Alors que le mouvement lycéen se confronte à la répression, le mot violence est omniprésent dans le champ politico-médiatique. Pourtant, il est nécessaire de mettre les choses en perspective. La violence n’est pas née lundi dernier devant un lycée, parlons plutôt ici de paroxysme.
Une violence institutionnelle
Mais avant d’analyser les pratiques du moment où ça explose, il faut remonter dans le temps. Pas de beaucoup, juste à la semaine précédant les blocages, alors que les lycées n’étaient pas bloqués. La rentrée s’était relativement bien déroulée, pas d’incident majeur. Pourtant, le ressentiment trouvait son carburant dans un ensemble de problèmes structurels. Reprenons.
– Des locaux insalubres, oui. Pas partout, certes. Ce fait là, personne ne le nie, pas même l’exécutif. Des rats, des fuites, des toilettes sans portes ou hors d’usage. En réalité, nous parlons ici d’infrastructures anciennes et à bout de souffle. Les lycéens restent 3 ans dans leur établissement, parler de rénovation sur 10, 15 ou 20 ans n’a aucun sens de leur point de vue.
Le changement climatique a rendu les conditions d’enseignement plus compliquées, et ça ne concerne cette fois pas que les anciens établissements. Les plus modernes, qui seront les derniers à être rénovés, ne sont pas réellement adaptés à cette météo plus intense. Ces conditions matérielles relèvent déjà d’une forme de violence, en particulier quand on vit dans un quartier plus pauvre.
– Le manque de prof, rien de neuf. Mais là encore, il faut peut-être se demander pourquoi au lieu de se contenter d’invoquer le recrutement immédiat. Ça ne fonctionne pas comme ça, il faut du temps pour former les enseignants et garantir des conditions de travail décentes. L’insalubrité concerne aussi les profs et l’administratif, mais nous pourrions aussi parler de salaires et de l’encadrement général. Ceux qui ont vécu le COVID se sont vu abandonnés, tributaires de changements au jour le jour. Nous laisserons de côté l’image désastreuse des enseignants dans l’opinion publique, entre « emploi à vie » et « tout le temps malade ». Là encore, ce phénomène relève d’une forme de violence, tacite. Il n’y a pas assez d’enseignants, soit. Quels établissements seront impactés ? Henri IV ou Condorcet ?
– La pression constante pèse sur les élèves. Entre le discours sur l’excellence qui obnubile une partie de l’encadrement et Parcoursup qui demande de penser un dossier dès le collège en allant gratter des points partout, il vaut mieux avoir un chemin tout tracé et renoncer au doute, à l’exploration et surtout, à l’erreur et à l’échec. Cette pression relève d’une forme de violence. La droite va se marrer en lisant ça, le monde du travail n’est pas tendre, faut apprendre jeune. Dans le fond, avec eux, une partie des lycéens seraient déjà à la mine.
– Les emplois du temps à trous est un effet de la réforme Blanquer. Ce système d’options et de spécialités n’est pas forcément complètement mauvais, mais il implique une gestion des heures de cours au cordeau, et il y a mécaniquement des perdants qui se trouvent avec des journées à rallonge avec trois heures de trous consécutives, ou des demi-heures qui ne sont ni perm’ ni pause. Les élèves se retrouvent rapidement à faire des journées à rallonge. Bien fait pour eux, non ? Le travail c’est dur, ils ont intérêt à apprendre.
– La dilution des responsabilités devrait parler à ceux qui connaissent Foucault. Votre emploi du temps craint ? Il faudrait en parler. Oui, mais à qui ? Pas au prof principal, qui n’a pas la main, pas à la vie scolaire. Peut-être au proviseur ? Ou un proviseur adjoint ? Oui mais lequel ? Et si iel est absent ? Les élèves se retrouvent au bout de la chaîne d’un système où personne ne sait vraiment qui fait quoi.
