Debunkers des rumeurs / hoax d'extrême droite

Debunkers des rumeurs / hoax d'extrême droite

L'extrême droite française complice de tentatives de manipulations boursières sur le gaz entre Moscou et l'occident

Nous le constatons très souvent, autant certains hoaxes concernent des points de détails (mais souvent très symboliques) autant parfois les conséquences politiques peuvent être assez impressionnantes. Et très souvent dans ces cas là, le problème implique une puissance étrangère. On se rappellera le cas du hoax Angolais...
C'est là que l'on mesure réellement la volonté de la fachosphère de déstabiliser quelque chose.

Beaucoup de ce type de hoaxes concernent l'Afrique, une bonne partie concerne la Russie, phénomène facilement expliqué par les bonnes relations qu'entretiennent ceux ci avec la fachosphère française.
En voici un nouvel exemple:

novorossia.jpg

 

Nous avions déjà épinglé "Novorossia" dans une grave affaire: http://www.debunkersdehoax.org/euthanasie-en-lituanie-cathos-integristes-pros-russes-fachos-et-soraliens-main-dans-la-main

C'est à nouveau le cas puisque une bonne partie de la fachosphère de préférence dieudo soralienne) reprends cet infaux gravissime:

  • "Médiocrité et consternation"

E&R.jpg

 

  • Le "Cercle des volontaires"

cercle volontaires.jpg

 

  • "Global presse"

 

global presse.jpg

 

Mais aussi "media presse infos", "quenel+", bref la quasi totalité des avatars navrants de la soralo dieudosphère.
Le tout est un quasi copié/collé parfait, qui se transmet tel quel, sans aucune vérification, de la pravda fascistoïde...

 

Et pourtant, il y avait de quoi faire!
Reprenons à zéro.

Et tout d’abord le texte incriminé:

 

En quelques jours la Russie a racheté presque tous ses actifs gaziers et pétroliers pour trois fois rien

Comment Poutine a roulé dans la farine les investisseurs occidentaux.

En quelques jours la Russie a racheté pour trois fois rien presque tous ses actifs gaziers et pétroliers détenus par des financiers. La chute du rouble ainsi les bruits qui ont couru que la Banque Centrale de la Russie n’avait pas de moyens pour le consolider ce qui allait provoquer aussi la dévalorisation des actions, y ont grandement contribué. C’est ce qu’a annoncé début janvier la chaîne RT en citant comme source le portail d’information “InSerbia”.

“La Russie a fait un coup de “mat à l’étouffé”, – écrit la source. Grâce à la chute du rouble, Moscou a réussi à récupérer la plupart de ses actifs en possession chez des détenteurs étrangers, et en plus gagner 20 milliards de dollars seulement en quelques jours”.

Il est connu qu’auparavant, quasi la moitié des revenus de la vente du gaz et du pétrole allait non pas au Trésor public russe, mais chez des requins de la finance occidentaux. Avec la crise ukrainienne, le rouble s’est mis à baisser, suite à ça, les indices des actions des compagnies énergétiques russes se sont mis à chuter, eux aussi. Les gros bonnets financier occidentaux on paniqué et se sont mis à les écouler, tant qu’elles avaient encore de la valeur.

” Poutine a laissé les choses venir pendant une semaine ne faisant que sourire lors de la conférence de presse, et lorsque les indices se sont retrouvés au plus bas, il a donné l’ordre de racheter immédiatement les actifs détenus par les européens et les Américains. Lorsque les gros bonnets financiers se sont rendus compte d’avoir été bernés, il était déjà beaucoup trop tard. A présent tous les revenus de la vente du gaz et du pétrole resteront en Russie, le rouble va se consolider de lui-même sans qu’on ait à dépenser les réserves de change”.

“Les requins financiers européens sont restés le bec dans l’eau : en quelques minutes la Russie a racheté pour trois fois rien les actifs gaziers et pétroliers qui valent des milliards. On n’a jamais vu une opération aussi époustouflante depuis la création la bourse de valeurs”, – a conclu “InSerbia”.

