Debunkers des rumeurs / hoax d'extrême droite

Debunkers des rumeurs / hoax d'extrême droite

« Le PS veut des murs pour séparer les femmes des hommes » : hoax belge

18 février 2013

« En Belgique , un élu socialiste souhaite  qu’un mur soit construit dans la future cuisine d’un bâtiment communal car   selon lui, dans sa religion, les choses faites par les femmes doivent être cachées des hommes ».

 

C'était le communiqué-intox, en février 2103, fabriqué et diffusé par un parti d'extrême-droite belge, se dénommant "La Droite".


Alerté par les Debunkers,  le conseiller communal Abdurrahman Kaya (PS) a fermement démenti la calomnie.

 


DH.BE - La Dernière Heure, Belgique,  le 16 février 2013 :

Le mur (de cuisine) de la honte

 

Le PS Abdurrahman Kaya, confronté à un e-mail diffamatoire de l’extrême droite. Plainte contre cette volonté de (lui) nuire

ANDERLECHT Mis nommément en cause en un e-mail qui inonda les boîtes Outlook hier, Abdurrahman Kaya (PS), un mandataire communal d’Anderlecht d’origine turque qui affichera 53 étés en mai, portera plainte contre l’intempestif propagateur – ladroite.be.

De quoi parle-t-on ? De paragraphes qui stipulaient très explicitement que le discret élu, musulman notoire, aurait émis un “souhait” aux relents discriminatoires et sexistes : “Lors d’une commission de concertation et d’urbanisme préalable au dernier conseil communal, c’est bien le conseiller socialiste Abdurrahman Kaya (et non l’élu du parti Islam Redouane Ahrouch) qui a émis le souhait […] qu’un mur soit construit dans la future cuisine d’un bâtiment communal car dans sa religion, les choses faites par les femmes doivent être cachées des hommes.”

Poussant le raisonnement à son paroxysme, l(es) auteur(s) “condamnent fermement ces propos obscurantistes”; s’inquiètent de voir au sein du parti à la rose “un militant islamiste n’ayant rien à envier à son collègue d’Islam”; et, sous couvert de diffamation, réclament “l’inscription, dans la Constitution, de la nature laïque de l’É tat”.

Petit hic : d’après le mandataire visé, le contenu même du courrier électronique reposerait sur un mensonge “pur et dur”. Un : le prof de religion islamique se défend de s’être laissé à ces assertions. “Je n’ai jamais dit cela nulle part. On essaie de creuser ma tombe. Je ne sais même pas d’où ça sort…” Deux : Abdu Kaya, “totalement étonné”, portera plainte; réclamera des dédommagements. Il s’en est ouvert à Laurette Onkelinx, patronne de la régionale socialiste.

Le fin mot de l’histoire nous ramène début 2012. Un locataire du Foyer anderlechtois (société de logements sociaux locale) avait érigé un mur, brisant illégalement l’aspect cuisine américaine. En CA, notre homme supposa la construction liée à des convictions religieuses; et vota un règlement d’ordre intérieur l’interdisant.

Pourquoi droite.be balance-t-elle aujourd’hui cette attaque ? Mystère. Sauf à penser – d’aucuns ne s’en privent pas – qu’au sein même du PS, on l’écarterait bien de tout futur mandat (cela se décide en mars), lui qui, en octobre, cartonna… “Je n’ai pas d’ennemi !”, pensait la victime.

 

  • Bonus Debunkers :

1)   La Libre Belgique, 22 janvier 2013 :

Le leader de La Droite traîne de belles casseroles

Frédéric Chardon

 

EXCLUSIF En 2011, il a été condamné à 14 mois de prison “ferme”.

La nouvelle petite formation politique "La Droite" doit présenter ce jeudi son programme électoral pour 2014. La ligne idéologique de ce parti, créé notamment par d’anciens membres du Parti populaire (PP) de Mischaël Modrikamen, relève de la droite libérale "décomplexée", laïque, et qui tient un discours musclé vis-à-vis de l’Islam et de l’immigration. Mais, selon nos informations, le cofondateur et porte-parole de La Droite, Aldo-Michel Mungo, traîne quelques casseroles. C’est en tout cas ce que laisse penser un jugement du Tribunal de première instance de Bruxelles remontant au 7 février 2011.

