03 septembre 2020 | 1046 vues | Anti-intox, Recyclage d'anciens hoaxes

Intox de CNEWS sur les « retraités imaginaires »

Un très grand classique répété 30 fois au moins. C’est un « marronnier du hoax »! En même temps les ultra libéraux auraient tort de se géner puisqu’il leur est permis de débiter par paquet de douze ce genre de mensonges sur des chaines d’infos sans être contredits. Pire la journaliste approuve le mensonge. Rappelons que la retraite « à la française » est une des pires horreurs pour les ultra libéraux. On comprend mieux pourquoi leurs idéologues (et les gouvernements de droite comme l’actuel) font tout pour l’abattre.
Et un des moyens c’est de se donner une « hégémonie culturelle » sur le sujet.
Et c’est très facile.
Vous invitez un économiste bidon qui cite un rapport/livre bidon le tout animé par une journaliste bidon.
Voilà l’affaire:

Qui est ce journaliste « Eric de Riedmatten« ?

Né en 1963, Eric de Riedmatten a débuté sa carrière comme reporter à Europe 1 en 1984, après des études de journalisme. Pendant 14 ans, il est en charge des secteurs économie, automobile, énergie et industrie.

Il devient ensuite successivement Directeur de la Communication pour Europcar International (1998-2000), Siemens France (2000-2007) et BMW France (2007-2011). En mars 2011, il rejoint CLAI, Cabinet de conseil en stratégie de communication corporate et institutionnelle en qualité de vice-président. En 2012,  il rejoindra le groupe Renault en qualité de Directeur de la Communication Externe.

En décembre 2018, il annonce que la fraude aux prestations sociales est de 14 milliards. Voici ce qu’il déclare à « Valeurs actuelles  » (médias de bolchéviques) dans un article du 18/09/2019:

Valeurs actuelles. En décembre dernier, vous aviez évalué la fraude aux prestations sociales à 14 milliards d’euros. Comment avez-vous obtenu ce calcul ?
Charles Prats. Il s’agissait d’estimer un enjeu potentiel de fraude, qui concernait en particulier la fraude à l’immatriculation sociale des personnes nées à l’étranger. En 2011, les investigations que nous avions menées avec la Délégation nationale à la lutte contre la fraude évaluaient à 1,8 million le nombre de numéros de Sécurité sociale attribués sur la base de faux documents à des gens nés à l’étranger, ce qui pouvait potentiellement correspondre à 14 milliards d’euros de prestations versées en violation de l’article L.114-12-3 du code de la Sécurité sociale.

Ce chiffre Prats l’a repris sur tous les médias, complaisamment et a été repris par toutes les droites et les extrêmes droites.
Pas de pot comme l’explique « CheckNews« , c’est bidon.
Comme personne ne le contredis réellement, le bougre récidive.
Le 18/09/209, on y va cette fois de l’intox des 8 millions de cartes vitales « surnuméraires ».
Et on continue, Le Monde explique pourquoi c’est faux.
Dans une interview du Figaro Magazine, le 30 avril 2020,  maintenant, c’est 30 milliards. Passez muscade, personne n’ira vérifier. Ce qui est drôle c’est qu’il se base toujours sur son chiffre de 1,8 millions de « faux allocataires étrangers » de 2018. Il le fait juste passer à 2,5 millions.
Personne n’ira lui demander comment il obtient ces calculs.
Du coup, 42% des allocations familiales seraient versées à des étrangers. Chiffre qui sera repris sans vergogne par Zemmour en 2020 (normal).
Cette fois c’est Desintox qui lui met le nez dans le bouillon.

Et à chaque fois on invoque ce Garcimore des mathématiques pour nous faire de grandes prédictions et analyses, alors qu’il se plante à chaque fois. C’est pourtant ce que fait donc Riedmatten sur CNEWS.
Pourtant l’article cité de Libé au dessus est très clair:

Comment expliquer les chiffres de l’Insee ?

Interrogé par CheckNews, l’institut statistique rétorque qu’il n’y a «aucun dysfonctionnement», ni «incohérence». Mais une incompréhension de la nature du répertoire.

