23 décembre 2021 | 1057 vues | Anti-intox, Inclassable, Les rumeurs / hoaxes historiques

LES FONDUS DU SATANISME (3): 666, le nombre de la bête

Satanique, nique, nique, nique…S’en allait tout simplement.

Traiter un tel sujet la veille de Noel a un gout particulièrement savoureux pour des athées convaincus comme nous. Un petit coté blasphématoire gratuit qui attaque non pas les chrétiens dans leur immense majorité, mais bien les intégristes qui bouffent du satanisme à tous les bols de corn flakes le matin, ou cherchent des traces de possession démoniaque chez leur concierge.

Pour autant ce n’est pas un sujet entièrement neuf pour nous puisque nous l’avions effleuré dans un article précédent concernant la « luciférine ». Et déjà tout ce que nous allons développer dans cet article affleurait déjà. Et ca ne s’améliore pas.
Et une fois cet article lu peut être, comme l’auteur aurez vous en tête le prélude de la fameuse chanson d’Iron Maiden:

Woe to you O’Earth and sea
For the devil sends the beast with wrath
Because he knows the time is short
Let him who hath understanding, reckon the number of the beast

For it is a human number
Its number is six-hundred and sixty-six

1) »666, le nombre de la bête » késako?

Ces vers sont tirés de l’Apocalypse de St Jean de Patmos écrite vers la deuxième moitié du 1er siècle après Jésus Christ. Pour le christianisme, la Bible est divisée en deux parties : l’Ancien Testament (appelé « Bible hébraïque » ou « Tanakh » dans le judaïsme) et le Nouveau Testament. Le Nouveau Testament (en grec ancien : Ἡ Καινὴ Διαθήκη / Hê Kainề Diathếkê) est l’ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus et à l’enseignement de ses premiers disciples qui ont été reconnus comme « canoniques » (Le canon biblique (du grec ancien κανών, kanôn signifiant « canne, roseau » et « règle ») désigne l’ensemble des textes considérés comme sacrés ayant conduit, sur plusieurs siècles, à l’établissement de la Bible, suivant principalement les rites juifs et chrétiens. )par les autorités chrétiennes au terme d’un processus de plusieurs siècles. La liste des textes retenus par l’Église pour former le Nouveau Testament a été fixée en 363 lors du concile de Laodicée ; cependant, elle ne comprenait pas encore le texte de l’Apocalypse.

Le Nouveau Testament comprend, selon l’ordre du canon occidental :

Certaines Églises orthodoxes n’ont pas inclus l’Apocalypse dans leur canon.

On le voit l’Apocalypse ne fait pas partie des 4 textes princeps des Évangiles, quant à son origine elle est pour le moins nébuleuse.

L’œuvre aurait été composée vers la fin du 1er siècle par un auteur judéo-chrétien qui, selon le préambule, est prénommé Jean. Celui-ci se trouve dans l’île de Patmos lorsqu’il reçoit plusieurs visions, qu’il raconte en détail. La tradition l’a parfois identifié avec l’apôtre Jean, fils de Zébédée, auquel on a également attribué le quatrième évangile canonique, ou encore à un certain « Jean le Presbytre », c’est-à-dire « l’Ancien ». Ces débats antiques témoignent de différentes traditions concernant l’origine du texte, dont la canonicité n’a pas toujours été reconnue par toutes les confessions chrétiennes.

Pour les historiens contemporains, l’auteur de l’Apocalypse reste inconnu. Mais il y a débat pour savoir si les deux textes, l’Évangile selon Jean et l’Apocalypse peuvent provenir d’un même milieu dit « johannique ».

La littérature apocalyptique est une littérature de résistance par laquelle les visionnaires font à la fois entendre un message d’interpellation, en portant un regard critique sur le monde dans lequel ils vivent, mais aussi d’espérance pour des groupes fragilisés qui sont ou se sentent opprimés. L’Apocalypse de Jean s’adresse à son auditoire dans un langage symbolique qui permet de discourir sur l’action divine et l’avènement d’un nouveau monde, ainsi que de représenter la réalité transcendante dont il rend compte.

