06 septembre 2019 | 757 vues | "On n'est plus en sécurité", Anti-intox

« Analyse » statistique mensongère de L. de Béchade (OLRA) en direct sur CNEWS

Les malheurs des fachos avec la sociologie et les statistiques (3)

« Laurent de Béchade », cékiçuilà??? Si vous ne suivez pas attentivement comme nous l’arbre buissonnant de la fachosphère, vous n’en avez jamais entendu parler. Rassurez vous, ca va changer. Parce que parmi toutes les mauvaises herbes de cette fachosphère, si le monsieur est très réçent, il a trouvé un créneau pour exprimer sa pensée fascistoïde, le « racisme anti blanc ».
Et puis, rassurez vous à nouveau, il présente bien. Costard impeccable, discours calme et policé, sourire colgate, il dit en mentant effrontémment ce que la fachosphère attend en bavant depuis des années.
Pensez donc, en direct sur CNEWS, l’homme a pu affirmer sans être contredit, des énormités, des mensonges complets. La fachosphère l’attendait, il arrive.

Les énormités de L. de Béchade en direct

1) L. de Béchade et l’OLRA

De Béchade est un jeune homme bien né qui descend d’une noblaionne famille de riches. Son CV n’est pas très prolixe et son seul exploit personnel est d’avoir fondé une obscure association l’OLRA. Un groupuscule dont il est impossible d’obtenir le moindre renseignement, tant sur sa composition que son financement. On ne lui connait que trois membres réels. Béchade lui-même, une certaines « Aurore Mancini » et leur avocat, le très médiatique et très à l’extrême droite Goldnadel. Précisons qu’Aurore Mancini semble bien être la compagne du ci-devant noblaillon. Ce qui est leur droit. Ceci étant dit leur CV d’activiste d’extrême droite reste désespéramment vide, mais ils semblent être bien introduit en cours. Puisque ces deux personnes sont interviewés sur un média mainstream, alors qu’ils dirigent une association creuse, de trois membres, et dont ni les résultats, ni les travaux semblent porteurs, si ce n’est dans la fachosphère. Disons le, l’OLRA est une entreprise de communication, une vitrine de la fachosphère qui présente bien.
L’OLRA est déclarée à Paris dans un immeuble qui contient plusieurs sociétés dont une de domiciliation des entreprises. Une adresse creuse donc.

Béchade se défend d’être d’extrême droite. Sauf qu’il est abondamment cité et interviewé par les médias de la fachsophère comme Novopress, BVoltaire, Media Presse Info, le Salon Beige et on en passe. Il faut dire que son créneau de « racisme anti blanc » est très porteur chez les fascistes.
On ne reviendra pas sur ces histoires de « racisme anti blanc », allègrement démontées, que ce soit ICI ou LA.
Résumons donc l’OLRA et Béchade assez rapidement: en gros, c’est le boss de fin des ouin-ouin…

Les ouin-ouin

2) Les propos de Lilian Thuram

Mais qu’a pu dire Lilian Thuram pour se faire reprendre ainsi par toute la fachosphère (rassurez vous l’OLRA n’est pas la seule sur le coup). Thuram a été interviewé par un journal sportif Italien sur les manifestations racistes en Italie dans les stades. Lilian Thuram avait été invité à réagir aux cris de singe qui ont visé le week-end dernier l’attaquant belge Romelu Lukaku lors du match de l’Inter Milan à Cagliari, une triste habitude dans les stades italiens.
Et il a eu le malheur de déclarer:

« Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les blancs pensent être supérieurs et qu’ils croient l’être. De toutes les manières, ce sont eux qui doivent trouver une solution à leur problème. Les noirs ne traiteront jamais les blancs de cette façon, et pour n’importe quelle raison »

Fureur et délectation de la fachosphère et des imbéciles qui les suivent.
Exit la réalité prégnante et quotidienne décrite par Thuram, la seule chose importante c’est que Thuram a fait de « l’essentialisme ». L’assimilation aux discours du PIR est immédiate, Thuram est propulsé vedette de « l’indigénisme ».
Mais surtout cette sortie va permettre à des chaines qui promeuvent l’extrême droite comme CNEWS d’inviter en loucedé, un militant d’extrême droite qui dirige une association quasi fictive, de le présenter dans le bandeau comme « militant antiraciste » et lui permettre de déroulé un discours de propagande, factuellement faux, sans jamais être contredit.
Misère de la télévision de révérence et de propagande.
Maintenant, on met des faf à la télé en disant que les anti racistes c’est eux…

3) Le cœur du problème

Tout ceci n’était que présentation pour arriver aux commentaires émis par le ci-devant Béchade.
Commentaires qui sont faux. On le sait, chez les Debunkers, les fachos ont un GROS problème avec les statistiques… Et ce n’est ni la première fois, ni la deuxième, que nous les épinglons sur le sujet.
Béchade prétend donc ceci:

