17 août 2015 | 6 vues | Anti-intox, Hoaxes officiels des droites extrêmes

« Une » du « Petit Journal Catalan »: « faux et usage de faux ». Le directeur mis en examen.

Temps de lecture : 5 minutes

Une fois n’est pas coutume, nous sortons de quelques millimètres de notre credo. Quoique.
Un de nos lecteurs a attiré notre attention sur cette répugnante « UNE » du « Petit Journal Catalan », en nous demandant si il s’agissait d’un hoax:

 

 

Comme nous avions déjà eu un « petits souci » avec ce journal, nous y sommes allé sur la pointe des pieds.

Il s’avère que cette UNE est vraie. Alors pourquoi en faire un article?
Parce que le « Petit Journal Catalan » n’a pas réellement réalisé cet article. Il s’agit de son directeur et d’UN seul journaliste. Ce journal connaissant de gros déboires.

Tout à commencé par un article de Mediapart, reprit ici par « Arrêt sur Images »:

 

Détournement de fonds publics ? C’est, en creux, l’accusation contre la maire de Montauban, Brigitte Barèges que vient de porter un ex collaborateur : Jean-Paul Fourment. En décembre, ce dernier a reçu, suite à un désaccord politique, une convocation pour un entretien préalable en vue d’une sanction. Contraint de démissionner le 10 février dernier, il a décidé de parler : « depuis septembre 2012, j’ai fait quasi uniquement des articles politiques nationaux et locaux qui passent dans le journal local« , rapporte Fourment à Mediapart. Pire encore, Fourment affirme avoir été rémunéré « aux frais de la collectivité » – environ 3000 euros brut par mois -, dans le seul but d’écrire dans Le Petit Journal, mais aussi L’Insolent de Montauban. Le tout sous pseudonymes, évidemment. Selon Fourment, Barèges aurait, par son intermédiaire « mis en place un système de communication pro-Barèges » pour contrer l’opposition, entre septembre 2012 et décembre 2013.

Encore plus fort: En véritable rédactrice en chef, Brigitte Barèges commande, impose et corrige les articles au chargé de communication devenu journaliste à plein temps.

 

Affaire qui est en passe de très mal tourner au demeurant:

Alain Paga, gérant de la société « ARC EN CIEL », la société d’édition du Petit Journal a été placé en garde à vue mardi 16 juin. Cette décision a été prise suite à sa convocation à la Police judiciaire de Toulouse, sur ordre du Procureur de la République. En même temps, Brigitte Barèges, Maire de Montauban (Parti des Républicains), Stéphane Bensmaine, ex-chargé de communication et directeur de campagne, et Jean-Paul Fourment, ont également été mis en examen pour « détournement de fonds publics, complicité et recel de ce délit, faux et usage de faux ».
Alain Paga est le gérant et le directeur de publication des douze éditions du Petit journal dont celle diffusée dans les Pyrénées-Orientales. Une édition catalane contrariée depuis le 11 mai 2015, date à laquelle l’ensemble de la rédaction s’est mise en grève. Le motif était le non règlement des salaires et des rémunérations des correspondants, certains d’entre-eux n’ayant pas été payés depuis plus de quatre mois. A cette occasion, des salariés qui recevaient tous les mois un bulletin de paie, se sont aperçu qu’ils n’étaient pas déclarés. Cette situation avait fait l’objet, il y a trois semaines, d’entretiens avec des agents de la Direccte, la Direction du travail. Une enquête nationale avait été conduite sur le fonctionnement des douze éditions du Petit Journal. Une démarche qui a pu accéléré l’instruction conduite par le SRPJ de Toulouse. Celui-ci avait mené une enquête préliminaire concernant un emploi fictif liant la mairie de Montauban et l’hebdomadaire Le Petit Journal.
La mairie de Montauban, dirigée par Brigitte Barèges (Les Républicains), aurait rémunéré à hauteur de 3000 € brut par mois, un attaché de communication pour qu’il rédige dans Le Petit Journal des articles favorables à l’élue durant la campagne des municipales de 2014. Le 6 mai dernier, le Conseil d’Etat avait annulé la condamnation à un an d’inéligibilité de Brigitte Barèges, tout en considérant que des fonds de la mairie avaient été utilisés pour assurer une promotion électorale déguisée de Mme Barèges : « De nombreux articles, publiés entre septembre et décembre 2013 » dans l’édition tarn-et-garonnaise du Petit Journal, hebdomadaire du Sud-Ouest, « ont valorisé l’action » de la candidate et « ont été payés par la commune de Montauban ».
Les salariés du Petit Journal des P.O. affirment dans un communiqué : « Le Collectif de défense des travailleurs du Petit Journal reste, plus que jamais, mobilisé et rassemblé afin que la légalité républicaine soit respectée et appliquée »,  tout en posant la question : « Les douze éditions du Petit Journal peuvent-elles continuer de paraître avec un patron placé en garde à vue ? »
http://www.lasemaineduroussillon.com/actualites/2015/alain-paga-directeur-du-petit-journal-place%CC%81-en-garde-a%CC%80-vue-20678.html

