment besoin de monter tout ce scénario pour faire blesser-buter quelqu’un ?

Admettons. Mais là où ça se corse, c’est le coup de téléphone affichant la tête de l’ancien chef de  la DGSI, Patrick Calvar.

Par contre, la puce, là j’ai du mal… En admettant que le reste de l’histoire soit vrai, je ne vois pas l’intérêt de lui greffer une puce… Hallucination ? Paranoïa ?

INFORMATION LE TÉLÉGRAMME. Le tireur de la mosquée de Brest, qui s’est donné la mort, ce jeudi, en fin de journée, avait laissé une lettre manuscrite sur les réseaux sociaux. En voici des extraits. Ils en disent long sur les troubles psychiatriques dont semblait souffrir le jeune homme.

Karl Foyer était âgé de 21 ans. D’origine normande, il était né dans le XIIIearrondissement de Paris, mais habitait Lyon depuis trois ans. « Je suis une personne simple, qui a une vie banale », écrit-il au début de cette lettre. L’homme indique avoir travaillé dans la restauration, comme plongeur, puis commis de cuisine. Son dernier emploi était agent d’entretien.

Ensuite, il explique que le jeudi 18 avril, en rentrant chez lui, une camionnette noire s’est garée près de sa voiture. « À l’instant où j’ai fermé la porte de ma voiture, la porte coulissante de la camionnette s’ouvrit et trois hommes cagoulés m’ont forcé à rentrer dans la camionnette ».

Le tireur explique avoir été terrifié et ébloui à l’aide d’une torche. Il dit ensuite qu’un des hommes a commencé à lui donner des informations très précises sur sa famille, dans le but de l’intimider. « Il m’a ordonné d’égorger l’imam de Brest. Il a dit qu’il fallait que je passe à l’acte entre le 15 et le 30 juin. Il m’a dit que si je ne le tuais pas, c’est ma mère, mon père et ma sœur qui seraient tués ».

« Je n’avais pas le choix »

L’homme aurait ensuite reçu un coup de téléphone. Sur l’écran de son téléphone, serait apparu le nom d’un des pontes de la DGSI. Le tireur de Pontanézen dit qu’ensuite les hommes lui auraient implanté une puce dans le bras. « Je pense qu’ils vont me tuer », poursuit Karl Foyer. « J’en sais trop. Si la presse et Internet sont au courant de cette histoire, alors j’ai peut-être une chance de m’en sortir. Je suis profondément désolé auprès des proches de Rachid El Jay, je n’avais pas le choix. J’ai écrit ce message juste avant de passer à l’acte. J’essayerai de m’arracher la puce et de me cacher le plus longtemps possible ».

La lettre se termine par une photo de sa carte d’identité pour authentifier les écrits.

Tout cela est plus qu’étrange…

Et Calvar, là-dedans ?

On se souvient que l’ex-patron de la DGSI avait clairement dit sa peur que des Français ne passent à leur tour à l’attaque pour se venger des attentats islamiques et qu’il fallait à tout prix surveiller « l’ultra-droite » et la réduire à quia. On sait aussi que Calvar est un proche de Macron très impliqué dans la lutte contre la prétendue « ultra-droite »…

Alors ?

Karl Foyer, un fou, un malade ayant inventé cette histoire ?

Karl Foyer, un homme ayant effectivement subi un immonde chantage de la part de 3 hommes masqués pour l’amener à tirer le 27 juin ?

Si oui, qui sont ces 3 hommes ?

– Des envoyés de Daesch qui avait condamnée l’imam de Brest à mort ?

– Des barbouzes obéissant à Macron, désireux de victimiser les musulmans et d’utiliser ce prétexte pour  les discriminer positivement encore davantage,  tout en tapant encore plus durement sur les islamophobes pour les faire taire, pour les faire disparaître ?

– Des musulmans ayant le même but que Macron ?

  • Des anti-islam qui n’ont toujours pas compris que ce n’est surtout pas ça qu’il faut faire ?

Une seule certitude. C’est une sale affaire qui pue. Quelle que soit la réponse.