Ainsi, selon les explications de l’Insee, il est tout à fait normal que le total des personnes réputées vivantes inscrites dans le fichier soit supérieur aux 67 millions de la population française.

La principale raison tient au fait que le répertoire national d’identification des personnes physiques (RNIPP) n’a rien à voir avec un registre de population. Il comporte toutes les personnes nées en France et celles nées à l’étranger qui ont vécu en France a un moment de leur vie (pour des raisons de travail ou d’étude), et ce quel que soit leur lieu de résidence. Ainsi, toutes les personnes ayant été immatriculées (qu’elles soient nées en France ou à l’étranger) et vivant hors de France ont un NIR (Numéro d’inscription au répertoire) et figurent dans le répertoire. Ce sera le cas pour un étudiant étranger ayant fait ses études il y a cinq ans et étant reparti. Comme ce sera le cas pour une personne née en France et expatriée depuis quelques années.

«La comparaison entre le RNIPP et le recensement de population n’a pas de sens, explique ainsi Chantal Villette du département démographie de l’Insee. Le recensement permet d’avoir une estimation de population à un instant donné ce qui n’est pas du tout l’objectif du RNIPP (c’est un répertoire qui contient l’ensemble des immatriculations faites jusqu’au jour J, et non un registre de population). Une immatriculation au RNIPP reste présente quel que soit le lieu de résidence de la personne (elle peut vivre un temps en métropole, partir à l’étranger puis revenir en métropole : son NIR reste toujours actif et lui est rattaché à vie.»

L’Insee concède en revanche que certaines personnes réputées vivantes dans le fichier ne le sont plus. Le répertoire (qui compte au total 110 millions d’identité) distingue les personnes réputées mortes, et celles réputées vivantes. Sur les 110 millions de noms, 26 millions sont réputés morts, et donc 84,2 réputés vivants. L’Insee explique que la transmission des décès survenus en France se fait sans problème (ils sont enregistrés dès lors que l’Insee ou la Cnav reçoivent un acte de décès). Mais que l’information est moins systématique quand la personne meurt à l’étranger. Des personnes figurant comme réputées vivantes sont donc mortes (le plus souvent à l’étranger).

C’est ce qui explique les 3 millions de centenaires réputés vivants figurant dans le répertoire. L’écart entre les 3,1 millions de centenaires réputés vivants figurant dans le répertoire et les quelque 20 000 recensés en France s’explique marginalement par le fait que certains centenaires inscrits vivent à l’étranger, mais donc surtout en raison du défaut d’enregistrement de décès survenus hors de France. En clair, depuis 1945 et la création du répertoire, des personnes ayant été immatriculées décèdent chaque année à l’étranger, sans que le décès ne soit enregistrés. Parmi elles, environ 3 millions auraient aujourd’hui 100 ans ou plus.

Est-ce que cela à une incidence ?

L’Insee a également réagi à l’idée, suggérée par les deux parlementaires, selon laquelle les inscrits surnuméraires représenteraient un risque direct de fraude aux prestations. Dans notre précédent article sur le sujet, le directeur de la Cnav avait déjà expliqué que l’immatriculation au répertoire n’ouvre aucun droit. Elle est une condition pour pouvoir bénéficier de versement de prestations sociales, mais est loin d’être suffisante. Ce que répète l’Insee aujourd’hui : «Le RNIPP n’est porteur d’aucun droit, il ne suffit pas d’être enregistré dedans et d’avoir un NIR pour bénéficier de droits sociaux. Il appartient aux organismes de Sécurité sociale de déterminer les droits sociaux de chaque individu, à partir de leurs propres systèmes d’information, et de leurs propres contrôles.»

Sur ce point, les conclusions alarmistes des deux parlementaires ont nourri quelques confusions auprès des médias, certains mélangeant par exemple le nombre d’immatriculés au répertoire… et le nombre de cartes Vitale en France, comme en atteste cette capture d’écran d’un article de l’Union. Ce qui n’a pourtant rien strictement à voir.

Bref tout ceci est une « fraude à la vérité » que nous retrouverons sans aucun doute d’ici quelques mois, et dont il faudra, une fois de plus, démentir les éléments.

 

Auteur de l’article : Sutter Cane

Sutter Cane

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