03 septembre 2023 | Temps de lecture : 15 minutes

Les fantasmes de la « Grande Russie » Vs la réalité de la Russie

Sa Tsaricité Poutine 1er (17)

Un des points cruciaux de la propagande russe, relayée dans les pays occidentaux, et bien sûr en France, c’est de présenter la vie en Russie sous un jour extrêmement favorable. Si on écoute ces petits propagandistes, directement issus des propagandistes soviétiques, la Russie est un pays où coule « le lait et le miel » selon l’expression biblique. 

Paix et Prospérité

C’est un classique des régimes dictatoriaux totalitaires.

La propagande soviétique présentait l’URSS comme un pays d’abondance:

Cependant, le RS ne se réduit pas à un art de propagande, à une « bibliothèque rose », selon l’expression de Camus, ce n’est pas non plus un style ou un courant littéraire traditionnel : sa fonction première est de produire une nouvelle réalité, appelée socialisme, de nouvelles valeurs symboliques, au moyen de procédés esthétiques (romantisation, typisation, enjolivement, idéalisation, etc.) De fait, si l’on évacue le RS de l’époque soviétique, si l’on élimine les romans sur l’enthousiasme des grands chantiers, la joie au travail, les films sur la vie heureuse, les chansons et les tableaux peignant la grandeur et l’abondance du pays, que reste-t-il ? – demande de nos jours un chercheur – La grisaille et la peur du quotidien, les difficultés de la vie matérielle. « Le RS est une machine de transformation de la réalité soviétique en socialisme ». Il déréalise la réalité pour en créer une nouvelle. L’avenir radieux est montré comme présent. Les nostalgiques actuels de l’époque stalinienne se nourrissent précisément des chansons et des films de cette époque, et se réfugient dans cette autre réalité créée par le RS, qui est un simulacre au sens de Baudrillard.

Les régimes fascistes et nazis n’ont pas fait autrement.

Et aujourd’hui, le régime poutinien qui s’enfonce progressivement dans la dictature et le totalitarisme ne fait pas exception.

Notre sauveur

I)Une réécriture de la réalité

1)Négationnisme au pouvoir

Depuis quelques jours, on commence à entendre parler d’inquiétantes impressions de livre d’histoire en Russie. Ce n’est pas nouveau, c’est une tendance générale depuis l’avènement de Poutine. Et cette propagande est relayée en France par les comptes proxy du Kremlin qui relayent les faux exploits de sa tsaricité Vlad 1er, que ce soit ses « exploits économiques« , la Grande Guerre Patriotique, les soit-disant citations du grand homme Poutine, etc…
C’est une propagande tous azimut; et de façon remarquable, certains propagandistes français transforment la réalité russe pour la rendre conforme à la visions française, par exemple sur l’Islam.
La dépense de la Russie sur la propagande est tout simplement colossale et en 2018, la propagande dirigée vers l’extérieur atteignait 1 milliard d’euros par an! Elle s’élèverait à 1,7 milliard aujourd’hui, pour des résultats assez médiocres.
Et aujourd’hui, on assiste à une réécriture totale de l’histoire dans les manuels scolaires.

Bien entendu ce nouveau programme scolaire est accompagné de menaces à qui tenterait de s’en extraire, caractéristique des vrais régimes totalitaires.

Disons le c’est une application à grande échelle d’une notion présente dans les extrêmes droites françaises: le roman national.

Histoire de France par Duruy

C’est un très grand classique de la propagande fascisante.
Certains candidats en France font des ces mensonges une ligne directrice politique:

Cet extrait est significatif. Zemmour assimile le travail des scientifiques utilisant des sources et une méthodologie à une propagande contre laquelle on doit lutter. Comme Trump, on assiste à un numéro de réalité alternative. Adossé à une méthodologie de complotiste propagandiste. Là aussi c’est un classique. Que ce soit en URSS, ou dans le 3ème Reich; des fonds sont alloués pour imposer une « science d’état » alternative. Que ce soit, bien entendu une science historique et sociologique; mais aussi en physique.
Les chercheurs peuvent devenir de véritables ennemis du régime.