Le langage et les codes utilisés visent des auditoires particuliers et ciblés dont les élus peuvent comprendre les images, qui ne sont toutefois pas pour autant ésotériques. Celles-ci sont en effet parlantes et claires pour les auditeurs du 1er siècle, lesquels sont habitués aux références vétérotestamentaires, aux Écritures judaïques et aux allusions métaphoriques sur la situation politique ou culturelle du temps. Ce langage symbolique doit d’ailleurs éloigner de toute interprétation littérale du texte : son objet n’est pas de proposer un déroulement de faits chronologiques mais plus résolument d’annoncer un message salvateur dans l’histoire des hommes, la victoire de Dieu et du Christ sur Satan et les forces du mal dans un texte qui ne peut être reçu que dans son entier plutôt que découpé en analyses spéculatives sur les symboles de passages isolés, par essence anachroniques appliqués à un autre temps que le 1er siècle auquel il est destiné, et souvent farfelus.

Un « nombre de la Bête » figure dans le texte au chapitre 13, verset 18. Ce nombre est « six cent soixante-six » ou, en chiffres arabes, « 666 », quoique quelques manuscrits comportent le nombre « six cent seize » ou « 616 » ou encore « 665 ».

Cette marque relevant de la spéculation littéraire chiffrée commune au genre littéraire apocalyptique doit permettre d’identifier la Bête de l’Apocalypse – sans qu’il soit précisé laquelle – dans une symbolique, déjà présente dans le livre de Daniel, qui représente un pouvoir politique. Ce nombre de la Bête a donné lieu à nombre d’interprétations à travers les siècles.

Les versets de l’Apocalypse de Jean concernant la Bête et son « nombre » ou son « chiffre »  figurent dans le chapitre 13, versets 11-18. Les versets 17 et 18, en grec ancien, sont les suivants :

« 17 καὶ ἵνα μή τις δύνηται ἀγοράσαι ἢ πωλῆσαι εἰ μὴ ὁ ἔχων τὸ χάραγμα, τὸ ὄνομα τοῦ θηρίου ἢ τὸν ἀριθμὸν τοῦ ὀνόματος αὐτοῦ. 

18 ὧδε ἡ σοφία ἐστίν· ὁ ἔχων νοῦν ψηφισάτω τὸν ἀριθμὸν τοῦ θηρίου, ἀριθμὸς γὰρ ἀνθρώπου ἐστίν· καὶ ὁ ἀριθμὸς αὐτοῦ ἑξακόσιοι ἑξήκοντα ἕξ. »

La traduction de la Bible du semeur donne la traduction suivante pour les versets 15 à 18 :

15 [Il fut] même donné [à la seconde bête] d’animer l’image de la [première] bête, et l’image se mit à parler et elle faisait mourir ceux qui refusaient de l’adorer.

16 Elle amena tous les hommes, gens du peuple et grands personnages, riches et pauvres, hommes libres et esclaves, à se faire marquer d’un signe sur la main droite ou sur le front.

17 Et personne ne pouvait acheter ou vendre sans porter ce signe : soit le nom de la bête, soit le nombre correspondant à son nom.

18 C’est ici qu’il faut de la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence déchiffre le nombre de la bête. Ce nombre représente le nom d’un homme, c’est : six cent soixante-six. »

Par la suite, la « marque » (en grec : χάραγμα – charagma) est encore évoquée à cinq reprises, mais sans autre précision : un ange promet aux porteurs de la marque qu’ils boiront « le vin de la fureur de Dieu » (14:9) ; quiconque a accepté la marque « ne connaîtra aucun repos » (14:11), se trouve frappé d’un « ulcère malin et douloureux » (16:2), eux qui avaient été trompés par les signes du faux prophète (19:20). Enfin, elle est évoquée négativement : ceux qui n’ont pas reçu la marque, les martyrs et les élus, vivent et règnent avec le Christ pendant mille ans (20:4).