 

  • Introduction :

Cet article, tant de fois reproduit sur la fachosphère, prétend[1] que Poutine a réalisé 20 milliards de dollars de plus-value (presque le double du trou de la Sécu en France, rien que ça !) sur les marchés financiers en rachetant des actions d’entreprises de gaz et de pétrole russes à des investisseurs occidentaux qui se seraient fait bernés grâce à une superbe stratégie du pouvoir russe.

L’article est publié sur le site Novorossia.today. Novorossia, « Nouvelle Russie » en russe, est le nom retenu pour appeler les zones de l’est de l’Ukraine réclamé par les séparatistes pro-russes (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle-Russie_(%C3%89tat)).

Cette zone étant en guerre, on peut donc se poser la question de savoir s’il s’agit d’un article d’information ou plutôt d’un texte de propagande.

Pour démonter ce hoax, nous allons répartir les problèmes (il y en a beaucoup, un vrai succès, pour les faussaires, pour un texte si court). Ainsi, nous verrons dans une première partie les problèmes de forme et ensuite les problèmes de fonds.

 

  • I. Problèmes de forme :

Au-delà des quelques erreurs de syntaxe et/ou de traduction (cf. « La chute du rouble ainsi (sic) les bruits qui ont couru que la Banque Centrale de la Russie ») qui donnent déjà un aperçu d’un intérêt moindre pour la rigueur par rapport à l’objectif de propagande, plusieurs autres problèmes de forme existent :

I.1 Photo de Poutine faisant un clin d’œil en début de page :

Quand on voit la tentative de transformer Poutine en beau gosse sûr de lui, on se dit que les auteurs aiment le risque… et que le ridicule ne tue pas…

I.2 Lexique guerrier et flatteur pour Poutine (on se demande qui finance les séparatistes pro-russes…) alors qu’il est dévalorisant pour les occidentaux :

«La Russie a fait un coup de “mat à l’étouffé” », « requins de la finance occidentaux », « les gros bonnets financier occidentaux », « on n’a jamais vu une opération aussi époustouflante depuis la création la bourse de valeurs » ...

I.3 Mauvaise utilisation du vocabulaire financier :

Si la phraséologie de propagande est bien utilisée, il n’en est pas de même des termes de finance de l’article de Novorossia en français. En effet, le traducteur se mélange les pinceaux entre le concept d’ « actif » (bien possédé par une entité) et celui de société côté en bourse.

Le problème viendrait d’une mauvaise traduction du mot anglais « stock », repris dans l’article « source » (cf. ci-dessous) dont la traduction a donné « actif » au lieu d’ « action ». Encore une fois, l’article brille par son sérieux et ça ne s’arrête pas là.

I.4 Problème avec la source de l’information :

I.4.1 La « source » initiale de l’article est « RT » (chaîne russe appartenant à l’Etat…) qui se serait basé sur les dires d’« InSerbia » : « c’est ce qu’a annoncé début janvier la chaîne RT en citant comme source le portail d’information “InSerbia”» (cf. premier paragraphe).

Chaîne publique, la fiabilité de RT pourrait être remise en question également sauf qu’aucune mention de ces transactions n’est reprise sur le site de RT. Il nous a été impossible de trouver ne serait-ce qu’une seule référence à celles-ci, malgré des recherches des mots clés « stock » (action) et oil (pétrole) (http://rt.com/search/everywhere/term/stock+oil/),  ou « billion » (milliard) et « dollars » (http://rt.com/search/everywhere/term/billion+dollars/). Nous avons également tenté une recherche de « InSerbia » (http://rt.com/search/everywhere/term/inserbia/) mais nous n’avons trouvé qu’un seul article qui n’a rien à avoir avec le sujet et qui date de mai 2013…

C’est un peu surprenant qu’une telle information soit passée sous silence par RT… source initiale de l’article… Qu’en est-il d’ « InSerbia » ?