Revenons à la Russie.
Un des fondements idéologiques du régime poutinien est le « clash civilisationnel« , sans doute inspiré de l’ouvrage grotesque de Huntington: « le Choc des Civilisations« . Un livre tout d’abord considéré comme inspirant par le RN, avant d’être finalement rejeté. Officiellement, car ses tenants et aboutissants restent un principe politique au RN. Quand à Zemmour, il en est adepte:

Concept qu’il connait d’ailleurs fort mal et adapte à sa sauce.

2) Le « clash civilisationnel russe »

Huntington affirme que la confrontation idéologique mondiale entre le capitalisme et le communisme (une ligne de fracture qui traverse les sociétés et les continents) a été remplacée par un retour au jeu ancien et quelque peu oublié dans lequel les peuples et les cultures se battent pour leurs intérêts naturels. La guerre froide, en tant que confrontation idéologique entre deux blocs, appartient au passé et le moment est venu de réévaluer le rôle des institutions internationales créées à l’époque précédente. Alors la question : « De quel côté êtes-vous ? est remplacé par « Qu’est-ce que tu es ? » L’OTAN devrait donc se transformer d’une organisation militaire du « monde libre » en un bloc défendant les intérêts d’une seule des civilisations, à savoir l’Occident. Il ne sert à rien que l’Union européenne envisage l’intégration de pays appartenant aux civilisations orthodoxe ou islamique – et leur adhésion créerait des problèmes majeurs à l’avenir. Pour déterminer un nouvel équilibre des forces, chaque civilisation doit s’adapter à son « pays parent », une sorte de frère aîné. Pour l’Occident, ce sont les États-Unis ; pour le monde orthodoxe, la Russie.
Tout au long de son existence, le régime Poutine a été l’élève vedette d’Huntington.

En construisant une « verticale du pouvoir » autoritaire, dès le milieu des années 2000, l’administration de Poutine a proclamé que sa « démocratie souveraine » ne ressemblait à aucune autre démocratie et n’était pas du tout comparable aux autres normes démocratiques en raison d’une culture politique russe distincte. . Le régime politique répressif, la rhétorique cléricale, l’obscurantisme dans la vie culturelle et la pression militaire sur les pays voisins : tout cela ne sont que des points sur la voie du retour d’une civilisation à sa vraie nature. Ce destin ne peut être modifié, il peut seulement être soumis.
On retrouve ici la rhétorique classique de TOUTES les extrêmes droites sur une vision légitimiste organiciste de la société. Le monde, comme les nations vivent dans un ordre naturel conçu divinement, et il est vain de lutter contre cette organisation.

Le récit poutinien tend à décrire la Russie comme le centre d’une civilisation eurasienne distincte avec sa propre voie souveraine, distincte du reste de l’Europe. Selon cet argument, la Russie est séparée et différente du reste de l’Europe et ne devrait pas s’y intégrer dans des conditions purement européennes. Cet argument reflète une longue tradition de discours eurasistes parmi les intellectuels russes qui remonte au début du XXe siècle et renvoie également à un débat encore plus ancien sur l’identité russe entre slavophiles et occidentalistes qui remonte à l’époque tsariste.

Les responsables qui se sont concentrés sur ce récit ont discuté de la nécessité de former une grande Eurasie pour sauvegarder la voie distincte de la région, souvent en contradiction avec les valeurs européennes décadentes. Par exemple, en avril 2019, Youri Ouchakov, conseiller du Kremlin, a déclaré :

« Nous pensons qu’il est nécessaire d’aspirer à une Grande Eurasie, qui comprend l’Union européenne, notre Union eurasienne et diverses initiatives chinoises. »

Cette déclaration souligne l’importance accordée par les responsables russes à l’approfondissement des relations entre la Russie et la Chine et souligne en particulier le rôle de la Russie en tant que canal du commerce chinois avec l’Europe.