La marque de la Bête relève de la spéculation littéraire chiffrée, commune chez les auteurs d’apocalypses, doit permettre d’identifier la Bête de l’Apocalypse — sans qu’il soit précisé laquelle — dans une symbolique qui représente un pouvoir politique, déjà présente dans le Livre de Daniel dont l’auteur de l’Apocalypse de Jean prend l’intégralité du bestiaire.

L’identification de la Bête par son chiffre est généralement interprétée soit par la symbolique des nombres, soit des explications algébriques et, le plus souvent, par la guématria. Dans l’isopséphie grecque et la gematria hébraïque, chaque lettre a une valeur numérique suivant son rang dans l’alphabet, et le chiffre d’un nom est le total de ses lettres, une approche dont Juifs comme Gréco-Latins sont familiers.

De nombreux calculs, toujours aléatoires, ont été faits à partir de ce chiffre pour tenter d’en découvrir le sens, proposant plusieurs identifications de la Bête dans des débats qui ne pourront en définitive pas être tranchés, ce qui est probablement l’intention de l’auteur…

Et maintenant rappelons ce que nous disions dans le premier article où nous affleurions ce sujet:

Lorsque le conspirationnisme tente d’expliquer un fait, il favorise très souvent l’ésotérisme et le mysticisme. La science ne fait pas exception. Pour les conspirationnismes, la science n’est qu’un point de vue comme un autre et qui est souvent une religion. De préférence sataniste, vous l’aurez compris.
Le complotisme d’extrême droite semble de plus en plus s’orienter vers un corpus new age.
Et là dedans la symbologie à deux balles, la numérologie bidon et l’ésotérisme grotesque tient sa part. Pour les conspirationnistes, repérer un « signe » mystique, c’est le Graal. Comme ils sont convaincus que leurs adversaires imaginaires sont satanistes/illuminatis et autres, c’est une sorte de preuve qui vient conforter leurs croyances. Le problème qui en découle est double.

1) Comme à leur habitude, ils tentent de prouver leur conclusion par…leur conclusion. Comme ils sont convaincus de leurs croyances, ils attribuent des sens cachés abusifs à des choses/événements qui n’en ont pas forcément. En clair, ils voient des signes là où il n’y en a pas. Souci supplémentaire, c’est que si vous niez cela, c’est que vous n’êtes pas encore un « illuminés qui a fait ses propres recherches » ou pire encore vous faites partie du complot.
Ces « reconnaissances abusives » sont pour eux la preuve que vous faites partie d’une communauté éclairée qui elle a compris ce que le vulgus pecum ignore encore. Vulgus Pecum qui sera reconnaissant d’être enfin éclairé par ces « justiciers de la vérité ». Cela leur donne un beau rôle d’élite éclairée, un rôle quasi messianique qui conforte cette idée d’un camps du « bien objectif » auquel eux appartiennent et d’un camps quasi non humain d’ennemis maléfiques. Rien de mieux qu’un méchant paré de toutes les horreurs pour souder une communauté.
2) Leurs interprétations sont bancales. Voire complètement fausses.

Pour illustrer notre propos sur notre premier point, nous vous rappellerons cette micro affaire d’un « proto complotiste » d’il y a quelques années ayant -heureusement- sombré dans l’oubli. En lisant cette histoire on y comprend bien l’envie du protagoniste: les antifas utilisent -nécessairement- la numérologie. Alors qu’il est bien évident que c’est le hoaxeur qui en est « obsédé » et qui applique une grille de lecture personnelle bancale à une affaire.

Et puis lorsque certains lui objectent qu’il devrait arrêter les psylocibes (et pourtant c’est pas le plus brillant de la bande-loin de là), le FF (facho fâcheux) lui répond:

SS1.jpg

Puis sûr de son raisonnement foireux, il nous assène l’argument qui tue:

SS2.jpg

Quant au deuxième point, l’illustration est plus récente avec cette affaire. Confondre Anubis le dieu égyptien des morts avec un oryctérope, il faut quand même le faire.