En effet, par ce jugement, Aldo-Michel Mungo a été condamné à 14 mois d’emprisonnement "ferme" et à une interdiction pour une période de sept ans d’être administrateur, gérant ou commissaire d’une société commerciale, soit directement, soit par interposition d’autres personnes

Meubles saisis

Qu’a-t-il donc fait pour mériter une sanction aussi sévère ? Aldo-Michel Mungo louait depuis 2000 un appartement situé rue de Colombie à Bruxelles. Mais, en raison du non-paiement de loyers, un huissier a saisi ses meubles en 2005 (il a été condamné à payer au bailleur près de 10 000 euros). En avril, il est prié de quitter l’appartement en question. Il s’exécute mais il emporte avec lui le mobilier, qui pourtant faisait l’objet d’une saisie, et le place chez un garde-meubles en région parisienne. Sans avoir communiqué l’adresse aux huissiers.

Or, Aldo-Michel Mungo avait reloué dès la mi-avril 2005 une habitation à Waterloo. Dans sa décision, le tribunal reste dubitatif : "S oit le prévenu a déplacé de nombreux meubles vers la région parisienne alors qu’ils auraient pu équiper son logement à Waterloo, ce qui démontrerait son intention de les faire échapper à une saisie en Belgique, soit il a placé ces meubles à Waterloo en se gardant bien de le faire savoir à la partie saisissante. [ ] Ce déplacement répondait assurément à l’intention de faire échapper les meubles à toute mesure d’exécution . "

Sites pornos

Plus grave sans doute : le porte-drapeau de La Droite a organisé de manière frauduleuse son insolvabilité en se cachant derrière des sociétés profitables où pourtant différentes saisies se sont avérées vaines, note le Tribunal. Aldo-Michel Mungo était pourtant bien solvable car " le prévenu a admis être le bénéficiaire économique de plusieurs sociétés actives dans les sites pornographiques et être l’organisateur de salons de l’érotisme, autant d’activités qui sont notoirement rémunératrices; le simple fait qu’il ait pu louer, durant la période infractionnelle, un appartement à Neuilly (800 euros par mois avec les charges) et une maison à Waterloo (loyer de 1 600 euros par mois) donne la mesure des moyens qui étaient alors les siens ".

Domiciles fictifs

Dans le même esprit, " afin de permettre à ses biens d’échapper à toute saisie, il s’est fait fictivement domicilier en France et a sciemment négligé de se faire inscrire à l’adresse de son domicile effectif en Belgique où il avait pourtant le siège de ses intérêts ".

En effet, note encore le Tribunal, une perquisition menée en 2006 dans son habitation de Waterloo où il n’était pas domicilié a montré qu’il y résidait bel et bien. Par ailleurs, sa domiciliation officielle à Neuilly " paraît fictive ".

Autre bizarrerie : des domiciles au Congo et à Monte-Carlo. " La domiciliation du prévenu au Congo depuis décembre 1996 jusqu’à ce jour, alors qu’il a admis à l’audience n’avoir plus résidé dans ce pays depuis 2008 et n’y avoir jamais eu de titre de séjour achève de convaincre du caractère fantaisiste de ses inscriptions domiciliaires successives; le prévenu a étrangement produit une carte de presse française délivrée ou réactivée en 2010 dont il ressortirait qu’il serait domicilié 44, boulevard d’Italie à Monte-Carlo ", constate le Tribunal de première instance de Bruxelles.

Bref, la vérité judiciaire est nette : 14 mois de prison (sans sursis), une amende de 500 euros, interdiction pendant sept ans d’avoir des activités dans une société commerciale Soit " une peine exemplaire, doublée d’une interdiction professionnelle sévère ".

Imbroglio

Contacté hier, Aldo-Michel Mungo affirme que le document du jugement du tribunal que nous avons en notre possession est un faux, qu’il a été fabriqué de toutes pièces et diffusé afin de lui nuire. Le porte-parole de La Droite affirme également avoir déposé une plainte pour calomnie et diffamation à ce sujet.

Franchement pas très clair C’est le plaignant (l’avocat bruxellois Paul Vanisterbeek), contacté également hier, qui nous en apprend davantage : selon lui, le jugement a été porté en appel. La décision est attendue pour février.

 

2) La Libre Belgique, 22 mars 2013 :

Aldo-Michel Mungo, le patron de "La Droite", s’en sort bien

Frédéric Chardon

[..............]

Contacté avant la parution du premier article sur sa condamnation en première instance, Aldo-Michel Mungo avait eu une réaction étrange : il avait affirmé que le document du jugement en notre possession était un faux. Et qu’il avait été fabriqué de toutes pièces et diffusé afin de lui nuire.

"La Droite" avait ensuite envoyé, par communiqué de presse, de multiples annonces d’action en justice imminente et de plaintes devant le conseil de déontologie journalistique contre l’auteur de ces lignes. Mais aucune suite n’avait été donnée à ces menaces.



01/04/2013
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