Selon ce récit, la Russie possède une civilisation distincte qui incarne et promeut des valeurs religieuses, sociétales et autres « traditionnelles », contrairement à l’Occident plus libéral et « décadent ». C’est un cliché commun à Vladimir Poutine. Par exemple, en novembre 2018, il a déclaré :

« Il y a une chose dont je ne doute pas : la voix de la Russie sera digne et confiante dans le monde futur, qui est prédéterminé par notre tradition, notre culture spirituelle nationale, notre conscience de soi et, enfin, l’histoire même de notre pays en tant que civilisation distincte, unique mais qui ne revendique pas d’exclusivité avec assurance et grossièreté. « 

Ce récit a été particulièrement soutenu par les hauts dirigeants de l’Église orthodoxe russe, comme le patriarche Cyrille, qui a déclaré ce qui suit en novembre 2018 :

Le paradigme étroit des Temps Nouveaux parle de la mondialisation comme d’un processus inévitable. Derrière le mot « inévitable » se cache le principe occidental du développement mondial, qui caractérise la laïcité libérale et les formes modernes de colonialisme. . Cette erreur constitue une rupture avec la tradition, le système de valeurs transmises de génération en génération qui forme le code civilisationnel des peuples avec ses paradigmes culturels, spirituels et religieux, s’appuyant sur les valeurs morales données par Dieu et donc invariables qui ont accompagné l’humanité tout au long de sa vie. histoire. L’expérience montre que le piétinement de ces valeurs a conduit à des tragédies et à des cataclysmes dans les relations personnelles, sociétales et internationales.

Les dirigeants russes se sont concentrés sur les valeurs traditionnelles, en particulier dans leurs messages nationaux, afin d’opposer la Russie aux États membres soi-disant immoraux de l’Union européenne. Ce récit aide les dirigeants russes à justifier leur prudence quant au développement de liens étroits avec l’Europe occidentale et leurs politiques visant à réduire l’influence occidentale en Russie.

Vivre en Russie

« L’étranger proche » est le terme préféré de la Russie pour désigner les pays de l’ex-Union soviétique, à l’exception sans doute des États baltes. Le terme est associé aux récits « fraternalistes » concernant les liens fraternels, les relations paternalistes et les points communs historiques et culturels particuliers avec ces pays.

Les responsables qui ont utilisé ce récit au cours de la période d’étude ont fait référence à la relation fraternelle continue avec la Biélorussie au cours d’une période de discussions intenses sur une éventuelle intégration plus étroite des deux États. Le porte-parole présidentiel, Dmitri Peskov, a souligné la relation fraternelle particulière, notant :

« Je ne pense pas que quiconque à Moscou ou à Minsk contesterait l’existence de relations spéciales et alliées de facto et de jure entre les deux pays ».

Les responsables ont également déploré la destruction des liens fraternels avec l’Ukraine par les « fascistes » et les « nationalistes » déterminés à arracher l’Ukraine à la Russie. Par exemple, en référence aux relations de la Russie avec l’Ukraine, Vladimir Poutine a déclaré :

« Quant à long terme, quoi qu’il arrive, peu importe qui est au pouvoir à Kiev aujourd’hui, les peuples russe et ukrainien ont toujours été et seront toujours frères. et très proche. . . Cette racaille politique va disparaître, reculer. »

De  même, Peskov a déclaré en mai 2019 que:

« [Poutine] a toujours déclaré que les relations entre les dirigeants des deux pays ne devraient en aucun cas être projetées sur les relations étroites et fraternelles de longue date entre les peuples des deux pays. »

Ces déclarations mettent en évidence la tendance des dirigeants russes à continuer de considérer les anciens États soviétiques, en particulier l’Ukraine et la Biélorussie, comme appartenant « naturellement » à la sphère d’influence culturelle et politique de la Russie.