On a donc affaire chez ces gens à un mélange de paranoïa et de pareidolie. Ajoutons que la pareidolie est un phénomène neuro comportemental qui favorise les théories du complot. Et à ce niveau là on pourrait même parler d’apophénie.

Maintenant que nous avons débroussaillé le contexte, entrons dans le « dur » et voyons un peu ce que font nos comploplos d’écrits déjà bien cryptiques.

2) Interprétations « d’hier »

Si le contexte épidémique actuel a favorisé une résurgence tous azimut de ce thème de théories du complot,  il ne faut pas croire que celle-ci a « surgi » de nulle part lors de la pandémie.
Les obsédés du complot sataniste préexistaient cette pandémie.
Nous en voulons pour exemple, celui qui est peut-être LE chanteur phare des complotistes, « Rockin’ Squat » pour ne pas le nommer. Ou de son vrai nom Mathias Cassel. Un chanteur qui mèle paroles de « libération sociale » et complotisme. Du coté de la complosphère soralienne. Et il le revendique. En 2016, il préface Obscure Époque, un livre de l’idéologue panafricain antisémite Kémi Séba dont il est proche.

Depuis 2004, avec les morceaux « Démocratie Fasciste » et « L’évidence (démocratie fasciste article 2) » mais aussi surtout 2007, avec le morceau « Illuminazi 666″ , il développe des thèses relevant des Théories du complot. Dans le morceau Illuminazi 666, il parle d’une conspiration mondiale, d’une oligarchie secrète qui contrôlerait le monde et l’histoire. Il affirme que  » toutes les guerres sont voulues et financées » et cite des noms de sociétés secrètes (le 33ème degré, Skull & Bones, le groupe OTO, le concile des treize, le club de Rome, etc.) qui porteraient un culte secret à l’occulte et dans lesquels plusieurs personnalités seraient impliquées. Il cite également les noms de riches et puissantes familles (MacDonald, DuPont, Rockefeller, Duke, Astor, Dorrance, Baker…), les accusant de contrôler le New World Order » (Nouvel Ordre Mondial en français) .

En 2009, dans sa chanson Le Pouvoir secret, il affirme que la famille royale d’Angleterre n’est pas anglaise et qu’elle détiendrait un pouvoir occulte (des propos comparables à la thèse de l’américain Lyndon LaRouche), il cite le livre Symphonie en rouge majeur traduit en 1952 par le franquiste espagnol Mauricio Karl et questionne l’auditeur, suggérant l’implication d’une autre famille, la famille Rothschild, en se demandant « Rothschild est-elle la famille qui a financé la nazisme ? Qui a créé le communisme et qui gère le capitalisme ? » ; il parle de « police internationale des Illuminatis » à propos de l’ONU et de l’OTAN.
Bref un complotiste bien proche de l’extrême droite.
Et voici le fameux morceau qui nous le fait citer dans cet article « Illuminazi666 »:

Trop de gens ne voient rien
Trop de gens ne comprennent rien
Aveuglés par la soumission
Leur plan global, la conspiration mondiale
Bienvenu là où l’info n’est pas donné par le sheitan
C’est Squat, Squat, nigga what? Nigga what?
Le cartel des banques ne contrôle pas mon rap
Illuminazi 6-6-6 comme sur l’billet d’un dollar, 1-7-7-6
Leur technique, instaurer la confusion, centraliser l’pouvoir, contrôler l’information
FBI, CIA, MI5, MI6, Britishs et Cains-ri se piquent avec le même fix
Bon revoyons l’histoire et broyons vos cerveaux
De Hitler à Ben Laden, de Skull & Bones à OTO
Toute les guerres sont voulues, toutes les guerres sont financées
Depuis Napoléon, les sociétés sont impliquées, hé
Renseigne-toi sur le trente-troisième degré, hé
Renseigne-toi sur Aleister Crowley
Churchill, Roosevelt, le duc de Kent, David Rockefeller ou sur Gorbatchev
Ils sont tous impliqués dans ces sociétés secrètes
John Kerry, George Bush, Tony Blair, Elisabeth
Grande Patronne du trafic d’opium
Demande à William Huntington Russell, si j’déconne
Prescott Bush était l’banquier d’Hitler
Et la duchesse de Kent a un officier SS comme père
Illuminazi 6-6-6, l’histoire revisitée dans mon mix, mix, mix
Y a pas d’attentats que des bénéfices, l’aristocratie royale, 6-6-6
Illuminazi 6-6-6, le mensonge démasqué dans mon mix, mix, mix
Y a pas d’guerres que des bénéfices, les Bankers, le cartel, 6-6-6
Skull & Bones pratique des rites sataniques
Vénère Jabulon le nom de diable pour les juifs
Magog est le nom de George Bush dans leurs rites
C’est l’nom d’l’armée d’Satan, aïe, aïe, y a un hic
La statue d’George Washington a la même posture que l’diable
Bienvenue là où il faut lire le message subliminal
Ils ont profané la tombe de Geronimo, en ont pris ses os, et en ont fait une déco
Il n’y a pas d’USA sans Columbia, partout où tu vois c’logo, méfie-toi
Comme tu devras t’méfier quand on t’parle de terroristes
Néron parlait des chrétiens et Hitler des communistes
Moi, j’écoute Jordan Maxwell car il sait de quoi il parle
Moi, j’écoute Anthony Adam car il sait de quoi il parle
Si tu n’entends pas parler d’eux, c’est qu’ils savent de quoi ils parlent
Et ton disque de rap de merde ne sait pas de quoi il parle
Ils ont tué Kennedy, et l’ont retué Kennedy
Pourtant, la famille Kennedy était illuminati
La Warren commission était formée d’francs-maçons
Donc Lee Harvey Oswald était coupable d’toute façon, hé
Pose-toi la question pourquoi le Royaume-Uni
N’est pas passé à l’euro comme tous les aut’ pays
Pour l’pouvoir et la thune, ils sont prêts à toute attaque
Comme bombarder les Kurdes, c’est 40% du pétrole d’Irak
Illuminazi 6-6-6, l’histoire revisitée dans mon mix, mix, mix
Y a pas d’attentats que des bénéfices, l’aristocratie royale, 6-6-6
Illuminazi 6-6-6, le mensonge démasqué dans mon mix, mix, mix
Y a pas d’guerres que des bénéfices, les Bankers, le cartel, 6-6-6
L’occulte secret d’l’oligarchie qui contrôle le monde
Est invisible à la masse cachée sous les décombres
De l’histoire écrite pour le contrôle
La démocratie fasciste a souvent le premier rôle
Moi, j’accuse les McDonalds, les Duponts, les Rockfellers
Les Ducks, les Astors, les Derens où bien les Beckers
D’êt’ des familles qui contrôlent le New Order
J’vous mets au défi d’prouver l’contraire (motherfuckers)
Perdre ton temps sur internet à dire que Squat est faux
Pendant qu’tu t’branles sur internet, moi, j’ramène les vraies infos
Le groupe OTO où le concile des 13
Le club de Rome voilà ce qu’ils pèsent
Si tu t’attaques à la bourgeoisie, attaque-toi à ceux qui pèsent
Et arrête ton discours bidon « j’suis la rue et je vous baise »
Car tu baises personne dès lors qu’t’as un téléphone
Un numéro d’sécurité social, un passeport pour Babylone
Une carte magnétique à puce numérique
À l’heure du digital, tous captés par satellite
T’es gué-lar, comme ceux qui croient encore
Qu’le 11 septembre c’est Ben Laden qui a fait péter l’décor
C’est comme croire qu’les camps d’concentrations nazis
N’avaient pas l’appui des alliés et des États-Unis
Tout n’est que gouille-ma, vérifie, tout est là
De l’État d’Israël aux affaires France-Africa
Illuminazi 6-6-6, l’histoire revisitée dans mon mix, mix, mix
Y a pas d’attentats que des bénéfices, l’aristocratie royale, 6-6-6
Illuminazi 6-6-6, le mensonge démasqué dans mon mix, mix, mix
Y a pas d’guerres que des bénéfices, les Bankers, le cartel, 6-6-6
6, 6, 6…
On remarquera au passage une -légère- obsession pour le complot judéo maçonnique, ce qui n’est guère étonnant…
Il parle également de la soit disant ressemblance entre la statue de Washington et de Baphomet, infox démontée ICI par nos soins. Et cite deux théoriciens du complot Jordan Maxwell et Anthony Adam. Le premier est connu pour ses nombreuses foutaises concernant la symbolique ésotérique, mais aussi pour avoir participé au film antisémite « Zeitgeist« ; le second est considéré comme une référence par les théoriciens du complot du monde entier.
Dans tous les cas, on le voit bien ici les délires avec le 666 des complotistes n’est pas d’hier.
Petit rappel:
  • Le premier Apple 1 a été vendu à 666,66 dollars. Et la machine n’avait pas comme seule particularité d’être un des premiers ordinateurs personnels introduits sur le marché : son prix, de 666,66 dollars exactement, a suscité de nombreuses réactions. Car le trio de six est connu pour être « le nombre de la Bête ».