I.4.2 L’article est en gros une reprise d’un texte d’ « InSerbia » (http://inserbia.info/today/2014/12/grandmaster-putin-russia-earns-20-bln-recovers-stocks-of-its-companies/), traduit en français. Que savons-nous de plus par ce biais ? Rien si ce n’est que Poutine est aussi un « grand maître » (sic).

« InSerbia » cite une autre source (« Novosti », dont le site n’a pas d’article en langue étrangère) sans donner d’autres éléments concrets (dates des opérations, détail du calcul de la plus-value, places financières où eurent lieu les achats russes, nom des entreprises concernées…). Donc, pour résumer, l’article de Novorossia cite RT qui lui-même citerait « InSerbia » et ce dernier fait référence à « Novosti ».

 

Beaucoup de citations, aucun élément concret.

 

Il est quand même étonnant que RT, grand média russe, « cite » un texte (celui d’InSerbia ») comme source d’une information si importante (l’opération « la plus époustouflante depuis la création de la bourse de valeurs » quand même !) alors que ce dernier ne se limite qu’à faire référence à une autre source. C’est d’autant plus surprenant qu’ « InSerbia » brille aussi par des erreurs de syntaxe, mais cette fois-ci dans la langue de Shakespeare : « …profit from oil and gas companies did not went (sic) to Russia treasury… » et fait donc preuve de légèreté.

  • I.5 Absences de données concrètes et présence de nombreuses approximations :

I.5.1 Le début de l’article parle d’un gain de 20 milliards de dollars réalisé par les russes en seulement quelques jours. Tout d »abord, de qui parle-t-on concrètement : de l’état, des entreprises ou des particuliers ?

Par ailleurs, aucune date n’est précisée. Il en est de même pour les noms des entreprises ou la méthode de calcul permettant de la plus-value réalisée. Combien d’actions sont concernées ? On ne cite même pas sur quelle place financière les opérations ont eu lieu (Londres, Paris, New York, Moscou, le Pôle Nord ?).

 

Plus c’est flou, plus c’est invérifiable… et quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup !

 

En effet, il s’agit ici de données importantes pour prouver une telle affirmation car une plus-value se calcule en comparant la valeur d’achat et la valeur de vente des actions d’une société. Or, d’après le texte, les achats initiaux étaient faits par les « requins de la finance », et donc forcément à des dates différentes. Il est par conséquent difficile, voire impossible, de connaître la valeur de tant de titres de bourse.

Et pour compliquer les choses, l’article ne cite pas la date de vente aux russes. Donc, il n’y aucune façon de confirmer un gain de 20 milliards de dollars

Avancer de tels chiffres ne peut que rendre le lecteur, doté d’un minimum d’esprit critique, pour le moins dubitatif. L’auteur aurait dû présenter ces données pour prouver ces dires …

I.5.2 En plus de ne pas préciser de dates, l’article se contredit lui-même quant à la durée des événements. Alors que le titre et le premier paragraphe parlent de transactions réalisées « en quelques jours », le dernier paragraphe va encore plus loin parlant de « quelques minutes ».

La même contradiction est retrouvée dans la « source » (l’article d’ « InSerbia ») : « Russia […] in few days earned $ 20 billion » en début d’article et « in a few minutes, for pennies, Russia bought stocks worth billions in profit from oils and gas » dans le dernier paragraphe.

« InSerbia » pousse encore plus en annonçant que les opérations eurent lieu en un seul jour dans l’avant-dernier paragraphe, et au passage change le montant de la plus-value : « Russia made more than $ 20 billion that day ».

I.5.3 Mais les contradictions ne s’arrêtent pas là… D’un côté (titre et premier paragraphe), on nous parle d’un achat de « presque tous [les] actifs (sic) gaziers et pétroliers » et de l’autre on dit implicitement que ce sont toutes les actions qui ont été achetées : « à présent tous les revenus de la vente du gaz et du pétrole resteront en Russie » (étant donné que le bénéfice est distribué en fonction des parts détenues, cette phrase dit implicitement que toutes les actions sont désormais en mains russes, toujours sans préciser lesquelles).

