Debunkers des rumeurs / hoax d'extrême droite

Debunkers des rumeurs / hoax d'extrême droite

LGMT préfère les "historiens people"

Le sujet de l'histoire est sensible. A l'extrême droite aussi. Beaucoup de hoaxes concernent ce sujet chez les fafs. Et en voici un de plus chez l’inénarrable boborowski de "la gauche m'a tuer" (LGMT).

LGMT secrets d'histoire.jpg

Pour la faire très courte:

"la gauche veut supprimer l’émission "secrets d'histoire" de Stéphane Bern".

Totalement faux, mais ne le prenons pas pour un imbécile: il le sait, c'est simplement une manipulation, un mensonge, de la propagande.
-Parce qu'il ne s'agit absolument pas de supprimer cette émmisiion
-Deuxio que la personne qui a attiré l'attention sur ce sujet n'est pas "la gauche toute entière" mais le "parti de gauche" par l'intérmédiaire de JL Mélenchon.

 

Que lui reproche t'il?

On trouve sur le blog d'Alexis Corbière une copie de la lettre adressée à F2:

 

Madame la Présidente,

 

Demain, à l’occasion de la cérémonie qui aura lieu au Panthéon, des femmes et des hommes qui ont lutté pour que vivent les valeurs de la République seront célébrés pour qu’on ne les oublie pas. Malgré cela, nous regrettons qu’en dehors de ces moments exceptionnels, le service public audiovisuel n’ait pas compris le rôle fondamental de l’Histoire et de la mémoire.

C’est à ce sujet que nous voulons attirer votre attention sur les contenus des programmes proposés par France Télévisions dédiés à l’Histoire et particulièrement l’émission « Secrets d’Histoire » diffusés sur France 2 qui rencontre depuis sept ans un succès d’audience grandissant. Cette dernière est aujourd’hui devenue pour nos concitoyens la principale émission d’Histoire qui rassemble régulièrement 3 à 4 millions de téléspectateurs.

Il va de soi pour nous que ce n’est pas aux responsables politiques de définir les contenus des programmes proposés par France Télévisions. Mais en revanche, nous croyons utile, que comme tout citoyen, nous fassions entendre notre opinion. De plus, à l’heure où un débat traverse notre société sur le contenu des programmes d’Histoire qui doivent être enseignés dans les collèges publics, pourquoi ne pas s’interroger sur les émissions proposées sur ce sujet par le service public audiovisuel ? Ces dernières disposent d’une audience bien plus importante que l’ensemble des enseignants d’Histoire de notre pays. L’enjeu est donc d’importance.

C’est donc sur l’émission mensuelle « Secrets d’Histoire » que nous souhaitons vous alerter. Elle est emblématique d’une tendance générale que l’on retrouve dans d’autres programmes de France Télévisions à vocation historique. Dans le dernier épisode du mardi 19 mai, consacrée à « Louis XVI, l’inconnu de Versailles », Louis Capet y est décrit sans nuances comme « un brave homme » aimant son peuple. On y présente sans pudeur tous les détails de sa vie intime et même les petites anomalies de ses organes génitaux. L’intérêt historique de ces anecdotes anatomiques est pourtant bien mince, vous en conviendrez. Par contre, il est «omis» de rappeler quelques moments plus sombres de son règne et s’ils sont évoqués de façon fugaces c’est pour être fortement minimisés. C’est le cas pour son action et sa correspondance afin de provoquer l’intervention militaire des puissances monarchiques contre la Révolution, activités qui sont au centre des accusations de trahison portées contre lui lors de son procès.

Parce qu’elle ne permet pas réellement au téléspectateur de réfléchir, cette façon si orientée et si caricaturale de présenter notre Histoire nous a convaincu de nous adresser à vous.

Nos remarques et critiques qui vont suivre ne portent pas sur la qualité de production de ce programme proposant toujours des images remarquables, ni sur la personnalité attachante de son animateur emblématique M. Stéphane Bern qui sait, mieux que quiconque, par sa faconde, faire aimer le sujet qu’il présente. Nos critiques portent sur les contenus idéologiques de ces émissions et le choix très orientés des sujets.

Depuis 2008, France 2 a diffusé 88 épisodes différents de « Secrets d’Histoire ». Sur ces 88 opus, plus de 60% sont consacrés exclusivement à des monarques et leurs favorites. Sur les moins de 40 % restant, dont l’essentiel est consacré à des artistes (écrivains et peintres), ou des personnages folkloriques et très secondaires de l’histoire universelle (Mata Hari, le chevalier d’Eon, Robin des Bois, la bête de Gevaudan, etc.) seulement 5 émissions, soit 6% ( !) de la totalité, ont été consacrée à des personnalités ou des lieux liés à la République. En voici la liste précise  et exhaustive : le Général de Gaulle, Georges Clemenceau, Georges Danton, la journée du 14 juillet 1789 et le Palais de l’Elysée. C’est tout. C’est peu.