Mais lorsqu’il a été interrogé à ce sujet, Steve Wozniak a par deux fois nié connaître le sens religieux de ce nombre au moment de décider du prix d’Apple 1. Il a expliqué avoir défini le prix de l’ordinateur en fonction du coût de production. Steve Jobs l’aurait ensuite incité à rajouter les deux six après la virgule pour attirer l’œil.

  • Le code barre

 

 

 

 

 

 

 

 

Sans entrer ici dans des considérations techniques inutiles pour notre article, sachez seulement que les lignes (gauche, milieu et droite) correspondent au chiffre 6,6,6. C’est le système monétaire international. Lors d’une interview, George Laurer, l’inventeur du Code-Barre, a répondu à plusieurs questions, notamment à celle concernant le nombre 666 du code-barre.

« Oui, a-t-il déclaré, ils ressemblent au code 6…Il n’y a rien de sinistre à propos de cela comme il n’y a aucune connexion avec la « marque de la bête » biblique. C’est simplement une coïncidence comme le fait que mon nom de famille, mon prénom et mon deuxième prénom comportent tous 6 lettres. Il n’y a aucune connexion avec le système monétaire international non plus…  » Et son dernier mot : « je suis désolé, mais à partir de novembre 2000, je ne répondrai à aucune question à propos du C.U.P et du Nouveau Testament.  »

  • Google
Google=666

Google a souvent été accusé d’espionnage pour les « Illuminati », et a été traité par certains d’ « empire satanique ». Des complotistes ont même souligné la possibilité que le logo du logiciel de navigation de Google Chrome comporte les numéros 666.

  • Coca Cola

– Le nombre 666 serait incorporé dans les lettres cursives du logo.

– L’adresse de Coca-Cola à Los Angeles est 666, rue Union St Montebello. Waco (Texas).

– Le numéro de téléphone du siège de la compagnie en Amérique du Nord est aussi marqué par le 666.

  • Walt Disney
Walt Disney=666

Le logo de la firme contiendrait la fameuse symbolique. Amis de la paréidolie, bonjour!

  • Rotschild
Mouton Cadet Rotschild=666

Enfin c’est au tour de la baronne Philippine de Rotschild de porter des symboles sataniques, 666 et Baphomet ensembles…

Mais aussi Adobe Reader, Kellog’s, Kleenex, etc…

3) Les interprétations fumeuses actuelles des complotistes

Ce n’est pas nouveau, nous l’avons déjà vu avec nos deux articles sur les fondus du satanisme: « Baal »/ »Moloch » et « Baphomet« , nos complotistes n’ont AUCUN sens de la chronologie historique et ne cherchent pas à s’embarrasser de vraisemblance théologique. En même temps « vraisemblance » et « théologique », c’est quelque peu antinomique. Mais comme dit plus haut, ils vont triturer les faits pour adapter un texte de 2000 ans pour tenter de prouver que EUX ont « de l’intelligence » puis qu’ils ont décrypté le fameux « nombre de la bête ». oubliant au passage que l’Apocalyspe est à replacer dans le contexte du 1er siècle. Et que leur adaptation est proprement grotesque.
Tentons de regrouper et de donner du sens à leurs délires ce qui n’est pas simple.
Et on est parti.