Vous voulez encore un autre chiffre ? « InSerbia » parle lui de 30 % dans le sous-titre... avant de dire, dans le quatrième paragraphe que « Poutine a ordonnée l’achat de toutes les actions » et, dans l’avant-dernier, que tous les revenus sont désormais en mains russes.

Notons au passage qu’« InSerbia » prétendrait donc ici que tous les capitaux sont désormais possédés par l’Etat Russe. On reviendra sur ce point.

 

  • II. Problèmes de fonds :

Mais nous n’arrêtons pas à la confusion qui règne dans la tête des faussaires, et passons à l’analyse du fonds du problème.

L’article prétend que :

- Le pouvoir russe a roulé dans la farine les « requins de la finance occidentaux » grâce à la baisse de la valeur du rouble, qui serait due à la situation en Crimée. Poutine aurait laissé « les bruits qui ont couru que la Banque Centrale de la Russie n’avait pas de moyens pour le consolider » sans les démentir, « ne faisant que sourire lors de la conférence de presse ».

- Cette baisse du rouble a dévalorisé les actions des entreprises de gaz et de pétrole russes. Et c’est là que le machiavel de la finance « a donné l’ordre de racheter immédiatement les actifs (sic) détenus par les européens et les Américains ».

- Ces actions ayant été artificiellement sous-évaluées, les russes auraient gagné au moins 20 milliards de dollars.

Le pouvoir russe a roulé dans la farine les « requins de la finance occidentaux » grâce à la baisse de la valeur du rouble, qui serait due à la situation en Crimée. Poutine aurait laissé « les bruits qui ont couru que la Banque Centrale de la Russie n’avait pas de moyens pour le consolider » sans les démentir, « ne faisant que sourire lors de la conférence de presse ».

I

I.1 Premièrement, la chute du rouble n’est aucunement liée à la situation en Crimée. En effet, alors que le rattachement de ce territoire Ukrainien à la Russie fut formalisé par Poutine le 18  mars 2014, la rouble commença sa chute vertigineuse fin novembre 2014 :

chute rouble.png

Graphique 1 - taux de change du rouble vs le dollar :

 

Source Bloomberg : http://www.bloomberg.com/quote/RUBUSD:CUR/chart

 

La cause de cette chute n’est liée exclusivement à la situation en Crimée (le taux de change reste relativement stable jusqu’à cet été), même si elle joue aussi un rôle. Comme on le verra plus loin, et ceci est primordial pour réellement comprendre ce qui se passe, la soudaine baisse du rouble est principalement liée à la chute du prix du pétrole.

II.2 Ensuite, il est dit qu’il y avait une rumeur comme quoi la Banque Centrale Russe ne pouvait pas intervenir pour éviter la chute du rouble et que Poutine a laissé tout le monde croire ceci. Là encore, la vérité est toute autre.

Suite à la chute aux abimes de la devise, Poutine a demandé le 4 décembre 2014 à la Banque Centrale Russe d’intervenir  (source Le Monde : http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/12/04/chute-du-rouble-m-poutine-reclame-des-mesures-contre-les-speculateurs_4534201_3234.html) :

« Le cours du rouble ne peut pas devenir impunément un objet de spéculation. Je demande à la Banque centrale et au gouvernement de prendre des mesures sévères pour faire passer l’envie aux spéculateurs de jouer sur les fluctuations du cours du rouble ».

 

Poutine ne s’est donc pas contenter de faire de sourire bêtement devant la presse en laissant la situation se dégrader.