  • 1 personne blanche sur 7 touchée
  • le racisme anti-Blancs est le racisme le plus fréquent
  • Le racisme « anti blanc » engendrerait « des agressions » (dont Thuram serait complice)

Corollaire évident: le fameux « racisme anti blanc » serait donc composé d’agressions très courantes…

Le tout sous la protection d’une étude l’INED (Institut National des Etudes Démographiques) que celle ci a réalisé en 2016. Cette étude existe bien. C’est l’étude, actualisée chaque année dite « Trajectoires et Origines » (TEO) qui a été violemment critiquée par l’extrême droite qui accuse de racialiser les perceptions, notamment par Tribalat, la démographe en vogue de la fachosphère.
Béchade cite la version 2016.  Et en particulier ce qui y est dit à partir de la page 5. Voyons donc:

La diversité de la population majoritaire et l’exposition au racisme
Comme exposé dans le premier chapitre de cet ouvrage, la catégorie intitulée « population majoritaire » dans le langage de l’enquête Trajectoires et Origines rassemble les personnes nées françaises en France métropolitaine dont les deux parents sont eux-mêmes nés français,
en France métropolitaine ou à l’étranger. Ces critères de nationalité à la naissance sur deux générations et de lieu de naissance de l’enquêté n’empêchent pas que certaines personnes puissent faire partie de groupes minoritaires (au sens sociologique) et soient ainsi exposés au
racisme du fait de leur religion, de leur couleur de peau, d’une ascendance étrangère plus ou moins lointaine ou encore de leur appartenance (réelle ou imaginaire) à des groupes stigmatisés comme les Roms. La logique sociologique veut que ces minorités ne soient pas incluses dans la catégorie «population majoritaire » pour analyser l’expérience du racisme.
Cependant, prendre en compte la pluralité interne à la population majoritaire à partir des données de l’enquête Trajectoires et Origines constitue un exercice difficile. Bien qu’étant représentative de la diversité des populations de la France métropolitaine l’enquête se focalise
avant tout sur les immigrés et leurs enfants nés en France. Les questions relatives aux assignations par autrui ou aux identifications individuelles à caractère ethnique, racial, culturel, religieux, etc. qui permettraient de distinguer, à l’intérieur de la population majoritaire, les individus susceptibles d’être stigmatisées pour leur différence et d’être potentiellement visées par le racisme sont absentes. De ce fait, les personnes qui n’ont pas
d’origine étrangère directement ou par leurs parents, mais sont néanmoins minorisées et confrontées au racisme peuvent difficilement être repérées.
Nous nous sommes néanmoins efforcés de restituer la diversité de la catégorie « population majoritaire ». Quatre sous-groupes ont été constitués sur la base de critères définissant l’appartenance à des groupes racisés (ou ethnicisés) ou indiquant une proximité avec ces groupes. Les taux de racisme déclaré par les sous-groupes ainsi constitués ont permis de confirmer la pertinence des indicateurs retenus. Le premier sous-groupe est composé
d’individus dits « altérisés », ayant une religion minoritaire (juive ou musulmane pour l’essentiel) ou déclarant être renvoyé à une position d’altérité : à la proposition « On me voit comme un Français », ils ont répondu « pas du tout d’accord » ou « pas d’accord ». Au sein de ce groupe, ceux qui ont une religion minoritaire sont essentiellement musulmans (27%), juifs (15%) et Boudhistes (11%). Certains déclarent plusieurs religions (6%). Un tiers d’entre eux a un parent né Français à l’étranger, le plus souvent en Algérie. En d’autres termes, une partie de ces individus ayant une religion minoritaire sont des descendants de harkis ou de Juifs rapatriés d’Algérie. Les autres sont probablement des petits-enfants ou arrières-petits
enfants d’immigrés ou de natifs d’un DOM. Le second groupe est composé d’individus ayant vécu en couple mixte (avec un conjoint immigré ou de parents immigrés) ; ils ont pu subir par proximité le racisme visant leur conjoint, leurs enfants ou la mixité de leur couple en tant que
telle. Le troisième groupe rassemble des personnes déclarant que le revenu mensuel de leur ménage est inférieur à 1000€. Ce groupe a pour particularité d’être particulièrement jeune : 60% ont moins de 30 ans. Il rassemble en fait deux populations distinctes dont les déclarations
quant au racisme subi sont cependant similaires. L’enquête ne permet pas d’explorer les différences qui existent probablement entre ces deux sous-groupes, c’est pourquoi nous les avons maintenues ensemble. Il s’agit d’une part d’«étudiants en situation de précarité » (dont on peut supposer qu’ils connaissent une précarité temporaire) et d’autre part de personnes plus âgées, durablement exclues du marché du travail et que nous avons nommées « majoritaires paupérisés ». Plusieurs raisons ont motivé la construction de cette catégorie composite. Le sens du mot racisme peut effectivement être compris comme un racisme « anti-pauvre », de sorte que le racisme déclaré peut être une déclaration de l’exclusion sociale subie du fait de la
pauvreté. De la même façon, il peut être une déclaration d’un racisme « anti-jeunes », en l’absence d’un terme permettant précisément de nommer l’hostilité à l’encontre des jeunes.
Les majoritaire paupérisés se rapprochent des majoritaires altérisés et de ceux en couple mixte par le fait d’être environ 25% à résider dans un quartier où d’après eux plus de la moitié des habitants sont immigrés (contre seulement 11% parmi des étudiants en situation de précarité).
On peut supposer que les premiers sont de ce fait associés aux populations migrantes et subissent par proximité le racisme qui les vise (racisme envers les personnes des quartiers). On peut encore supposer qu’ils peuvent en conséquence être davantage confrontés à des relations
conflictuelles avec les personnes des minorités migrantes.
Enfin, le quatrième groupe rassemble les « majoritaires non-paupérisés » qui sont les moins nombreux en proportion à déclarer une expérience de racisme au cours de la vie et sont également peu nombreux à résider dans un quartier d’immigration (14%), tout en constituant le groupe numériquement dominant.