Christine Tasin

Mais à la lecture de plusieurs articles du même acabit, on sent que suinte de la fachosphère une peur sourde: celle de se voir accuser de propager des thèses reprises par des personnes isolés fragiles psychologiquement et passant à l’acte à la manière des assassins de Daesh. Il est bien connu des milieux de la psychiatrie que les thèses se diffusant dans l’inconscient collectif sont celles qui sont le mieux à même d’être l’expression d’un malade mental, décompensant sa pathologie psychiatrique dans une explosion d’hétéroagressivité, tout en gardant un semblant d’explication pseudo rationnelle quoique délirante (le « délire interne » du déséquilibré). C’est ce qu’à fait le tireur de Brest, c’est ce que font les terroristes de daesh.
Pourtant, personne, média ou politique ne franchira ce pas, sans doute par lâcheté ou calcul politique.

Heureusement pour la fachosphère, une autre affaire va venir brouiller les pistes.

2) 3ème acte
Vendredi 29, un commissariat de l’Eure est pris pour cible, et le Figaro qui rédige l’article décrit des scènes hallucinantes:

EXCLUSIF – Une quinzaine de personnes ont lancé projectiles, engins pyrotechniques et pavés sur ce commissariat au sud de Rouen, dans la nuit de jeudi à vendredi, insultant les fonctionnaires venus défendre les lieux.

La scène est impressionnante. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le commissariat de Val-de-Reuil-Louviers (Eure), au sud de Rouen, a été pris d’assaut par une bande de jeunes. Aux alentours de deux heures du matin, une quinzaine d’individus cagoulés ont attaqué l’établissement en lançant des projectiles en nombre, tirant également des mortiers, selon les rapports de police, consultés par Le Figaro. Sur les images de vidéosurveillance que nous avons pu consulter, on aperçoit deux agents de garde tenter de contenir les tirs des assaillants à l’aide de boucliers. En chemisette, les fonctionnaires ne semblent pas du tout préparés à un tel assaut. Des fumigènes, des «éléments pyrotechniques» de toutes les couleurs ainsi que des pavés sont jetés sur les policiers.

Les individus semblent déterminés à pénétrer dans le commissariat. Leurs attaques durent pendant environ une demie heure, à la fois contre les fonctionnaires et le bâtiment. Ceux-ci répliquent à l’aide de gaz lacrymogènes, avant que des policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) et de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) n’arrivent en renfort. Vers 2 heures 30, le calme est finalement revenu. Si aucun agent n’a été blessé, quelques dégâts matériels ont été constatés: trois vitres ont été touchées, un véhicule endommagé.

«Venez sortez on va vous cramer»

Une enquête de flagrance a été ouverte des chefs de «dégradations volontaires de biens d’utilité publique en réunion» et «violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique avec armes par destination». Un rapport de police complémentaire, consulté par Le Figaro, indique que plusieurs fonctionnaires ont entendu des cris d’«Allah Akbar» lors de l’assaut. «Bande d’enculés de Français», «Venez sortez on va vous cramer», ont scandé les suspects avant de s’enfuir, souligne le même document. Sur les lieux, les restes de 115 projectiles ont été retrouvés, précise-t-on.

L’attaque a suscité une vague de colère dans la profession. Dans un communiqué publié vendredi, le syndicat Alliance a dénoncé un assaut d’une «violence inouïe». Évoquant des «policiers à bout, au bord de la rupture», le syndicat s’inquiète de la situation de «souffrance» de ce commissariat de l’Eure, en manque d’effectifs et de moyens. D’après une source syndicale, contactée par Le Figaro, le même bâtiment avait été la cible d’une offensive du même type en juillet 2018.

Un scénario digne des meilleurs fantasmes de Jean Marie le Pen quand il était en forme.