Sur l’ensemble de ces 88 émissions, seulement un tiers est consacré à des femmes qui ne sont souvent présentées qu’à titre de « femme de… » ou « favorite d’untel.. ». C’est une présentation pour le moins limitée de la place des femmes dans l’Histoire.

De plus il est navrant de constater qu’aucune des ces femmes ou hommes racontés dans ces « Secrets d’Histoire » n’a par exemple la peau noire ou est originaire des Caraïbes, d’Afrique du nord ou sub-saharienne hormis deux épisodes consacrés au roi et reine d’Egypte Toutankhamon et Cléopâtre ! Toussaint Louverture, Félix Eboué, Frantz Fanon ou combien d’autres, le choix ne manque pourtant pas dans notre histoire nationale.

Alors que deux épisodes sont consacrés à la vie de Jésus et quelques autres à des sujets religieux (notamment le Vatican) aucun ne présentent le moindre philosophe des Lumières où ne s’intéresse à une seule figure du combat pour l’émancipation laïque. Pourquoi passer sous silence les destins de Denis Diderot, Jean-Jacques Rousseau ou Voltaire qui donnent pourtant leurs noms à tant de rues, boulevards et écoles publiques ?

La grande famille intellectuelle du socialisme et communisme, qui a tant marqué l’histoire de France, est totalement effacée puisque ni Jean Jaurès, ni aucun autre n’était présenté. Aucun révolutionnaire français (hormis le controversé Georges Danton dans un épisode d’ailleurs plus court que tous les autres) mais Charlotte Corday qui assassina Jean-Paul Marat aura bien droit à un épisode élogieux puisant dans la tradition contre-révolutionnaire. A l’exception de l’émission consacrée au 14 juillet 1789, aucune des nombreuses Révolutions et grands moments de mobilisations sociales et politiques (1830, 1848, 1870, 1936, etc.) qui ont marqué notre pays, l’ont fait connaître dans le monde entier, et qui s’incarnent dans les destins de femmes et d’hommes remarquables n’a droit à un seul épisode. Auguste Blanqui, Louise Michel et combien d’autres sont ainsi gommés de notre Histoire. Même la famille Romanov a droit à deux épisodes qui rappellent sa fin tragique, ainsi que l’illuminé Raspoutine qu’ils accueillaient dans leur cour, mais aucun « Secrets d’Histoire » ne présentera les personnages majeurs de la Révolution russe de 1917 qui a pourtant fortement davantage marqué l’histoire du 20ème siècle que celle du Tsar.

Au total, quand on examine dans le détail cette longue liste des thèmes choisis par « Secrets d’Histoire » on est frappé par la manière dont elle efface méthodiquement des pans entiers de notre Histoire de France et universelle. D’une façon déséquilibrée, chaque épisode valorise de façon quasi systématique et outrancière des rois et reines, et même la principauté d’opérette et paradis fiscal de Monaco, au détriment de tous ceux qui ont lutté pour l’égalité et la justice.

Ne croyons nous pas qu’il existe des femmes et des hommes ayant consacré leur existence au progrès, à la recherche, à l’émancipation humaine, dignes d’être mieux connus par nos concitoyens ? Pourquoi valoriser avec obstination des personnages qui bien souvent n’ont fait rien d’autre que « de se donner la peine de naitre » ? Finalement, avons nous si peu d’estime pour la République et celles et ceux qui ont lutté pour elle ?

En procédant ainsi, c’est l’Histoire réelle de notre pays que l’on ampute et que l’on déforme. De cette Histoire tronquée, nostalgique des rois et reines, présentant le peuple comme un acteur historique secondaire et brutal quand il se mobilise, rien de bon pour l’avenir ne sortira. Et puis, ce que l’on nomme « les Grands Hommes » ne sont grands finalement que parce qu’ils occupent une place dans le structure sociale où sont concentrées d’immenses ressources qui sont le fruit du travail collectif des peuples.

Il nous semble qu’il est plus que temps que la direction de France Télévisions fasse un rappel à l’ordre aux producteurs et concepteurs de ces émissions. Nous aimerions savoir pourquoi les choix idéologiques qui dominent ces programmes sont toujours ceux de la sous-valorisation des principes républicains et laïques ?