a) Le contexte covid

Nous l’avons déjà dit plus haut, l’Apocalypse avait été écrite dans un contexte particulier:

La littérature apocalyptique est une littérature de résistance par laquelle les visionnaires font à la fois entendre un message d’interpellation, en portant un regard critique sur le monde dans lequel ils vivent, mais aussi d’espérance pour des groupes fragilisés qui sont ou se sentent opprimés. L’Apocalypse de Jean s’adresse à son auditoire dans un langage symbolique qui permet de discourir sur l’action divine et l’avènement d’un nouveau monde, ainsi que de représenter la réalité transcendante dont il rend compte.

Il n’est donc guère étonnant qu’en ces temps pour le moins troublé, les complotistes reprennent cette vieille antienne. On se rappellera que parmi les 4 Cavaliers de l’Apocalypse figure « Pestilence », la maladie restant une des peurs fondamentales de l’humanité. 4 à l’origine, mais aujourd’hui 5 grâce à l’humour éclairé de Bill Bramhall du « New York Daily News »

Le 5ème Cavalier: la désinformation
  • Le nom du virus Covid

Nous l’avons vu plus haut, les intégristes raffolent de la gématrie, et en usent et surtout en abusent. Exemple:

covid=666

On notera une allusion cryptique à un « brevet de Bill Gates » sur lequel nous reviendrons plus loin. Et enfin nous sommes très surpris d’apprendre que la bière « Corona » est satanique…

  • Le vaccin

Comme déjà vu dans un précédent article, les complotistes affirment (sans aucune preuve et en dépit du bon sens) que les vaccins contiendraient des choses pour le moins « exotiques ». il n’est donc guère bizarre de voir associer un soin à une marque satanique:

vaccin=666

On passera sur l’efficacité supposée du « système immunitaire du créateur » invoqué par le posteur en rappelant simplement les horreurs des épidémies passées.

  • Le graphène

Et oui souvenez vous, le vaccin est censé en contenir sous différentes formes et parfois sous des formes « alien », l’imagination mortifères des complotistes n’ayant pas de limite. Il semble que pour les complotistes, le graphène soit devenu le « c’est quantique » de la branche chimie… C’est à dire un mot « magique » dont on n’a pas idée de ce que c’est et qui remplace le « abracadabra » des temps passés.

graphène=666

Dans le même style que la corona satanique au dessus, on est heureux d’apprendre que l’élément carbone à la base de toute vie connue est LE signe de la bête. C’est stupide? Oui, ca l’est.

Mais ce n’est pas tout, toujours plus fort certains affirment qu’en fait le nombre de la bête se cacherait en fait dans un brevet de signature numérique (le fameux brevet cité un peu plus haut) inventé par « Bill Gates  » (le revoilà) et à base de… graphène, on y revient.

5g=666

Bien sûr ce graphène sera activé par la 5G. pour un complotiste, tout se tient. De façon complètement bancale, mais ca se tient!

Komparhazarre !!!

C’est même des fois tellement bancal que c’en est pété par terre. Là un bel exemple de gloubi boulga complotiste sans aucun sens:

pape=hitler=graphene=666

Le lien entre Hitler, le Pape, le graphène et 666? Ah mais on ne sait pas, mais lui est sûr d’avoir compris alors…

  • Les « pass sanitaire/vaccinaux »

Pour les complotistes la cause est entendue. Sans ces modèles de pass, tu ne peux consommer à ta guise (restaurants, cinémas, etc…) DONC c’est la marque de la bête qui selon l’Apocalypse te permet d’acheter et de vendre:

  • Divers

Car enfin à n’importe quelle occasion tu peux ressortir cette carte du « 666 », comme par exemple dans une pub de promotion espagnole de la vaccination diffusée récemment:

pub vaccin=666

INCROYABLE effectivement.
Pub que voici:

Apparemment l’infox a surgi par l’intermédiaire d’un site intégriste espagnol pour le moins véreux.