– Le lycée propose l’accès à tout plein de personnes spécialisées. L’infirmier.e par exemple, si tant est que l’établissement ait vu son poste pourvu, que la personne soit réellement là, qu’elle ne soit pas en déplacement dans un autre établissement ou en réunion. Le psy scolaire ? Il est au CDI, pas très médical, ça… Normal, les PsyEn (ex COPSY) assurent une mission d’orientation et de suivi des élèves. Un message étrange distillé aux élèves, s’ils sont dans une situation d’échec, c’est un problème d’orientation. La santé mentale n’est donc vue que sous un angle « productif ».
– Une institution à bout de souffle ne peut espérer que les problèmes personnels des élèves restent à la porte. La génération qui était en primaire pendant le COVID serait peut-être légèrement plus sensible aux questions de santé mentale. Les inégalités se creusent alors que nous vivons une inflation terrible. Le réchauffement climatique a une conséquence particulière : l’angoisse climatique. Comment imaginer que tous ces problèmes ne se retrouvent pas à l’intérieur du lycée ? Cette seule idée est déjà violente.
– Rajoutons à tout ça cette histoire de classement PISA, quand on jette le discrédit sur les élèves qui seraient des cancres, à qui on a donné le brevet (oui, ils sont entrés en seconde cette année), dont le niveau baisse constamment. Comment croyez-vous qu’ils le vivent ? Pourtant, chaque ministre qui se succède vient rajouter sa petite touche au programme, rajoutant des heures par ci par là, des modules (dont certains sont indispensables). Les boomers s’extasient encore des copies à la plume des années 50 avec nostalgie en râlant sur le niveau actuel. C’est faire fi des nombreuses inégalités que le classement PISA ne montre pas, juste une banale compétition où la Chine occupe la première place du podium avec un système d’enseignement particulièrement brutal. Si les élèves sont rabaissés, les enseignants le sont aussi. Tributaires des lieux communs sur la fonction publique, mais aussi tenus de gérer de plus en plus de pans de l’éducation qui ne relèvent pas de leur matière.
– L’IA a comme effet de générer des sentiments contrastés. Entre fascination et rejet, la technologie est omniprésente dans les discours, plus que dans les cours. Aux élèves, on leur demande de ne pas trop l’utiliser, tout en sachant que ce sera inévitable à un moment donné, tout en sachant que certains emplois vont mécaniquement disparaître. Personne n’a de recul sur ce qui est encore quelque chose de très jeune (son usage de masse en tous cas), mais là encore, il y a le poids de la suspicion qui pèse : à partir de quand un élève triche. En parallèle les discours politiques ont intégré le principe de l’IA comme le nouveau cap à suivre dans le développement industriel du pays. En fin de compte, tout le monde doit composer avec un discours flou, des déclarations de principe et un objectif politique qui ne leur offre pas vraiment d’horizon.
– Enfin, il y a toute une grammaire de la sanction qui s’impose dés l’entrée au lycée. Respecter des règles communes, oui. Assiduité et ponctualité sont importantes, soit. Une tenue correcte, admettons, pas de crocs aux pieds, pourquoi pas. Puis c’est l’abaya, le voile, le téléphone portable. Chaque sujet de société devient une nouvel contrainte qui est sans cesse rappelée aux élèves. Des élèves qui deviennent régulièrement des enjeux politiques pour tout le monde ; personne n’a songé que la loi sur le téléphone portable chère à Macron, seul vestige de sa loi sur les réseaux sociaux était déjà un enfumage et une récupération.
Chacun des points relevés s’agrège dans un ensemble ; des petites violences, collectives ou individuelles, des inégalités et des injustices. Le jour où ça pète, il reste encore des gens qui s’étonnent. Pour notre part, nous sommes étonnés de les voir étonnés.
La violence est une question fondamentale dans une démocratie
Prenons une minute pour une petite aparté, vous avez vu la violence des échanges à l’Assemblée Nationale ? La façon dont les gens se parlent, en hurlant, se huant. Ce n’est pas anodin. Mais après tout, ce n’est pas vraiment surprenant non plus. L’intégralité de la classe politique n’est pas à la hauteur, LFI COMPRIS. La médiocrité de l’appareil politique, des querelles minables et de leur opportunisme, que pourriez-vous espérer ? Surtout en pleine année électorale. Fin de l’aparté.