Car quel intérêt à faire entrer au Panthéon les dépouilles de quatre grandes personnalités républicaines, comme l’a décidé le Président de la République, si la principale émission historique ne semble vouloir promouvoir essentiellement que des personnages liés à l’Ancien Régime. Etrange paradoxe, non ? Cette longue liste de « Grands Hommes » couronnées constitue au final presque un Panthéon télévisuel. Mais si les révolutionnaires de 1789 ont créé le panthéon, c’est justement pour ne pas y mettre les rois ! Ce que fait « Secrets d’histoire » est à rebours du processus qui depuis le 18e siècle a d’abord conduit les hommes des Lumières à construire la figure du « grand homme » pour lui faire une place dans la galerie des rois, pour ensuite considérer que tous les rois ne sauraient être des grands hommes, avant de montrer que bien souvent, les « Grands Hommes » sont les victimes des rois ! Finalement, « Secret d’histoire » tient plus de la basilique Saint Denis que du Panthéon.

Nous pensons soulever là des questions qui ne sont pas secondaires. Nous sommes profondément convaincus que le passé que l’on enseigne révèle toujours le futur que l’on veut construire. Aussi, nous souhaiterions maintenant que le service public d’audiovisuel joue pleinement son rôle de service public, plutôt que d’être le promoteur de la valorisation de valeurs et d’idées antirépublicaines souvent très réactionnaires.

Nous espérons vivement que ce courrier soit utile à cette réflexion et nous sommes disponibles pour en débattre avec vous.

Respectueusement,

 Jean-Luc Mélenchon  

http://www.alexis-corbiere.com/index.php/post/2015/05/26/Lettre-%C3%A0-la-Pr%C3%A9sidente-de-France-T%C3%A9l%C3%A9visions

 

Quelle différence entre cette incitation à réfléchir, et l'imprécation imbécile et mensongère de LGMT! Rien à voir!

 

Et ce problème ne date pas d'aujourd'hui et est même très prégnant:

De Lorànt Deutsch à Dimitri Casali, de Franck Ferrand à Stéphane Bern, de Patrick Buisson à Jean Sévillia, le territoire du champ médiatique où se cristallise une vision réductrice de l’histoire s’est élargi, selon le diagnostic posé par William Blanc, Aurore Chéry et Christophe Naudin. Les “historiens de garde” sont des “militants réactionnaires au sens propre”, précise dans la préface Nicolas Offenstadt, auteur de L’Histoire bling bling – Le retour du national, en 2009 : “Parce qu’ils valorisent un passé idéalisé et fabriqué contre ce qui leur déplaît dans le présent ; mais aussi réactionnaires dans leur conception de l’histoire ; ils négligent tous les subtils progrès d’un champ de recherche qui n’a cessé de s’ouvrir.” Alors que la recherche s’ouvre à des perspectives décisives, l’histoire globale, connectée, décentrée, les figures qui font profession de servir la connaissance historique à la télé font tout l’inverse. Ils manipulent les téléspectateurs avec une vision étriquée, nationaliste, conservatrice, fantasmatique de l’histoire.

Le sommet de cet “histotainment” rétrograde a été atteint par la série documentaire de Lorànt Deutsch, Métronome, diffusée sur France 5 en avril 2012, adaptée de son best-seller. D’un bout à l’autre de sa démonstration, le comédien apprenti sorcier prétend partir de l’histoire, mais “aboutit à une fiction” ; il tord les faits tout en les présentant comme une évidence indiscutée. Deutsch écrit un grand récit romanesque, avec des gentils et des méchants, un début, une fin, comme si la narration historique ne pouvait exister qu’à travers les codes du conte.

 

Tellement prégnant que nous ne saurions un fois de plus vous conseiller le très bon site des "Historiens de garde":

Le moment le plus intéressant fut cependant la partie consacrée à notre critique, et l’intervention d’Isabelle Veyrat-Masson. Précision loin d’être anecdotique : nous avions droit à 45 secondes de parole, contre une quinzaine de minutes pour les historiens de garde. Confirmation, après l’épisode Le Supplément de l’inégalité de traitement. L’introduction de Thomas Hugues, présentant notre démarche comme « pas sympa » donna le ton. La réponse de Ferrand eut le mérite de la clarté au sujet du roman national : « j’assume cette dimension de la belle légende qu’il faut mettre en valeur qui permet à tout le monde de se retrouver ; ça fait aussi partie des missions de l’histoire d’offrir des valeurs communes aux gens ». Mieux, il se présenta comme « celui qui affronte la communauté historienne et apporte de nouveaux éclairages », employant au passage le fameux terme si cher à Lorànt Deutsch, « éclairage ». Bern, de son côté, revendiqua une fois de plus son statut de « raconteur d’histoires », tout en étant le relais des « grands historiens ».

 

Les divers articles des tasin/fn/identitaires sur le sujet en sont la preuve: le sujet n'est pas anecdotique.

Pour en savoir plus:

http://www.leshistoriensdegarde.fr/le-site-des-historiens-de-garde-mode-demploi/

 



07/06/2015
13 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2316 autres membres