3)Les moyens mis en oeuvre

Pour appuyer ses théories, le régime russe met donc en place toute une batterie de propagande:

  • rééducation des enfants, que ce soit au niveau intellectuel (les nouveaux manuels scolaires), ou physique/politique: les « camps de jeunesse » du régime poutinien :

à de véritables camps d’entraînements similaires aux « Hitlerjungend »:

On enseigne bien sûr aux enfants le maniement des armes:

De notre coté, nous voyons régulièrement passer cette propagande, et nous en parlons régulièrement comme il y a quelques mois. Nous avions remarqué une multiplication de petites pages Facebook, mais aussi de faux sites de médias assénant de la propagande russe. Pire encore cette propagande touche d’autres continents comme l’Afrique, et notamment l’Afrique francophone.
C’est l’opération « doppelgänger »:

L’équipe de recherche du « MarshallCenter » a suivi les médias russes et occidentaux sur une période de dix mois, de septembre 2018 à juin 2019, collectant des déclarations en russe et en anglais.

Elle a identifié dix thèmes de propagande russes principaux:

  • L’Eurasie contre l’Europe
  • La Russie, bastion des valeurs traditionnelles
  • Russophobie
  • Whataboutisme
  • Les « pays frères »
  • Relations avec les alliés de l’ère soviétique
  • Intervention extérieure dans les affaires souveraines
  • La Russie, partisane de la stabilité dans le monde
  • La Russie, partisane de la multi polarité dans le monde
  • Promotion des structures internationales dans lesquelles la Russie joue un rôle de premier plan

Les thèmes étaient ainsi répartis:

Table de fréquence des narratifs russes

Nous allons nous attacher particulièrement au deuxième thème dans la deuxième partie.

II) La Russie, bastion des valeurs traditionnelles

Il y a un peu plus d’un an les ambassades russes diffusaient une curieuse invitation:

Pas de chance la femme censée illustrer la « beauté russe » est une mannequin/artiste ukrainienne qui publie un clip de contre-propagande :

Toute une flopée d’autres vidéos l’accompagnent, une famille occidentale mourant de froid en hiver, faute de gaz russe; la famille russe émigrant et réalisant COMBIEN la vie en Russie en meilleure; le « wokisme » etc… Bref, tout un arsenal de clips censés monter la supériorité de la vie en Russie.

La vie en Russie

Et continuellement, les proxy du Kremlin nous rappellent les « valeurs » de la Russie, que la vie y est douce.

Tout d’abord et ce n’est pas un détail mes réalisateurs de ces clips sont TRÈS orientés. Le fameux « Roger Keppel » du post de Silvano Trotta; n’est pas QU’UN journaliste. Il s’appelle en fait « Roger Köppel » et est le proprio de son journal  » Die Welt Woch ». Un média orienté à l’extrême droite, élément d’autant plus normal que Köppel a été député de l’UDC, le parti d’extrême droite suisse. Le deuxième élément nettement plus problématique c’est que toutes ces photos et ces clips sont faits à deux endroits: Moscou et St Petersbourg. Et bien entendu dans les quartiers riches de la ville…
Bref, c’est comme si vous affirmiez que le niveau de vie des français est celui des résidents du 16ème arrondissement de Paris.

 

Sauf que dans la « vraie vie véritablement vraie » des russes, ce n’est pas comme cela que ca se passe…

2)Vivre en Russie

a) La religion

Alors qu’en Russie, selon les sondages, 80% des croyants se déclarent orthodoxes, seuls  3% fréquentent régulièrement l’Eglise, relève l’archiprêtre Nicolas Emelianov, vice-recteur de l’Institut de Théologie de l’Université orthodoxe Saint-Tykhon de Moscou.

Son patriarche, ancien du KGB maudit l’occident, mais adore la Suisse. Mais c’est aussi un richissime corrompu.

  • Les prêtres de l’Église orthodoxe russe bénissent les soldats avant leur envoi à la guerre en Ukraine. C’est leur façon de dire: « Tu ne tueras point. »
Tu ne tueras point.

D’ailleurs les prêtres russes bénissent tout et n’importe quoi.