Notre société est violente. Nous sommes face à un choix ici, protéger nos enfants de cette violence, et espérer qu’ils reprennent la main un jour pour une société plus apaisée ? Ou considérer que les jeunes doivent bien s’endurcir et apprendre à subir en se taisant ? Les discours politiques prétendent le premier en faisant le deuxième.
Alors un jour, patatras, des lycéens bloquent leur lycée le lundi matin. Et ce jour-là, la police était là.
D’accord, mais quelle police ? Commençons par imaginer comment il aurait fallu gérer ça. C’est un exercice facile quand on n’est pas aux commandes ? Peut-être, mais ce sont surtout des choix politiques. Ainsi, le ministre aurait pu transmettre une note aux préfets, qui l’auraient fait suivre aux commissariats. Chaque commissaire aurait donc pu mandater un commandant de police, avec un équipage, venir à la rencontre des lycéens. Mais vous êtes fous !!! c’est hyper dangereux, ils auraient été tués ! Non, car lundi dernier, les blocages étaient très festifs, les élèves chantaient et s’amusaient de ce contexte inédit pour l’immense majorité. Ainsi, la police, comme le proviseur auraient demandé la nomination de porte-paroles, et il y aurait un dialogue, des possibilités de cadrer un mouvement.
Que s’est-il passé ? Des CRS étaient là, prêts à en découdre. Ceci est un choix politique. Parce que les préfectures savent très bien gérer ça, comme avec les supporters des équipes de football, les associations structurées se coordonnent avec la police et tout se passe bien (ou en tous cas, mieux). L’histoire est bien connue, les jeunes ont compris le message envoyé, la tension est montée, certains sont allés chercher des feux d’artifices (ha non, pardon, des mortiers), d’autres ont défendu le feu devant le lycée. Premiers mouvements de la compagnie, utilisation de gaz. Le mardi, les lycéens avaient compris et sont revenus au lycée, puisqu’ils étaient encore ouverts. Re-blocage, montée de la tension encore plus rapide. Rebelote le mercredi. Jeudi et vendredi, des cortèges relient les établissements.
Oh mince, la police a perdu le contrôle ! Qui aurait pu croire que ça allait arriver alors que le monde nous envie (non) notre doctrine de maintien de l’ordre. Qui aurait pu prévoir, comme dirait l’immense philosophe au melon stratosphérique qui n’en a plus rien à foutre de rien. (spoiler : Macron)
Ainsi, cette semaine se solde par un nombre ahurissant d’interpellations et de gardes à vue. Des blessés graves parmi les jeunes, aussi. Certains lycéens sont mutilés. Reformulons, ils sont handicapés à vie parce qu’ils ont participé à un mouvement lycéen. A vie.
Mais après tout, bien fait pour leur gueule, fallait pas être violent !
Un traitement médiatique qui pose question
La rengaine occupe un espace conséquent dans les médias, fallait juste s’organiser et demander poliment. Sauf que quand c’est le cas, fin de non recevoir. C’est pas comme ça qu’il fallait faire. On aime sermonner la jeunesse quand elle ouvre sa gueule. L’État avait vu venir le mouvement, ils avaient mobilisé des CRS, Beauvau émis une note. Peut-être l’avaient-ils sous-estimé, admettons. Il a fallu que ça dégénère pour que le ministre de l’EN sorte la tête de son trou pour venir… condamner les violences. Nul. Au moins, son collègue Nunez est un exemple de compétence. Normal, c’est un haut fonctionnaire, il sait comment on gère ce genre de mouvement. Il a suivi un dogme politique, a été la main qui exécute pour son premier ministre, pas de débordement, on réprime fort. C’est un choix politique. L’État a déterminé le niveau de la violence dès le premier jour.