 

Et pour finir la maire a été aussi mise en examen:

https://www.liberation.fr/politique/la-maire-de-montauban-priee-de-lacher-son-fauteuil-sur-le-champ-20210209_5L4IT4TTGFH6BGDIXXEHCXQM6Q/

Suite à ces mises en examen, le collectif en grève avait publié un communiqué:

 

Et d’ailleurs ceux ci prévoient un nouveau départ:

 

 

http://catinfo66.over-blog.com/2015/07/nouveau-depart-pour-le-collectif-du-petit-journal-catalan.html

 

 

Bien entendu nous avons contacté les grévistes, et voici leur dires:

 

Rappelons qui est Brigitte Barèges, maire de Montauban:

 

Mercredi, lors de l’examen en commission des lois de l’Assemblée nationale d’une proposition de loi socialiste pour «ouvrir le mariage aux couples de même sexe», la députée et maire UMP de Montauban (Tarn-et-Garonne) a lâché: «Et pourquoi pas des unions avec des animaux? Ou la polygamie?»

 

Mardi, lors d’une conférence de presse balayant différents aspects de l’action municipale, l’édile, par ailleurs membre de la Droite populaire, a déploré le manque de mixité dans les établissements scolaires de sa ville en ces termes : « On arrive à des écoles où les Montalbanais de souche ne veulent plus aller, parce qu’ils se trouvent confrontés à ces difficultés. »

 

Cette expression a été utilisée pendant longtemps par le Front national. La députée UMP Brigitte Barèges, membre de la droite populaire, a parlé de « préférence nationale » pour l’accès à l’emploi, lors d’une émission politique diffusée samedi sur France 3 Midy-Pyrénées.

 

« Je serais ravie pour Marine Le Pen qu’elle soit élue à l’Assemblée nationale, elle représente un courant permanent maintenant », a insisté la députée sortante. « C’est pas tout à fait normal qu’elle ait pas du tout de siège à l’Assemblée alors que les Verts, qui représentent quasiment rien, le Parti communiste, qui est de moins en moins important, puissent bénéficier de sièges », a-t-elle ajouté.

 

Résumons donc: pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre cette élue « Républicaine » et l’extrême droite, ce qui souligne une fois de plus l’extrême porosité entre les deux formations. Porosité des sympathisants, des élus et bien entendu des opinions (on ne va tout de même pas appeler cela « des idées », tout juste un relent réactionnaire raciste).

On ne s’étonnera donc plus des « une » affichées par le « Petit Journal » exclusivement tenu désormais par son directeur… Si celui ci par conviction idéologique (et peut être un peu d’argent-voir  l’enquête et le jugement à suivre; qui infirmerons ou confirmerons) a aidé Mme Barèges pendant son élection, on ne s’étonne pas de ses propres idées.

Autant dire qu’il ne faut pas prendre pour argent comptant ce qu’écrit ce journal désormais.
Et les Debunkers souhaitent à ses « survivants » de sortir de ce marécage d’idées.

Auteur de l’article : Sutter Cane

Laisser un commentaire