Même les missiles nucléaires et les armes de destruction massive:

b) La richesse, les inégalités

  • La Russie est probablement un des pays les plus inégalitaires du monde. 1 % de la population russe concentre 74,5 % des richesses nationales – et 10 % détiennent 89 % des biens.

le revenu médian par adulte est inférieur à 1 000 dollars par an… Bien que la richesse globale de la Russie rivalise avec celle de la Norvège, de Hongkong, de Singapour ou de la Turquie, l’écart se creuse nettement quand elle est rapportée à sa population, plus nombreuse. Le Norvégien est ainsi trente fois plus riche que le Russe. « Le niveau actuel de la richesse des ménages russes par adulte est à peine supérieur à celui d’il y a dix ans », note l’institut de recherche de Credit Suisse.

Le top 0,001% des plus riches (soit 1441 personnes) capte 17% des richesses. Selon une étude recensée par l’Observatoire européen de la fiscalité, le 0,01 % des Russes les plus riches détiendraient 60 % de leur fortune à l’extérieur de la Russie. Le PIB par habitant y est particulièrement bas:

PIB par habitant

Au moins 80 des 110 milliardaires russes (soit un tiers du total des milliardaires européens), détenant 35 % des richesses du pays, vivent dans la capitale, ce qui a rendu cette ville inhabitable pour les pauvres.

  • Selon les statistiques officielles, publiées mardi 30 juillet par l’institut Rosstat, le nombre de pauvres est en nette augmentation.

Il s’établit à 20,9 millions de personnes pour le premier trimestre, soit 14,3 % de la population, contre 20,4 millions (13,9 %) à la même période de 2018 – soit 500 000 nouveaux pauvres en un an. Ces niveaux sont comparables aux taux observés ailleurs en Europe, mais cette forte dégradation reflète l’aggravation de la situation économique nationale.

c) Famille, vie courante

  • Le niveau de vie n’augmente pas et même régresse et les perspectives démographiques sont noires. Le taux de fécondité en Russie n’est que de 1,5 (il est de 1,83 en France). Selon l’ONU, la population russe diminuera de son actuel niveau de 143,5 millions pour atteindre entre 121-133 millions d’ici 2025. Depuis 1991, elle a déjà baissé de près de 5 millions de personnes dont près d’un million sont mortes par suicide.
  • En Russie, le taux de suicide chez les adolescents figure parmi le plus élevé du monde, et n’est dépassé que par le Kazakhstan et la Biélorussie. Selon les chiffres de l’ONU, 22 jeunes pour 100.000 se suicident. Par comparaison la moyenne mondiale est d’à peine 7.
  • 70% des mariages russes se terminent par un divorce (contre 46 en France).
  • L’alcoolisme ronge toujours la Russie.
  • La violence intra familiale n’est pas réprimée. 1 femme russe sur 5 subit les violences de son conjoint, toutes les soixante-trois minutes une femme meurt sous les coups de son conjoint ou de son ex-conjoint, soit plus de 8 300 victimes par an.
  • Idem dans le système éducatif:

Dans le système éducatif, la violence est également bien ancrée. En 2014, Human Rights Watch a présenté un rapport édifiant sur les nombreux cas de maltraitance et de négligence. Le système russe d’institutions publiques hébergeant les jeunes handicapés et orphelins est qualifié de « ségrégationniste » par l’ONG. Le rapport s’appuie sur plus de 200 entretiens de jeunes et de leurs parents. Certains enfants décrivent les traitements inhumains et dégradants appliqués dans ces institutions. « Le personnel […] a isolé de force des enfants, leur a refusé tout contact avec leurs proches et les a parfois forcés à subir une hospitalisation psychiatrique en guise de punition », décrit les auteurs du rapport, Human Rights Watch. En plus des obstacles à l’adoption, de nombreux orphelins ‘valides’restent dans ces institutions fermées jusqu’à leur majorité. « Ils sont ensuite intégrés dans des écoles militaires et l’armée constitue souvent pour ces adolescents la seule voie de sortie », souligne la maitresse de conférences Anne Le Huérou.