Après l’accélération de la dévalorisation du rouble[2] à la mi-décembre 2014, la Banque Centrale Russe a fortement relevé ses taux d’intérêt (source Le Monde : http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/12/16/riposte-de-la-banque-centrale-russe-apres-la-chute-du-rouble_4541037_3214.html) afin de défendre la valeur de la devise russe :

- à 10,5 % le 11 décembre 2014,

- à 17 % le 15 décembre 2014.

Pendant ce temps-là, le numéro 2 de la Banque Centrale Russe, Sergueï Chvetsov, a déclaré « La situation est critique. Même dans les pires cauchemars, on n’aurait pas pu imaginer il y a un an ce qui se produit actuellement »  et « après la décision d’augmenter le taux directeur, d’autres mesures de la banque centrale suivront » (source Le Monde : http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/12/16/cinq-questions-sur-la-degringolade-du-rouble_4541473_3234.html).

Il n’y a donc pas eu d’inaction de la part de la Banque Centrale non plus, Le Monde parlant même de « spectaculaire […]  tour de vis monétaire ».

Cette baisse du rouble a dévalorisé les actions des entreprises de gaz et de pétrole russes. Et c’est là que le machiavel de la finance « a donné l’ordre de racheter immédiatement les actifs (sic) détenus par les européens et les Américains ».

II.2 Comme on l’a vu auparavant, l’article ne s’embête pas à fournir des informations précises sur les opérations ayant permis à la Russie gagner 20 milliards de dollars, notamment le nom des entreprises faisant l’objet de la plus-value.

Afin de poursuivre notre recherche, on s’est intéressé à Gazprom, principale capitalisation russe (source Gazprom : http://www.gazprom.com/investors/stock/) et première au monde dans le secteur du gaz et du pétrole (source Gazprom : http://www.gazprom.com/investors/info/). Ces actions ont-elles brusquement baissé fin décembre, permettant une hypothétique plus-value ?

Pour répondre à cette question, nous fournissons les sources de nos informations, contrairement aux faussaires. Ainsi, il faut savoir que Gazprom est coté à Moscou (MICEX) en rouble (RUB), à Londres (LSE) en dollars (USD) et à Francfort (FSE) en euros (EUR) (source Gazprom : http://www.gazprom.com/investors/stock/stocks/).

prix gaz rouble.png

Graphique 2 -  variation du prix des actions à Moscou (RUB) :

 

 

2.png

Source Gazprom : http://www.gazprom.com/investors/stock/stocks/

Graphique 3 - variation du prix des actions à Londres (USD) :

 

 

3.jpg

Source Gazprom : http://www.gazprom.com/investors/stock/stocks/

Graphique 4 - variation du prix des actions à Francfort (EUR) :

Source Gazprom : http://www.gazprom.com/investors/stock/stocks/

 

Que constate-t-on ? Nous avons une baisse des actions sur les trois places financières aux mêmes dates que celles de la chute du rouble : début de la baisse à fin novembre et forte chute à la mi-décembre. Si on suivait la rhétorique de « Novorossia » et « InSerbia » c’est à ces moments-là (fin novembre et mi-décembre) que les rachats devaient avoir lieu et non, comme ils laissent paraître, à la fin décembre.

Il est vrai que sur la place de Moscou, la baisse de mi-décembre est retrouvée fin décembre. Néanmoins, selon « Novorossia » et « InSerbia » la stratégie de Moscou consistait à acheter les actions selon la dépréciation du rouble et celle-ci ne connut qu’un pic à la mi-décembre (cf. graphique 1 de Bloomberg). Si ces articles voulaient rester logiques avec eux-mêmes c’est donc à cette date qu’auraient dû se faire les achats et non à la fin de l’année.

Ces actions ayant été artificiellement sous-évaluées, les russes auraient gagné au moins 20 milliards de dollars.

II.3 Comme on l’a vu, précédemment les faussaires disent que le rachat concerne tantôt 30 %, « la plupart » ou l’intégralité des actions détenues par des investisseurs occidentaux. Dans tous les cas de figure, un tel rachat représenterait un réel bouleversement pour des sociétés telles que Gazprom.