Renovatio21, site ultra catho

Mais nous ne connaissons pas, à ce jour la signification de ces petits signes. Nous avons contacté plusieurs rédactions espagnoles pour en savoir plus.

b)Les « personnalités »

Et oui si il y a « nombre de la bête », il y a « bête » elle même et « l’antéchrist » de la prophétie. Et devinez qui remporte la palme?

Et tant que nous y sommes, qu’est ce que ce « fameux » brevet dont serait responsable Bill Gates?
Et bien vous allez voir c’est fascinant. Au début de la pandémie, les complotistes ont accusés Bill Gates d’avoir conçu un brevet de nanopuces destinées à être mises dans les vaccins. Brevet numéroté  « W0 2020/060606 A1 » déposé par Microsoft le 26 mars 2020, de quoi rendre la population « localisable par les autorités à tout moment du jour et de la nuit » via leurs téléphones et le « réseau 5 G ».
Et de un, le rapport avec « 666 » est quand même assez lointain… Et de deux dixit AFP Factuel, ce fameux brevet déposé par Microsoft, consultable en ligne, « ne traite ni de la 5G, ni des vaccins, ni des nanoparticules ». Il « schématise un système de production de cryptomonnaie qui n’a aucun lien avec la vaccination ou le nouveau coronavirus ».
Et c’est là qu’est l’acrobatie.
Comme les comploplos se sont retrouvés contrés sur cette histoire de puce, ils ont changé leur fusil d’épaule et finalement accusé un système de cryptomonnaie qui deviendrait universel et ne permettrait les achats/vente que par son biais. On reste dans l’Apocalypse, mais on ne s’excuse pas de changer de version…

c)Les inclassables

Reste donc à jeter un coup d’œil à ce que nos complotistes peuvent trouver aujourd’hui pertinent d’associer à la prophétie de St Jean de Patmos.

  • Ottawa

Trouvé sur le compte du complotiste « Guy Boulianne« , il détonne un peu avec le reste. Nul doute qu’il correspond aux obsessions personnelles de l’auteur sur la capitale fédérale canadienne et ses penchants pour le complot communiste et l’ésotérisme:

Ottawa=666

Et pour conclure deux exemples d’un infox qui tourne actuellement sur des statues -forcément- liées au satanisme de la bête (d’après leurs auteurs):

« Boulianne » cité ci dessus fait aussi un article là dessus. Et un bref coup d’oeil à google vous donnera une idée de la viralité de l’infox!
Et pourtant, rien à voir avec la « bête » du jugement dernier.
Il s’agit d’une statue « Alebrije » donnée à l’ONU par la province d’Oaxaca au Mexique qui en a fait une spécialité culturelle artisanale. Cette statue et d’autres sont exposées dans un festival de rapprochement entre la ville de New York et de l’art Zapotèque mexicain.
On est bien loin de l’Apocalypse donc.

CONCLUSION

On l’a vu dans cet article la littérature apocalyptique est liée à la contestation sociale du moment. Nul mystère donc que ce moment de pandémie propice à ces contestations (parfois justifiées) soient complètement phagocytées par la complosphère. Le tout dans un festival d’affirmations sans queue ni tête, mai qui ne dépareillent pas la prophétie originelle.
Encore une fois, ne négligeons pas le phénomène de synergie entre complotistes que ce style d’infox procure. Les complotistes peuvent ainsi partager une même vision prophétique de la réalité et se retrouver adouber par un groupe. Il n’est pas étonnant non plus que ce style de théories du complot trouve un écho dans cette société minée par un complotisme mystico traditionnel mélé de new age.
Enfin ce type de fake news permet au complotiste qui la publie de se sentir parmi « les élus ». La prophétie elle-même n’indique t’elle pas que c’est « celui qui a de l’intelligence » « calcule le nombre de la bête »? Un bel exemple d’auto narcissisation…

Auteur de l’article : Sutter Cane

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