« Savez-vous qu’il y a des villes en France qui sont déjà majoritairement étrangères ? Roubaix, 60 % d’immigrés maghrébins ! Si vous attendez le jour où ça brûle pour en prendre conscience, il sera un peu tard. Vous avez vu les foules en Egypte, en Tunisie, en Syrie ? Le jour où vous avez une foule comme ça qui descendra les Champs-Elysées ! Ce n’est rien, pour eux, à la limite, d’avoir 300.000 personnes. Qui les arrêtera ? Et s’ils descendent les Champs-Elysées, ce ne sera pas pour faire joujou. Par exemple, ils veulent sodomiser le Président. Ils se donnent ça comme objectif : arriver jusqu’à la grille du Coq, l’enfoncer, et ensuite « le » sabrer ? Je répète : qui les arrêtera ? »

Enthousiasme de la droite dure et de l’extrême droite qui s’empare de l’affaire et en profite pour pratiquer leur activité favorite, la défense inconditionnelle des forces de l’ordre.

L’une parlant de « quartiers entiers » en rébellion ouverte, l’autre évoquant un « acte terroriste ». Alors qu’aucun des deux n’a eu un mot pour la fusillade de Brest…

Patatras, le samedi le maire de Val-de-Reuil réagit et dément complètement l’information balancée au Figaro par le très droitier syndicat « Alliance ».

Communiqué du maire
Communiqué du maire

 

Incident à Val-de-Reuil : quand la presse normande, puis nationale, diffuse et déforme les revendications syndicales du commissariat.

Un incident limité et, hélas, devenu banal quand la chaleur de l’été amène les jeunes à rester dans la rue, survenu devant le commissariat de Val-de-Reuil, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 juin 2019, donne lieu depuis 48 heures aux exagérations et aux interprétations les plus fantaisistes. Intoxication, rumeurs et fake news, il n’est pas très difficile d’en démonter les mécanismes et d’expliquer les buts poursuivis par cette déformation sans précédent.

Acte 1 : après avoir assisté, dans un des cafés de la Ville, au match de football de la Coupe d’Afrique des Nations, qui a vu l’Algérie battre le Sénégal par un but d’écart, un petit groupe de jeunes en cours d’identification et d’interpellation, parfaitement connus des services de la Ville, comme de ceux de la police, se dirigent vers le commissariat de Val-de-Reuil, chaussée du parc, vers 2 heures du matin. Leur activité est suivie, non par le commissariat, mais par les caméras de la Ville (visionnées par le Maire avant d’en transmettre les images aux services de police). Sept d’entre eux, vers 2h15, décident de jeter, à une distance d’une vingtaine de mètres, des pétards et des mortiers d’artifice (et non des mortiers de guerre…) volés à Evreux deux jours auparavant, probablement par des voyous locaux qui les leur ont revendus, sur la façade du commissariat. A l’intérieur de celui-ci, il n’y a pour assurer la sécurité des 100.000 habitants de l’agglomération que 5 fonctionnaires. Ils se déploient autour du bâtiment pour le protéger. Le petit groupe de jeunes n’est présent que sur un seul côté face à deux agents qu’une distance jamais inférieure à 15 mètres et une grille séparent d’eux. Le groupe se disperse et revient vers 2h30 du matin plus nombreux (environ une quinzaine) âgés de 12 à 18 ans, encapuchonnés plus que cagoulés, parfois reconnaissables, pour reprendre jets de pierre et pétards. Deux fonctionnaires, venus de la BAC d’Evreux, prêtent alors main forte aux deux agents présents sur le côté du bâtiment pour disperser les jeunes. Ils disposent de flashballs dont ils ne feront pas usage. Les jeunes rentrent chez eux. Il est trois heures du matin. Le commissaire de police, prévenu par les fonctionnaires de garde, en rend compte au Maire. Le bilan de l’incident est d’une vitre cassée. Des cailloux ramassés laissent apparaitre des ADN qui vont être exploités. L’affaire est close. La nuit suivante, il ne se passe rien.