Pourtant, aucune référence à une telle opération n’est faite sur le site de Gazprom, ni de ses pour la presse (http://www.gazprom.com/press/) ni dans la section concernant les investisseurs (http://www.gazprom.com/investors/). La société continue de déclarer que l’Etat russe ne détient qu’un peu plus de 50 % de ses actions et ne présente que la répartition du capital du 8 mai 2014 (http://www.gazprom.com/investors/stock/ et http://www.gazprom.com/investors/stock/structure/). Par conséquent, on peut en déduire qu’il n’y a pas eu de bouleversement dans la structure du capital de la société.

 

Par ailleurs,   Gazprom souhaite rentrer dans la bourse de Singapoure. On n’est loin de l’évitement des « requins de la finance ».

Conclusion :

 

Autant dire que l'article est un infaux de première sur la situation boursière Russe! Mais un véritable article de propagande de guerre pour les gogos! Ce que l'article ne dit pas, et pour cause vu son absence d'objectivité, c'est qu'il y a bien des bouleversements dans les marchés financiers Russes, mais c'est la Russie qui y perd!

Nous y reviendrons dans un prochain article.

Encore une fois, les Debunkers posent la question de la dépendance idéologique de l'extrême droiute française à une puissance étrangère comme la Russie.
On rappellera pour la bonne bouche ceci:

 

Un article publié sur le site d'information Mediapart affirme que des textos auraient été échangés entre un responsable du Kremlin et un proche de Vladimir Poutine, concernant un soutien politique du Front national à la politique russe en Ukraine et un soutien financier de banques russes au parti de Marine Le Pen.

L'histoire de ces révélations, redevables à un groupe de hackers russes, commence au printemps : ceux-ci annoncent sur leur site avoir piraté le compte mail et le portable d'un haut responsable politique à Moscou.

 

Les Debunkers ne sont pas "complotistes", mais il faudra se poser la question des contreparties accordées par le pouvoir russe à ses officines de désinformation au profit d'un état dont les intérêts ne sont juste pas les nôtres.

 

Sans rentrer dans la question du "juste comportement" qui serait souhaitable dans la gestion de la crise politique actuelle avec la Russie/Ukraine...

En clair: qu'est ce que l'extrême droite y gagne?

 

Enfin on peut poser la question de l'analyse de l'extrême droite sur les marchés financiers et le capitalisme lui même. On voit bien à la lecture de cet article le fonds idéologique sous-jacent. Ce n'est pas le système capitaliste qui est en cause mais les volontés politiques et surtout (on parle de l'extrême droite tout de même!) des HOMMES qui dirigent ce système. Sous entendu: ce sont les personnes "mauvaises ou non" qui font le bonheur ou le malheur du système. On est loin, très loin d'une analyse rigoureuse de l'économie elle-même. Le fascisme s’accommode fort bien du capitalisme et inversement....

La vision du monde de ces simplets de la politique, de l'économie et de la géostratégie est fort simple: les états occidentaux sont dirigés par des puissances privées qui manipulent les états, les régimes et le peuple, contre un gentil Poutine qui lui, met sur le sable de la plage les "requins de la finance russe" au profit des intérêts de son peuple et de son pays.

C'est un peu court jeune homme, on aurait pu dire bien des choses en somme...

De deux solutions:

-ou ces gens sont au pire des imbéciles pas finis
-ou ces gens manipulent

 

On vous laisse choisir.



[1] On verra ci-dessous que l’article et sa source se contredisent à plusieurs reprises dans tous les aspects de leur propos (montant du gain russe, quantité d’actions achetés, durée des opération) en plus de ne pas donner d’éléments concrets permettant de vérifier ce qu’ils avancent (sur quelle place financière les actions ont été acquises, à quel prix, à quelle(s) date(s)…).

[2] La plus forte depuis 1998 quand la Russie se vit en défaut de paiement.



06/05/2015
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