Heureusement que tout le monde est d’accord avec leurs revendications ! A ce moment-là, les lycéens se retrouvent accusés d’être manipulés (donc irresponsables) par LFI. C’est la seule réponse qu’a trouvé le gouvernement. Mélenchon est rentré dans leur tête, les pauvres, ça doit pas être sympa, le vieux est pénible. Nous avions parlé de Bally Bagayoko, et de l’obsession de l’entièreté du champ politique par son début de mandat. Il lâche devant un lycée de Saint Denis « la violence peut être légitime ». Inutile de parler de contexte, personne n’a rien retenu d’autre que ça. Mais c’est l’histoire de France qui repose sur la question de la légitimité révolutionnaire, la leçon est d’une déconcertante simplicité : la violence est légitime si vous l’emportez. C’est le fond de chaque lutte sociale, et c’est désolant de proposer ça aux lycéens.
Nous avons commencé le premier quinquennat Macron avec une France déjà sous tension après la loi travail El Khomri. La répression n’a été que la seule répression à tout mouvement social en France depuis 10 ans. Pas de l’incompétence, mais un choix politique conscient. Le gouvernement « ni de gauche » accuse l’opposition de manipulation. La gauche serait à l’origine de la violence et y appellerait, ça nous change des jeux vidéos. Répondons une fois pour toute : les revendications des lycéens sont en grande partie la ligne politique de TOUS les partis de gauche. C’est normal de voir des élus allant à la rencontre des lycéens ou encadrer une manifestation.
L’extrême droite appelle à l’ordre tout en taclant le gouvernement sur PISA. Matthieu Valet, expert ès éducation et maintien de l’ordre vient éructer les éléments de langage du RN dans des pseudos débats où de toute façon, l’autre est inaudible. Tout ça pour brasser de l’air. D’autant que manifestement, l’extrême droite se fourre le doigt dans l’œil quant à la réalité du classement. Là aussi, il y a une forme de violence.
Le gouvernement est pris au piège. Entre la droite en pleine course à l’échalote sur le maintien de l’ordre, et la gauche qui retrouve dans ce mouvement social un carburant nécessaire, le pouvoir ne sait toujours pas vraiment où il crèche, et continue de balbutier son catéchisme de la répression.
Une police qui « travaille bien »
Ce mardi 6 octobre, nous comptons donc une moyenne de 1000 arrestations par jour, mais seulement 11 enquêtes IGPN, (18 le lendemain). Pour un syndicaliste policier, c’est la preuve que la police travaille bien. Après tout, il n’y a QUE deux plaintes pour tentative d’homicide, c’est vrai que c’est peu. Entre 9h et 18h, ils sont 6 syndicalistes policiers à se relayer sur les plateaux de BFM pour dédouaner leurs collègues à tout prix ! La tête dans l’eau ? On se noie pas dans 10 cm d’eau, voyons. Un tir de LBD à bout portant ? Il avait donné un coup de pied. Une main arrachée ? La grande question est le lycéen l’avait-il ramassé ou non ? On ne questionne pas la disproportion des moyens contre des lycéens. On questionne des points techniques.
Mais qu’est-ce que ça veut dire « travailler bien » ? En quoi la police travaille bien ? Le mouvement ne cesse de monter en intensité. Peut-être qu’en réalité, les CRS, eux-mêmes parents, soutiennent le mouvement et désirent, dans une bouffée délirante d’accélérationnisme, aller jusqu’à la bavure pour une véritable contagion du mouvement à toutes les couches de la société. Qui sait ? Spoiler, celui qui sera démissionné, c’est Geffray, personne d’autre. L’État ne négocie pas avec les terroristes, même s’ils ont 14 ans et demandent juste à être pris en compte dans une société qui n’a plus d’idée. La violence remplace le dialogue. Le bon sens en PLS.