Acte 2 : avec la sous-préfète des Andelys, le maire se rend au commissariat le lendemain matin. Aucun des fonctionnaires présents au cours de la nuit n’est présent, ce qui est normal puisqu’ils sont au repos. Une femme, la numéro 2 du poste, paraît cependant passablement fébrile. Elle croit « avoir entendu quelqu’un lui dire que quelqu’un a entendu quelqu’un dire les mots Allah Akhbar », mais, sous les regards sceptiques de ses subordonnés, n’insiste pas. Il lui est expliqué qu’il y a à peu près la même relation entre les jeunes suspectés et le radicalisme qu’entre Ben Laden et le Lido de Paris. Le fond du problème apparaît alors. Des syndicalistes de police ont rejoint leurs collègues et décrivent la situation du commissariat de Val-de-Reuil : un commissaire remarquable qui s’en va à Rouen, peu de cadres, 50% des effectifs manquant, une CAP qui s’est déroulée dans la semaine et a conclu à 30 départs pour 0 arrivée au commissariat. Si une situation semble explosive, c’est bien la situation sociale. Chacun comprend que l’incident va être amplifié et utilisé pour témoigner de la grande misère de la police d’une des quatre grandes villes de l’Eure. Le Préfet, contacté par le Maire, promet des renforts pour effectuer les missions dévolues au commissariat et des effectifs supplémentaires sont en effet dépêchées la nuit suivante où, comme à l’accoutumée, il ne se passe rien.

Acte 3 : les syndicalistes alertent la presse et, ce qui est compréhensible, présentent leur version apocalyptique de l’incident sans en fournir aucune des clefs. Les correspondants de deux journaux locaux reprennent l’information sans contacter qui que ce soit, ni voir les images. La nouvelle, grossie, déformée, se répand sur Internet. Elle est reprise de façon très « politique » sur lefigaro.net. Des milliers de commentaires haineux ou naïfs accompagnent ces publications. La fake news est lancée. Au mieux, pour ces diffuseurs, pourra-t-elle entrainer des incidents avec les mêmes jeunes flattés d’être ainsi considérés, pour trois cailloux, à l’échelle nationale. La boucle sera bouclée.

L’information est devenue en 24 heures désinformation. La rumeur peut se répandre. Il n’y a qu’une seule victime de cette conjonction de ragots et de bobards : une Ville de l’Eure dont les statistiques d’amélioration de la sécurité sont les meilleures du département. Que cela serve au moins à ce que le commissariat de Val-de-Reuil/Louviers retrouve des effectifs adaptés à ses missions. C’est la vérité qu’il fallait rétablir.

Fureur du syndicat incriminé qui se fend alors lui aussi d’un communiqué sur un style complotiste:

Sauf que les faits semblent confirmer les dires du maire et en particulier le peu de dégâts (sans vouloir excuser aucunement l’action):

Une vitre cassée

Selon la mairie, sept jeunes, après avoir vu un match de foot dans un café de la ville « décident de jeter, à une distance d’une vingtaine de mètres, des pétards et des mortiers d’artifice (et non des mortiers de guerre…) » vers le commissariat. Les cinq policiers présents à l’intérieur se déploient pour protéger le bâtiment puis « le groupe se disperse et revient vers 2 h 30 du matin plus nombreux (environ une quinzaine) âgés de 12 à 18 ans, encapuchonnés plus que cagoulés (…) pour reprendre jets de pierre et pétards », selon la ville.

Deux agents de la brigade anticriminalité viennent alors en renfort et dispersent les jeunes sans faire usage de leur lanceur de balle de défense (LBD) vers 3 heures du matin, d’après la même source. Le lendemain, lors d’une visite du maire et de la sous-préfète sur place, la numéro deux du commissariat « croit avoir entendu quelqu’un lui dire que quelqu’un a entendu quelqu’un dire les mots Allah Akhbar, mais, sous les regards sceptiques de ses subordonnés, n’insiste pas », est-il expliqué. « Le bilan de l’incident est d’une vitre cassée (…) L’affaire est close. La nuit suivante, il ne se passe rien », souligne la ville.

Mais du coup la tension se relâche immédiatement sur la fachosphère devant ce qui semble être une intox. Le flot de commentaires se taris extrêmement vite.
Pas de chance décidément pour nos propagandistes de l’extrême droite.

3) 4ème acte (retour vers l’affaire du Burkini)

On le voit les deux dernières affaires n’ont été guère fructueuses pour l’extrême droite. Alors pourquoi ne pas revenir sur l’affaire de l’acte 1 qui promettait tant? et cette fois, c’est « TV Libertés » qui s’y colle.
Le 29 juin, la page facebook du site fachosphérique pointe une capture d’écran issue de la page facebook de la fameuse association Grenobloise évoquée dans l’acte 1.