  • La pédopornographie y prospère et la pédophilie y est pléthorique.
  • Théoriquement, chacun des Russes a accès aux services de santé publics car ils ont tous droit à l’assurance médicale obligatoire, qui se compose de 2% a 3% du salaire et qui est déduit par les employeurs dans un impôt social qui se verse vers les Fonds russe de santé. Pratiquement, faute de financement du secteur médical, l’assurance obligatoire ne couvre pas la plupart des traitements et les patients doivent payer de leur poche presque tous les services médicaux qui leur ont été fournis, sauf en cas d’urgence lorsqu’une ambulance est nécessaire. En Russie, les dépenses réelles de santé du PIB sont de 5,3 %, ce qui est inférieur aux dépenses de santé des pays d’Amérique du Sud et d’Afrique du Sud. A côté, les grandes villes, comme Moscou et Saint Petersbourg, où les établissements de santé dépassent tous les autres établissements de santé du reste du pays et certains d’entre eux sont même répertoriés dans le classement mondial des meilleurs, tels que l’hôpital pour enfants de Moscou sur la 250e place et Bakulev Center for Cardiovascular Surgery à la 291e place, généralement, les hôpitaux sont obsolètes. En raison du manque de financement dans le secteur médical, plus de 17.500 villages et villes (soit 56%) n’ont aucune infrastructure médicale. La Russie est l’un des rares pays où l’espérance de vie diminue.
  • La vie y est arriérée:

« La Russie se place en tête des pays développés avec le pire assainissement », indique WaterAid, une ONG basée à Londres. Selon des estimations de 2012, le nombre de Russes dont le foyer n’est équipé que de toilettes extérieures s’élevait à 35 millions, soit un quart de la population. 22,6% des ménages russes n’ont pas de systèmes d’égout centralisé. Par ailleurs, 16,8% de ces ménages ont recours à des systèmes alternatifs de toilettes à fosse. Les 5,8% restants n’ont tout bonnement pas d’installations sanitaires modernes.

d) Corruption, criminalité

  • Le système pénitentiaire

La dislocation de l’URSS en 1991 n’a pas conduit à des réformes en profondeur des prisons et du système carcéral qui repose en grande partie sur l’héritage soviétique. « Le système n’a jamais été purgé comme dans les anciens pays du bloc de l’Est au moment la chute du mur. Aucune loi de lustration n’a été appliquée », explique Anne Le Huérou. Selon elle, « le système a perduré. » La situation est connue des autorités, il existe un « laisser faire » de la part de l’Etat.

Tabassage des détenus par les gardiens, privation de sommeil et séances de torture sont toujours largement répandues dans les prisons et colonies pénitentiaires.

La plupart des détenus des prisons russes sont condamnés pour meurtre (27,8 %). Le système pénal russe, contrairement à d’autres systèmes pénitentiaires fondés sur la prison, héberge les condamnés dans des pièces communes bondées et non dans des cellules (les centres de détention provisoire sont souvent également bondés), ce qui facilite les brimades entre groupes et la socialisation des nouveaux arrivants aux usages et règles propres aux criminels.

  • La criminalité

  • La corruption

C’est le problème N°1, la Russie est une kleptocratie, autrement dit un état mafieux:

e) Enfin, des « valeurs d’extrême droite » qui gangrènent la société 

 

 

CONCLUSION

Après ce panorama général de la propagande en général et sa facette sur les fantasmes de la vie en Russie, mis en balance par le réel; on s’aperçoit à nouveau que tout ce discours est un narratif. Comme en URSS, autrefois les dominants russes inventent un réel imposé à la population dans plusieurs buts. Un but pour la population intérieure bien entendu, mais aussi extérieur qui consiste à dissimuler le bilan catastrophique du régime poutinien et surtout sa structure profondément inégalitaire. Cette propagande cache un fait: que si vous êtes pauvre en Russie, ce n’est pas du fait de l’OTAN ou de l’occident, mais de la nature du régime politico économique.
Et malheureusement, cela fonctionne. Non seulement, une partie de la population biberonnée à la propagande mainstream continue à soutenir le régime, mais ses proxy réussissent à faire passer cette illusion sur les réseaux sociaux.

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