Mercredi 7 octobre, Laurent Nunez fait retirer les grenades assourdissantes de l’arsenal dans la répression de ce mouvement. Bonne nouvelle, ils gardent les grenades de désencerclement qui ont fait tant de blessés pendant le mouvement des gilets jaunes. Ce genre de grenades ne semblent pas avoir été massivement utilisées contre les lycéens, ce qui signifie une chose, c’est que la police EST encore dans la retenue. Mais les syndicalistes policiers sont encore invités sur les plateaux pour râler qu’on leur enlève des « armes intermédiaires ». Plus intéressant, cette force de conviction d’être devenu la seule solution pour gérer un mouvement social, persuadé de protéger ceux dont ils défoncent la gueule.
Une autre réalité nous explose au visage (comme les grenades, nous direz-vous), le macronisme n’a jamais eu d’implantations locales. Il ne s’agit pas de la permanence d’un député, mais d’un carnet de contact auprès des responsables associatifs, politiques, syndicaux. Ces personnes que l’on appelle en premier quand la température monte, qui vont faciliter les prises de contacts. Le macronisme est le « non dialogue » dissimulé sous des méthodes de management moderne. Dans l’entreprise aussi, les cadres développent cette culture du clash ; on ne discutera que quand on sera dépassé. Drôle de leçon. Peut-être qu’ils ont raison, vu la faiblesse structurelle du mouvement syndical.
Enfin, il y a la violence des lycéens, celle qui occupe tous les discours politiques, la seule que le pouvoir reconnaît. Ces lycéens, la « Gen Z », sont capables d’être violents, d’aller à la confrontation. Mais cette génération est aussi archi drôle, s’amusant d’elle-même autant que du monde autour d’elle, tout en produisant ces moments de joie hyper cool. Amusant d’ailleurs de voir, que dans les endroits où les flics ne chargent pas et nouent un dialogue, les moments sympas sont partagés avec tout le monde. Même chose pour les solidarités, pour sortir une vieille dame des lacrymos ou pour s’entraider.
Et quand la foule chante « tout le monde déteste la police » c’est bien la preuve que la gauche était derrière tout ça, à manipuler les jeunes. Mettons nous à leur place. Pour la plupart, ils se confrontent à la police pour la première fois dans ce cadre. Et le moins qu’on puisse dire c’est que ça pique les yeux et racle la gorge. Quand un flic vient dire
Résumons : Le lycée se dégrade et se fait relai de la violence institutionnelle, les lycéens se mobilisent, le gouvernement envoie les flics. Remettons les choses dans l’ordre, nous pouvons l’affirmer, le gouvernement est entièrement responsable de la violence, il en a fixé l’intensité.
Inutile de nous parler de casseurs infiltrés ou de LFI, le gouvernement a créé les conditions pour que ça dérape. Et sa seule réponse aujourd’hui, c’est une loi en urgence pour faire payer la casse à n’importe quel interpellé. En clair, ne soyez pas celui qui court le moins vite. Et peu importe si on remet en question un principe de la loi (l’individualisation), encore un cadeau fait au futur quinquennat de Marine Le Pen.
Peut-être que ça en choque certain de découvrir ces violences institutionnelles, après tout, on n’en meurt pas. Très bien. Alors, projetons alors la même violence à l’hôpital, entre conditions de travail et d’accueil des patients. Nos sociétés libérales n’ont comme projet pour le secteur de la santé que des économies, des budgets en baisse, tout en montrant des hôpitaux tout neufs qui masquent mal les tensions dans les services ou les fermetures. La dette l’emporte face aux besoins matériels et humains. L’épisode du COVID a montré que l’institution tient, mais qu’elle souffre, et que cette souffrance se retourne contre les patients qui peuvent passer des jours sur un brancard dans un couloir, parce que personne n’a le temps de les prendre en charge.
Là encore, tant que ça tient, on laisse le système se dégrader jusqu’à la prochaine réforme qui s’en prendra à ce qui maintient encore a tête du système hors de l’eau. Pire que ça, personne ne retient les leçons.