TV Libertés, burkini 2 le retour
TV Libertés, burkini 2 le retour

Ce qui pose problème à TV Libertés, c’est le commentaire que nous avons entouré en rouge sur la capture.
Indignation immédiate des sympathisants de la fachosphère, malgré que ce commentaire ne soit pas repris par d’autres poids lourds de la fachosphère. Le seul à le reprendre ce sera « Laurent Bouvet » du PR comme souligné par Isabelle Kersimon, journaliste avec qui nous échangeons des informations. Soulignons qu’elle aussi a trouvé ce commentaire extrêmement curieux et suspect.
Il faut dire que des cas de « faux profils crées pour la polémique » sont extrêmement courants. Toujours Isabelle Kersimon souligne que ces cas sont communs et connaissent souvent une grande viralité, comme nous l’avions nous même montré il y a quelques années dans un article.

Nous avons contacté l’association Grenobloise qui a été fort aimable de nous renseigner. Voici ce qu’ils nous ont appris. Ils ne connaissent pas cette personne, pour eux ce profil était nouveau. Il a pu émettre 4/ commentaires avant d’être identifié et banni de leur page par leurs soins, et ce avant que la polémique ne débute. Le fameux profil n’apparaît plus dans leur liste des « bannis » de leur page, ce qui prouve que le propriétaire a fermé son compte.
Enfin ils nous affirment condamner totalement ces propos.
La fermeture du profil a grandement handicapé nos recherches. Alors que savons nous aujourd’hui.
-Il s’agit d’un profil qui n’a publié que 4 ou 5 fois et uniquement sur la page de l’association Grenobloise
-Une fois bloqué, il a fermé son compte
-Personne n’a pu avoir copie du profil ni de l’avatar
-Les captures de l’avatar étant trop petites nous n’avons pu le faire identifier par google image. Ce qui nous aurait permis de montrer que la photo a été volée à un autre compte (si quelqu’un arrive à identifier la photo nous sommes preneurs)
-Les captures d’écran ne donnent aucune adresse URL
-Seule TV Libertés a pu faire une capture d’écran

C’est mince.

Mise à Jour du 02/07/2019
Mais la recherche paie. Le 2 juillet Isabelle Kersimon nous a contacté car elle a trouvé l’origine de la capture.
Il s’agit d’un citoyen ordinaire, manifestement engagé vers l’extrême droite au vu de ses abonnements twitter. Voici le cheminement de la capture:
Le 26 juin, 1ère publication:

26 juin
26 juin

Ce même jour, l’auteur de la capture « passe » celle-ci à Damien Rieu (des identitaires et attaché parlementaire de G. Collard) puis à un certain Jerémy Benhaïm, lui-même militant d’extrême droite pro Netanyahu. Aucun des deux ne retwittera le message:

Enfin le 29 juin, il le retwittera à Gilbert Collard lui-même, non plus sans reprise par celui-ci:

29 juin Collard
29 juin Collard

Qu’en conclure?
Rien du tout. On ne sait pas. Vrai profil ou profil troll, impossible de trancher objectivement. Nous aurions tendance à pencher pour un profil troll vu la brieveté d’existence de celui ci, comme « auto détruit » après avoir rempli sa mission. Mais après tout si les fanatiques d’extrême droite publie des horreurs, il existe bien aussi des fondamentalistes sectaires qui en publient.

Notons que le profil twitter qui a effectué les captures à été clos ce jour même vers 16h30, pendant que nous réalisions la mise à jour de cet article, pour une raison inconnue. Signalement ou clôture par son propriétaire, nous ne savons pas.

Pour conclure, nous n’oublierons pas de rappeler que dans tous les cas, les choix de l’extrême droite quant aux dénonciations de commentaires haineux sur internet sont particulièrement sélectifs!
Un de nos abonnés le rappelle par des exemples dans un twitt, comme exemple, et il a bien raison.

Commentaires haineux sur Fdesouche
Commentaires haineux sur Fdesouche

 

 

Auteur de l’article : Sutter Cane

Sutter Cane

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