Répartion des majoritaires

Que dit donc cette étude:

  • Elle ne parle jamais de « blancs » mais de « groupe majoritaire ».
  • La situation face au racisme des deux premiers groupes les rapproche en réalité bien plus des personnes d’origine étrangère que des Français «majoritaires» et «non-paupérisés».
  • Les «majoritaires non paupérisés» sont les moins concernés par l’expérience du racisme : «Seulement 15% des personnes de cette population déclarent en avoir été la cible au cours de leur existence, contre par exemple 60% des descendants d’immigrés d’Afrique subsaharienne.»
  • Cette confrontation au racisme est en outre «moins répétitive» que pour les minoritaires. Ainsi, «seulement 22% des majoritaires concernés citent plus d’un lieu (où ils ont été victimes de racisme), alors que c’est le cas d’une personne sur deux pour les populations les plus exposées». Quand ce lieu est unique, il s’agit d’abord de l’espace public (55%), de l’école (37%) et du travail (22%). Enfin, ce racisme subi ne «se matérialise pas par une privation de droits ou d’accès à une ressource». 0% des personnes majoritaires paupérisées interrogées ont déclaré avoir subi des discriminations au cours de la vie au travail durant les cinq dernières années. Ce taux est de 6% chez les enfants de parents nés en Algérie.

[Rappelons que Béchade nie que le racisme soit producteur de discriminations: « Mais Laurent de Béchade n’en démord pas : « On n’est pas d’accord avec ce schéma dominant-dominé. Il n’y a pas de privilèges pour les Blancs. » « Mon privilège est lié à la réussite de ma famille, pas à ma couleur de peau », tente de convaincre le jeune homme. » -NDLR]
Conclusion de l’INED:

«Le racisme des minoritaires à l’encontre des majoritaires peut blesser verbalement, voire être agressif physiquement, mais il ne fait pas système et ne produit pas d’inégalités sociales […]. Il s’agit d’un racisme de réaction face à des personnes qui, par leurs origines, leur apparence, leur couleur (réelles ou imaginaires) leur position sociale ou leurs comportements, peuvent incarner la classe ou la « race » des dominants et des racistes […]. Il n’est pas absurde de penser que leur indignation [celle des majoritaires non-paupérisés, ndlr] est d’autant plus forte que l’hostilité [à leur encontre, ndlr] vient de personnes considérées par eux comme étant « étrangères » ou « extérieures ».»

Oups…
On est loin, très, très loin des affirmations péremptoires de Béchade…  A peine un « blanc » sur 10 aurait connu ce que l’on nomme le « racisme édenté« ; 1 sur 20 plus d’une fois, contre 6 sur 10 chez les noirs (3 sur 10 plus d’une fois)… Et enfin, le rapport pulvérise l’assertion de Béchade selon laquelle notre société produit des « privilèges blancs » (et par conséquent confirme l’assertion de Thuram)… Et comme conclusion que ce fameux « racisme édenté » serait conforté par les gens ayant des préjugés sur les étrangers. Des gens ayant des préjugés comme des gens d’extrême droite dont Béchade… ReOups…

Conclusion? Ou Béchade raconte n’importe quoi, ou il ne sait pas lire, ou il ment. Et comme il passe soigneusement sous silence les conclusions de l’étude de l’INED sur les discriminations, devinez pour quelle option nous penchons…

Debunked !!!

 

 

 

 

 

 

 

Auteur de l’article : Sutter Cane

Sutter Cane

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